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Avant Luxembourg - Hongrie : Gerson Rodrigues: «Je veux partir en décembre»
Gerson Rodrigues a l'ambition chevillée au corps.

Avant Luxembourg - Hongrie : Gerson Rodrigues: «Je veux partir en décembre»

Photo: Ben Majerus
Gerson Rodrigues a l'ambition chevillée au corps.
Sport 9 min. 08.11.2017

Avant Luxembourg - Hongrie : Gerson Rodrigues: «Je veux partir en décembre»

Jean-François COLIN
Jean-François COLIN
Le rasta du SC Telstar, Gerson Rodrigues, se concentre à 100 % sur le match amical de la sélection luxembourgeoise face à la Hongrie ce jeudi (20h) au stade Josy Barthel, mais il ambitionne clairement un transfert vers un club plus huppé en décembre.

Le rasta du SC Telstar (D2 néerlandaise), Gerson Rodrigues (22 ans, 8 sélections), se concentre à 100 % sur le match amical de la sélection luxembourgeoise face à la Hongrie ce jeudi (20h) au stade Josy Barthel, mais il ambitionne clairement un transfert vers un club plus huppé en décembre.

Propos recueillis à Lipperscheid par Jean-François Colin

Gerson, suite à votre suspension pour trois matches avec votre club en D2 néerlandaise, vous n'avez plus joué depuis le 13 octobre. Dans quel état d'esprit abordez-vous ce débat international amical contre la Hongrie jeudi ?

Physiquement, je suis prêt ! Ne pas jouer les trois derniers matches avec Telstar m'a rendu plus affûté, car j'ai pris tous les entraînements très au sérieux. Ce carton rouge contre Dordrecht était une erreur de ma part, mais je vais revenir plus fort, c'est sûr. J'ai faim de ballon !

Mais Telstar a réalisé un neuf sur neuf sans votre concours...

On a aussi signé de belles prestations et pris beaucoup de points quand je jouais. J'ai fait mes matches. J'ai affronté les plus grosses équipes de la D2, l'Ajax II, l'AZ Alkmaar II, et les résultats étaient déjà là. Maintenant, nous formons un groupe : les joueurs qui m'ont remplacé ont fait le boulot. La concurrence joue à plein, comme dans tous les clubs. Après, une fois que je reviendrai de suspension, je ferai tout pour reprendre ma place.

Vous comptabilisez à ce jour huit sélections A, mais seulement un match complet (contre l'Albanie en amical le 4 juin dernier). Avez-vous une explication ?

C'est difficile à expliquer. Une fois que je suis sur le terrain, j'essaie de faire le boulot, que ce soit en début de match ou en seconde période. Maintenant, si le coach a d'autres plans tactiques en vue en cours de match pour tenter de garder le score ou de le faire évoluer, c'est sa décision. Mais c'est sûr que je préfère jouer un match dans son intégralité.

« Luc Holtz est un coach ambitieux »

Mais cela n'induit-il pas chez vous un surcroît de pression, vu que vous disposez de moins de temps pour vous montrer et faire vos preuves ?

Au début, oui, j'avais un peu de pression. Mais après, j'ai su la surmonter et montrer de quoi j'étais capable. Aujourd'hui, cette pression est évacuée et j'ai toujours envie de montrer plus et de devenir un joueur important et précieux de l'équipe nationale.

Autre statistique qui vous concerne en sélection : votre compteur-buts est toujours bloqué à zéro. C'est quelque chose qui vous taraude ?

Exactement ! J'y ai encore réfléchi avant de rejoindre le groupe ici cette semaine. J'en ai parlé à mon agent aussi. Je suis impatient d'inscrire ce premier but en sélection, j'en ai vraiment envie. Et je pense qu'une fois que cela sera fait, les buts vont dégouliner. Je travaille dur en club et aussi ici en sélection pour cela. Mais je ne me fais pas de souci : je connais mes qualités et je sais que, si on me donne ma chance, je la prends et je ne la lâche plus.

