Antoine Mangione: «La préparation de janvier est capitale»
Antoine Mangione: «La préparation de janvier est capitale»
Le F91 est sur la brèche depuis le mois de juin et a enchaîné les rencontres depuis l'été. De quoi entamer la condition physique des joueurs de la Forge du Sud alors que la phase de poules de l'Europa League est à mi-parcours avant d'affronter l'Olympiakos ce jeudi. L'occasion d'aborder cet aspect non négligeable en compagnie du préparateur physique du club.
Envoyé spécial au Pirée
Depuis leur entrée sur la scène européenne, le mardi 10 juillet contre les champions de Hongrie de MOL Vidi, les joueurs dudelangeois ont disputé 23 rencontres officielles. A trois matches près, cela représente pratiquement un championnat complet (26) à la différence que tous ces matches se sont déroulés durant une période relativement réduite, un peu moins de quatre mois.
Une charge de travail inhabituelle dans le chef des joueurs contre laquelle il a fallu faire face. Préparateur physique du club de la Forge du Sud depuis 2010 lors de l'arrivée du Français Didier Philippe, Antoine Mangione a tenu un rôle prépondérant pour ne pas dire capital dans le bon comportement du F91 depuis le début de saison.
«C'est avant tout un travail avec tout le staff. On essaye de mettre des choses en place pour que le groupe garde la forme le plus longtemps possible», précise ce professeur d'éducation physique qui fêtera prochainement son 49e anniversaire, titulaire du diplôme UEFA A et ancien entraîneur du côté de Sarreguemines.
- Antoine, plus que jamais avec la qualification du F91 pour les phases de poules de l'Europa League, l'aspect physique est un élément non négligeable?
C'est vrai que cette saison, il y a une charge supplémentaire en plus avec le programme européen. Mais le plus important, c'est la récupération. C'est capital que les joueurs disposent de plages de repos importantes, histoire de permettre aux garçons de conserver le meilleur niveau possible.
- Comment s'est articulée la préparation de la saison?
En ce qui concerne Dudelange, notre grosse préparation a surtout lieu en hiver durant le mois de janvier avec notamment un stage d'une dizaine de jours en Espagne. C'est une période capitale. En ce début d'année, on peut planifier une préparation sur six semaines. La reprise qui intervient après la fin de championnat, le plus souvent au mois de juin, est surtout consacrée à faire des ajustements. Tout le groupe n'est pas toujours présent car les internationaux ont souvent deux rencontres en fin de saison. Avec la qualification pour les phases de poules de l'Europa League, on a dû s'adapter.
- Comment? En intégrant des semaines plus légères?
Quand on joue tous les trois jours, les semaines sont principalement consacrées à la récupération. On a mis à profit les trêves internationales pour essayer de travailler plus spécifiquement avec les joueurs qui étaient présents. Par contre pour les internationaux, les rencontres de leur équipe nationale représentent encore une débauche d'énergie supplémentaire. Il faut faire attention à cet aspect, l'objectif est d'avoir le moins de blessés possible même si cela reste aléatoire.
- Les internationaux ont-ils droit à un programme particulier?
Dino (Toppmöller) leur laisse parfois des périodes de récupération en leur donnant une journée de repos ou une après-midi pour effectuer les soins plutôt que du travail sur le terrain.
- Le passage vers le professionnalisme de l'ensemble du groupe constitue aussi une avancée.
Absolument. C'est un plus notamment, et j'insiste, les temps de récupération sont plus longs. Ce n'est pas pareil de s'entraîner le soir à 18h et de rentrer à 21h chez soi. Avec des séances programmées le matin, les joueurs ont l'occasion et la chance de profiter de belles plages de récupération.
- Dans votre travail, utilisez-vous les dernières technologies?
Pour l'aspect physique, on utilise les GPS aussi bien lors des entraînements que lors des rencontres. Grâce à un outil comme le cardio fréquencemètre, on peut contrôler les intensités des courses, les pulsations, les kilomètres parcourus. En fonction de toutes ces données, on adapte les séances.
- A l'issue des trois premiers matches de cette campagne européenne, le F91 a encaissé chaque fois en seconde période, est-ce une question de physique?
Dudelange a disputé des rencontres avec un très haut degré d'intensité. Cela dit, je n'ai pas l'impression qu'on ait été moins bien sur ce plan. Il ne faut pas oublier que nous affrontons des adversaires de grande qualité qui sont habitués à prester à un très haut niveau. Est-ce que le physique joue? Sans doute sur les courses et les distances mais il ne faut pas oublier le mental et la capacité de concentration. Les joueurs laissent aussi de l'influx dans l'aventure au fur et à mesure que la rencontre avance.
- On peut supposer que la trêve hivernale (qui aura lieu après le 13 décembre et la réception du Betis pour le compte de la 6e journée) sera accueillie avec un certain soulagement par l'ensemble du groupe?
Vu le programme de l'équipe depuis le mois de juin avec la multiplication des rencontres et des séances, nous en sommes actuellement à 22 semaines de travail et ce n'est pas fini. C'est clair que cette coupure fera le plus grand bien à tout le groupe.

