Changer d'édition

BGL Ligue: Gordon Braun: «J'ai été choqué du peu d'intérêt pour la Jeunesse»
Sport 5 min. 05.05.2017

BGL Ligue: Gordon Braun: «J'ai été choqué du peu d'intérêt pour la Jeunesse»

Gordon Braun: «Ce que j'ai vu n'est pas la Jeunesse. Il y a vraiment du boulot!»

BGL Ligue: Gordon Braun: «J'ai été choqué du peu d'intérêt pour la Jeunesse»

Gordon Braun: «Ce que j'ai vu n'est pas la Jeunesse. Il y a vraiment du boulot!»
Photo: Michel Dell'Aiera
Sport 5 min. 05.05.2017

BGL Ligue: Gordon Braun: «J'ai été choqué du peu d'intérêt pour la Jeunesse»

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
Aujourd'hui restaurateur, Gordon Braun (39 ans) garde un œil attentif sur la BGL Ligue. L'ex-international, formé à l'Union, a porté les couleurs de la Jeunesse et de Dudelange. Il nous apporte son éclairage avant le duel de ce dimanche et nous offre ses pronostics pour la 24e journée de BGL Ligue.

Aujourd'hui restaurateur, Gordon Braun (39 ans) garde un œil attentif sur la BGL Ligue. L'ex-international, formé à l'Union, a porté les couleurs de la Jeunesse et de Dudelange. Il nous apporte son éclairage avant le duel de ce dimanche et nous offre ses pronostics pour la 24e journée de BGL Ligue.

Propos recueillis par Didier Hiégel

Gordon, vous avez quelque peu disparu de la scène sportive... Que devenez-vous?

Depuis deux ans et demi, j'ai donné une nouvelle orientation à ma carrière professionnelle et je dirige aujourd'hui le restaurant D'Rackett à Bertrange. Je me suis dit que je ne voulais pas passer toute ma vie à travailler huit heures par jour dans un bureau. J'avais envie d'autre chose. Je ne peux pas dire que la restauration est un rêve d'enfant, mais je me suis toujours intéressé à la cuisine. L'idée du restaurant s'est précisée petit à petit. J'ai suivi des cours pour avoir toutes les autorisations nécessaires et j'ai saisi l'opportunité de reprendre le restaurant à Bertrange. C'est ainsi que je me suis lancé dans l'aventure en compagnie de mon épouse tout en sachant que le monde de la famille Braun et de ses trois enfants allait changer avec des horaires plus étendus. Nous avons tous dû nous adapter, mais je ne regrette rien, je prends du plaisir tous les jours.

Vous avez pris aussi un peu de recul par rapport au comité du Sparta Bertrange en basket, on imagine que le temps vous manque pour reprendre un poste d'entraîneur  dans le monde du football...

Ce serait effectivement très compliqué. J'ai fait mes expériences, bonnes et mauvaises, sur un banc d'entraîneur, à Strassen puis à Hostert. L'histoire dans ce dernier club ne s'est pas bien terminée. A partir de là, j'avais pris la décision de ne plus m'engager dans le foot et j'ai aussi arrêté de passer mes diplômes après l'obtention de la licence B. Je ne me voyais plus dans ce monde.  J'étais d'ailleurs arrivé à Strassen un peu par hasard. Luc Hilger m'avait demandé un coup de main au niveau des jeunes et de  l'équipe première pour assister Claude Osweiler. J'ai sauté le pas quand il a décidé de s'arrêter à la fin de la saison. J'ai ensuite rejoint Hostert, en Promotion d'Honneur, qui visait la montée. J'ai certainement manqué de patience. J'aurais sans doute dû franchir les étapes une à une, d'autant que, faute d'argent, nous n'avions pas le groupe pour atteindre cet objectif.

«Relancer le championnat»

Suivez-vous encore de près les rencontres de BGL Ligue?

Autant que faire se peut, en lisant les médias et en me déplaçant sur des matches avec mon père. J'ai d'ailleurs suivi la rencontre Strassen - Jeunesse lundi.

Et qu'en avez-vous pensé?