Quel genre d'entraîneur est Luc Holtz, selon vous ?

C'est un coach qui voit toujours plus loin ; il n'est pas arrivé au bout du développement des capacités de l'équipe. Il n'a pas fini son travail, ni de prouver que le Luxembourg a des qualités et peut aller beaucoup plus haut. Il est très ambitieux, il a toujours envie de montrer plus et reste toujours soucieux de nous apporter plus à nous, joueurs.

Ce match amical contre la Hongrie jeudi est-il déjà une projection vers la Ligue des Nations, qui se disputera seulement à partir de septembre 2018 ?

Le sélectionneur a simplement envie de nous voir à l'œuvre et d'affiner son analyse de nos qualités et de nos défauts pour construire un avenir souriant. Il n'y a pas d'enjeu particulier. Pour l'instant, mis à part notre effondrement en Suède, on part sur une bonne base. On se doit de faire une bonne prestation et de mettre le public de notre côté.

Que connaissez-vous de cet adversaire magyar ?

A ce jour (l'interview a été réalisée mardi à midi), je ne me suis guère penché sur l'équipe hongroise et je dois reconnaître que je la connais assez mal. Mais je crois que cela reste une bonne sélection. On s'attend à du costaud. Je crois que l'on doit avant tout regarder dans notre camp, surtout après une prestation comme celle que nous avons fournie contre la France.

Que pensez-vous de cette nouvelle compétition internationale, la Ligue des Nations, que le Luxembourg disputera à partir de septembre 2018 ?

Pour être tout à fait honnête, je n'ai pas encore tout compris ! Mais ce qui est certain, c'est que l'équipe est prête à l'aborder avec de nouvelles ambitions. Les bons résultats récoltés lors de la dernière campagne nous ont fait tourner la tête, mais dans le bon sens. On sait qu'on a des qualités. Maintenant, on doit les montrer et se sortir les tripes. Enfin, on a compris que le Luxembourg peut se montrer conquérant. Le coach n'a pas encore vraiment évoqué devant nous cette nouvelle compétition, cela viendra plus tard.

« L'Histoire est en train de s'écrire à Telstar »

Vous parle-t-on encore souvent de votre tir sur le poteau à Toulouse ?

Oh oui, et je crois que cela ne va pas s'arrêter de sitôt ! Mais pour moi, c'est du passé. La prochaine fois, il s'agira de ne plus la mettre sur le poteau, mais au fond des filets.

Gerson Rodrigues sous le maillot des Roud Léiwen : « On se doit de faire une bonne prestation contre la Hongrie et de mettre le public de notre côté. »
Gerson Rodrigues sous le maillot des Roud Léiwen : « On se doit de faire une bonne prestation contre la Hongrie et de mettre le public de notre côté. »
Photo: Ben Majerus

Qu'est-ce qui vous a le plus surpris lors de votre passage cet été du Fola Esch en BGL Ligue au SC Telstar en Jupiler League, la D2 néerlandaise ?

Je n'ai pas vraiment été surpris car je connaissais déjà l'univers professionnel suite à mon passage par le centre de formation du FC Metz de 2006 à 2009. J'étais très jeune, mais c'était déjà très, très pro ! Donc cela ne m'a pas surpris, surtout qu'entre-temps, j'ai mûri dans ma tête, et je me suis dit « maintenant, tu es dans le monde professionnel, et il est temps de consentir tous les sacrifices nécessaires ».

Après trois mois, que pensez-vous du niveau global de cette Division 2 néerlandaise ?

Pour être honnête, je croyais le niveau légèrement supérieur à ce que j'ai vu. Je voyais ce championnat plus fort. Je ne dis pas qu'il est faible, mais franchement, je crois que je peux aller plus haut. Même si l'écart est déjà substantiel par rapport à la BGL Ligue, parce qu'on joue quand même chaque week-end contre des pros. C'est un championnat qui accueille beaucoup de jeunes joueurs, notamment avec les équipes 2 de l'Ajax, l'AZ ou du PSV, et qui sont donc forcément ambitieux et considèrent cette compétition comme un tremplin vers l'élite. Je peux aussi beaucoup afficher mes qualités dans ce championnat car cela joue fort vers l'avant.

