Avant la 26e et dernière journée de PH

Laurent Pomponi (Hostert): «Devenir pro? Sans me vanter, c'est réalisable»

Laurent Pomponi espère assurer la montée de l'US Hostert en BGL Ligue, avant d'aller se ressourcer sur les plages de sa Corse natale
Photo: Fernand Konnen

Formé à l’AC Ajaccio, passé par le SC Bocognano, le SC Bastia et le Football Balagne L'Île-Rousse, Laurent Pomponi (20 ans) n’avait jamais, ou si peu, quitté la Corse. Désirant percer dans le football professionnel, il a signé un contrat à l’US Hostert au mois de janvier. « Arriver au Luxembourg fut un énorme électrochoc», sourit-il.

Par Vincent Lommel

Avec quatorze buts et trois passes décisives, ses statistiques sont excellentes et, surtout, suscitent la convoitise d’autres clubs, notamment belges. Affaire à suivre.

Portait de celui qui est surnommé «le Corse» par le vestiaire hostertois. Son équipe entend valider ce dimanche à Bissen son ticket pour le match de barrage programmé jeudi prochain.

Dépaysement total

La route de Cuttoli (Corse du Sud), le village familial, à Ajaccio pour commencer. La traversée en ferry Ajaccio - Marseille pour mettre un pied sur le continent. Du port de Marseille au cadre bucolique d’Hostert pour arriver à son nouveau lieu de travail. L’apothéose dura «huit heures en voiture». Le début d’une nouvelle vie.

Comme un appel... Né le 18 juin 1996, Laurent Pomponi a opté pour un dépaysement total. Faire carrière exige des sacrifices, encore un plus peu après avoir été gentiment poussé dehors par les dirigeants de l’AC Ajaccio en juin dernier - il évoluera d’août à décembre à L'Île Rousse (CFA 2).

«Je suis redevable à mes parents qui me soutiennent depuis mes débuts à l’âge de cinq ans à l’AC Ajaccio. Ils m’ont demandé: »Tu n’as pas trouvé plus loin comme port d’attache?«». 1.200 kilomètres séparent la Corse du Luxembourg, qu’il ne connaissait ni d’Eve, ni d’Adam. «À part aller ponctuellement à Marseille, Monaco, Nice, Montpellier ou Toulouse pour assister à des matches de championnat, je ne connais que la Corse.» Son pays de coeur. «On connaît les tensions entre les Français et les insulaires. Je suis  Corse.» Dont acte. «Je suis un mauvais perdant, mais plutôt calme de tempérament. Certains de mes compatriotes ont le sang plus chaud.»  

L’amour du foot grâce à Alex Richard, les conseils avisés de David Faderne

«J’ai commencé à l’AC Ajaccio. Puis, de 10 à 13 ans, j’ai porté le maillot de Bocognano. Pendant sept saisons de rang, Alex Richard fut mon entraîneur. Il m’a fait aimer le ballon rond.»  S'ensuivent une année au SC Bastia (14-15 ans), avant un retour à l’ACA (U17 et U19 nationaux, CFA 2) sans percer comme il l’escomptait. Les chemins se séparèrent de manière définitive l’été dernier.

«La page est tournée. Pour décrocher un contrat pro (Ligue 2), avoir la confiance des dirigeants et un peu de chance sont souhaitables. Ce ne fut pas mon cas.» Joueur de couloir (à droite ou à gauche), Laurent Pomponi est habile des deux pieds. «J’ai marqué cinq buts avec le gauche et quatorze en tout.» Son adresse devant la cage adverse n’est pas tombée du ciel. «Mon coach à l’ACA était David Faderne (ancien professionnel, entre autres, à Amiens, Ajaccio et Caen, ndlr). Ses conseils furent précieux. J’en retire les bénéfices.»  

«Les clubs corses ne font pas confiance aux jeunes»

Le SC Bastia (19e en Ligue 1), le GFC Ajaccio (9e en Ligue 2), l’AC Ajaccio (13e en Ligue 2) et le CA Bastia (14e en National): ils sont quatre clubs corses avec le statut professionnel.

«Pour une région peuplée de 320.000 habitants, ce n’est pas si mal. Quelle autre région peut se targuer de la même chose? Et les moyens financiers sont limités. La qualité est présente chez les jeunes, mais, malheureusement, trop peu réussissent sur l’île. On ne leur octroie pas la confiance qu’ils méritent. Les clubs préfèrent attirer des étrangers, des footballeurs du continent.» L’exil de Pomponi s’explique.

Du «Théâtre des rêves» au terrain de «Bousbierg»

Du domicile familial de Cuttoli au stade Jos Becker de l’USH - découvert «sous la neige avec -4°C au thermomètre» -, en passant par le terrain de Bousbierg - fief de Bissen qui attend Hostert ce dimanche à 16 heures  -, le Corse Pomponi rêve d’embrasser une carrière professionnelle.

«J’aime beaucoup Manchester United. Old Trafford est un stade qui me fait rêver.» La tête sur les épaules, il n’ambitionne pourtant pas la fouler. «Hostert ou non, je souhaite devenir pro. Sans me vanter, c’est réalisable: nombreux sont les footballeurs arrivés dans l'univers professionnel sur le tard. Suite à mes statistiques, mon manager Christian Gérard a été contacté par des clubs de BGL Ligue, d’autres de Belgique et de France. Cet intérêt est flatteur. Je suis redevable à l’USH: partir après cinq mois n’est pas envisageable mais, n’empêche, on fera le point en fin de saison 2017-2018  pour prendre la meilleure décision pour mon avenir. Le groupe m’a bien accueilli. Mes coéquipiers m’appellent «le Corse». Nous sommes motivés à l’extrême à l'idée d'imposer nos vues à Bissen dimanche. Le barrage - jeudi 25 mai à 17 heures sur terrain neutre - trotte dans un coin de nos têtes. J’espère assurer la montée en BGL Ligue jeudi prochain. Dès le lendemain, je prends la route avec mon père et je retourne sur l’île de Beauté. J’ai besoin d’aller me ressourcer quelques semaines à la plage.» Il reste deux devoirs. L'un après l’autre.    

Le programme de la 26e journée de PH

Dimanche à 16 heures

Atert Bissen - US Hostert

FC Rodange - FC Wiltz

CS Grevenmacher - Union Mertert-Wasserbillig

US Sandweiler - Etzella Ettelbruck

FF Norden 02 - FC Mamer 32

Avenir Beggen - US Esch

FC Mondercange - Swift Hesperange