J'ai été choqué du peu d'intérêt pour la Jeunesse. En arrivant sur place, nous n'avons pas eu de problème pour nous garer, je me suis même demandé si le match n'avait pas été décalé. La Jeunesse, en déplacement, qui n'attire que 350 spectateurs... il faut se poser des questions. En tout cas, moi je me les pose. La qualité du spectacle proposé y est sans doute pour quelque chose, mais je ne comprends pas qu'on ne profite pas de la dynamique de la sélection nationale pour relancer le championnat luxembourgeois. On est clairement sur la mauvaise voie, les gens ne s'y intéressent plus.

Au niveau du match de lundi, je n'ai pas vu de leader au sein d'aucune des deux équipes, des joueurs capables de hausser la voix, de prendre le match à leur compte. Je ne comprends pas que des clubs comme la Jeunesse n'arrivent pas à conserver des joueurs qui seraient les leaders de l'équipe pendant quatre ou cinq années. C'est quand même le club le plus renommé du pays... Ce que j'ai vu n'est pas la Jeunesse. Il y a vraiment du boulot!

«Laurent Jans est un exemple à suivre»

Avez-vous été séduit par certains joueurs cette saison?

Il y a un certain nombre de bons joueurs. Er Rafik sort du lot, Hadji aussi, mais ce qui me gêne un peu, c'est que ce ne sont que des étrangers qui m'ont tapé dans l'œil. Il y a bien sûr Bensi ou Turpel, qui ont un énorme potentiel, mais en les voyant on ne se dit pas: «Ça c'est le joueur du championnat!» J'aimerais voir trois ou quatre Luxembourgeois au-dessus du lot.

Mais les meilleurs joueurs luxembourgeois sont peut-être à l'étranger...

Je suis d'accord sur le fait que les jeunes partent à l'étranger, mais, à la fin du compte, qu'est-ce qui ressort? On n'en a pas beaucoup qui sont partis à quatorze ans et qui font aujourd'hui carrière. A ce sujet, Laurent Jans est un exemple à suivre. Il a franchi les paliers un à un, il est devenu un cadre de son équipe et une formation pro est ensuite venue le chercher. Il y a une logique dans ce parcours.

Jeunesse - Dudelange est au programme de ce week-end. Quels sont vos meilleurs souvenirs dans ces deux clubs?

Mon meilleur souvenir à la Jeunesse... difficile à dire car de chaque semaine j'ai un excellent souvenir. Je garde de formidables souvenirs des saisons avec Alex Pecqueur ou Jemp Barboni, mais j'ai encore des frissons quand je repense au titre conquis avec Michel Le Flochmoan (2004). C'était une saison incroyable au niveau humain et sportif.

A Dudelange, nous avions aussi une bonne équipe, un bon état d'esprit, mais ce n'était pas la même chose. Nous étions là pour gagner des titres et rien d'autre. Au F91, mon souvenir le plus marquant reste mon premier titre que nous avons remporté à Grevenmacher. Il y avait au moins 2.000 personnes, c'était autre chose qu'aujourd'hui.

Les pronos de Gordon Braun pour la 24e journée 

Samedi à 18h

Racing - Mondorf 2-1

Dimanche à 16h:

Differdange 03 - Käerjéng 3-0

Union Titus Pétange - Progrès 0-2

RM Hamm Benfica - Rosport 1-1

Rumelange -  Fola 0-2

Canach - Strassen 1-0

Dimanche à 19h:

Jeunesse - Dudelange 1-3


Sur le même sujet

Football : Lourenco: «Plus considérés comme des "petits"»
L'UNA Strassen de Kevin Lourenco se déplace dimanche à Niederkorn pour clore en beauté une première partie de saison déjà réussie. Rencontre avec le maître à jouer d'un promu qui se sent pousser des ailes tout en se gardant bien de fanfaronner. Par la même occasion, l'ancien de la Jeunesse et du Fola nous livre ses pronostics pour la 13e journée de BGL Ligue, la dernière de l'année.
Kevin Lourenco, ici face à Differdange, se verrait bien engranger une huitième victoire en championnat, à Niederkorn, avant la trêve hivernale.