Quelles sont les ambitions du SC Telstar cette année ?

Au départ de la saison, le club visait les play-offs pour la montée en Eredivisie (qui concernent les équipes classées de la deuxième à la cinquième place) et c'est ce projet qui m'avait convaincu de signer dans ce club. Aujourd'hui, nous sommes quatrièmes, et on vise... beaucoup plus haut. C'est une toute nouvelle équipe qui a été mise sur pied, avec une quinzaine de nouveaux joueurs, et on ne pensait jamais que la sauce allait prendre aussi rapidement. Tout se passe très, très bien. Le club n'a jamais vécu cela. C'est l'Histoire qui est en train de s'écrire au SC Telstar, et on le voit au niveau de l'engouement des supporters, qui sont cinq à six mille à venir nous encourager à chaque match. Telstar, c'est un peu le tube du moment aux Pays-Bas.

Gerson Rodrigues (à dr., en blanc) sous le maillot de son club : « Telstar, c'est un peu le tube du moment aux Pays-Bas ».
Gerson Rodrigues (à dr., en blanc) sous le maillot de son club : « Telstar, c'est un peu le tube du moment aux Pays-Bas ».

Cela attire forcément les regards des recruteurs...

Oui, j'ai d'ailleurs déjà reçu des propositions de clubs - que je ne peux pas dévoiler ici - de l'élite néerlandaise et de la Premier League anglaise, qui se sont montrés très intéressés. On verra bien ce qui va se passer, mais vu que mon contrat expire le 30 juin 2018, mon ambition est clairement de partir en décembre.

L'Angleterre, ce serait le rêve ?

Oui, cela me plairait. Je crois que c'est un peu le rêve de tous les joueurs d'aller jouer en Angleterre. Mais il faudra bien analyser les meilleures conditions et le mode de vie le plus adéquat pour moi. Je suis un joueur jeune et qui a envie de jouer. Je reste concentré sur ma carrière de footballeur, je ne suis pas en mode « fête ». Je veux m'installer quelque part et m'inscrire dans l'Histoire d'un club.

« Si je ne souris pas, je n'arrive pas à jouer »

Le système de jeu à Telstar, un pur 4-3-3 où vous évoluez comme un vrai ailier, diffère nettement de celui de l'équipe nationale, où vous officiez comme milieu de terrain latéral, avec des obligations défensives plus marquées. Cela nécessite-t-il chez vous un temps d'adaptation quand vous rejoignez la sélection ?

C'est très différent, certes, mais l'adaptation se fait automatiquement car je connais bien l'équipe nationale et sa tactique. Ce n'est ni le même jeu, ni le même contexte. En équipe nationale, on affronte le plus souvent des adversaires plus forts, et le bloc-équipe est plus important : on doit défendre et attaquer en groupe. La réflexion est plus défensive en perte de balle avec l'équipe nationale, je ne peux pas me permettre de laisser un boulevard derrière moi dans mon couloir. Ce qui, parfois, peut me pénaliser quand je retrouve un rôle d'attaquant vu que je laisse pas mal d'influx dans ma tâche défensive. Mais quoi qu'il en soit, je me laisse porter par mon tempérament naturellement offensif et le coach me dit toujours : « Joue comme tu sais le faire », tout en veillant à bien remplir ma mission défensive car c'est l'équipe nationale, tout de même.

Vous apparaissez toujours extrêmement souriant et détendu en toutes circonstances. Pour vous, le football doit rester avant tout un plaisir ?

Je suis concentré à fond sur mon travail. Je suis un jeune joueur qui est passé par des phases difficiles, mais je reste toujours heureux et souriant. Et je me dis que c'est peut-être cela, justement, mon point fort. Si je ne souris pas, je n'arrive pas à jouer. Luc Holtz et mon coach à Telstar (Mike Snoei) le savent très bien.


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