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Aniss El Hriti: «Je reviens de loin car mentalement je n'ai jamais lâché»
Sport 7 min. 22.08.2018 Cet article est archivé

Aniss El Hriti: «Je reviens de loin car mentalement je n'ai jamais lâché»

En quatre matches européens avec le F91, Aniss El Hriti a déjà pris ses marques avec ses partenaires dudelangeois.

Aniss El Hriti: «Je reviens de loin car mentalement je n'ai jamais lâché»

En quatre matches européens avec le F91, Aniss El Hriti a déjà pris ses marques avec ses partenaires dudelangeois.
Photo: Ben Majerus
Sport 7 min. 22.08.2018 Cet article est archivé

Aniss El Hriti: «Je reviens de loin car mentalement je n'ai jamais lâché»

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
Avant F91 Dudelange - CFR Cluj jeudi (20h) au stade Josy Barthel

A quelques heures d'une confrontation historique pour Dudelange, contre le CFR Cluj, jeudi en Europa League, nous sommes partis à la découverte d'Aniss El Hriti, le nouveau latéral gauche du F91.

Aniss, vous avez été une des dernières recrues du mercato dudelangeois. Quel a été votre parcours avant votre arrivée au Luxembourg?

J'ai été formé dans la région parisienne qui est un gros vivier de footballeurs. J'ai joué dans les meilleures divisions des catégories de jeunes avant d'être recruté par Drancy, alors en CFA et qui  évolue aujourd'hui en National. Il m'a suffi d'un match pour que je me fasse remarquer par Gueugnon, un club pro alors dirigé par un ancien Dudelangeois (Tony Vairelles). Je m'y suis imposé, mais nous avons connu un dépôt de bilan assez compliqué (avril 2011). Je suis parti en Ecosse, à Falkir, pour me relancer, mais ça ne m'a pas trop plu, c'est pourquoi j'ai rejoint Marseille Consolat où j'ai réalisé une très bonne saison avant de porter les couleurs de Grand Avignon (Le Pontet).

En parallèle, j'ai effectué des essais à Metz, à Dijon, mais pour une histoire d'agent ça ne s'est pas fait. De là, retour à Marseille Consolat pour me refaire une santé. Un coach que j'apprécie énormément, Xavier Collin, m'a fait venir au SAS Epinal. Il m'a permis de faire ma saison la plus aboutie jusqu'à aujourd'hui. J'ai fait partie des seize meilleurs joueurs de National, ce qui m'a donné la possibilité de signer en Ligue 2, à Tours.

J'ai la phobie de la défaite, je voulais donc rejoindre un club à mon image.

Comment avez-vous débarqué à Dudelange?

Le F91 avait prêté Frédéric Marques à Epinal. Des membres du staff étaient venus le superviser. Ce jour-là, j'avais fait un bon match. J'ai sans doute marqué leur esprit à ce moment-là. Le jour où il y a eu une opportunité, ils ont fait appel à moi et vu que le projet du club était très très ambitieux, j'ai saisi cette occasion. Je suivais déjà le championnat luxembourgeois et je connaissais la valeur du F91 et son ambition de tout gagner. J'ai la phobie de la défaite, je voulais donc rejoindre un club à mon image. Un club qui veut aussi exister à l'échelle européenne. J'ai pris le bon wagon au bon moment, ce qui m'a permis de décrocher quatre titularisations lors des quatre derniers matches d'Europa League. Nous sommes à 180 minutes d'un pur bonheur. Notre effectif de qualité me fait y croire plus que jamais.

Vous avez 29 ans, mais la Coupe d'Europe peut-elle être encore une vitrine pour rebondir dans un championnat plus relevé?

J'ai toujours été un joueur plein d'ambitions et j'ai toujours cru en mes rêves. Il n'y a pas d'âge pour briller. Que ce soit pour moi, ou pour n'importe quel joueur du F91, la Coupe d'Europe est une fantastique vitrine.

«J'ai l'impression d'avoir passé un autre cap»

Avez-vous toujours occupé cette place d'arrière latéral gauche?

Non, j'ai été formé au poste de milieu offensif. Puis avec la maturité et l'expérience, en étant plus intelligent dans mon jeu, plus agressif, plus discipliné, j'étais persuadé que je pouvais faire une meilleure carrière en reculant d'un cran. Mon choix a porté ses fruits car je reviens de très très loin...

Expliquez-nous?

Pour faire court, je suis allé chercher tout tout seul. Rares sont les gens qui t'aident dans le milieu du football, malheureusement... Il m'a fallu faire des sacrifices, fermer ma bouche, même à des moment où on a été injuste envers moi... Je reviens de loin car mentalement je n'ai jamais lâché.

Quelles sont vos qualités dans le jeu?

Mon leadership, je pense. Ensuite, je crois être un joueur assez à l'aise techniquement, qui aime jouer au ballon, avec une bonne qualité de centre. Agressif et discipliné.

Le football est un sport magique, si on est réceptif on apprend tous les jours.

Vous n'avez disputé que quatre matches avec vos nouveaux partenaires, que vous reste-t-il à améliorer?

J'ai l'impression d'avoir passé un autre cap, notamment tactiquement grâce au coach (Dino Toppmöller) et ses séances vidéo. Etant donné l'ambiance et l'état d'esprit du groupe qui sont tops, je me suis très bien adapté après un super accueil. Dans ces conditions, et d'autant plus quand les résultats suivent, c'est plus facile de progresser, de trouver des automatismes.  Tout le monde fait les efforts pour ses partenaires, se sacrifie pour le groupe. Personne ne se cache quand tu cherches à donner le ballon. On te donne une solution pour ne pas te laisser en galère.

A 29 ans, vous avez encore des choses à travailler?

Le football est un sport magique, si on est réceptif on apprend tous les jours. Les situations ne sont jamais les mêmes, il faut toujours s'adapter. C'est aussi pour cela que je prends toujours plaisir à venir à l'entraînement.

Est-ce facile de travailler avec Dino Toppmöller?

Très facile! Malgré le fait que c'est un jeune coach (37 ans), que l'allemand soit sa langue maternelle, il nous parle en français, il prend le temps, il est très pédagogue. Il nous explique tous ses choix. C'est quelqu'un de très correct et très sérieux. J'espère qu'il parviendra au plus haut niveau.

«On n'a rien fait si on ne passe pas ce match de play-off»

Revenons un instant sur le match retour contre le Legia Varsovie (2-2) et particulièrement la seconde période, un contexte que vous pourriez retrouver contre Cluj jeudi. Au cours de votre carrière, aviez-vous connu une pression aussi forte?

Le Legia, c'est un rouleau compresseur, un gros club avec de grands joueurs. Quand nous avons joué là-bas, nous nous sommes dit que nous n'avions rien à perdre. On a joué notre football en écoutant les consignes. Au Barthel, en première mi-temps, nous avons procédé de la même manière et nous avons marqué. Inconsciemment, plus on touchait notre rêve de nous qualifier, plus la pression a augmenté. A vouloir trop bien faire, on a reculé, pour bétonner, pour être solides. On a ainsi produit moins de jeu tout en nous disant:  «Quelle que soit la manière, il faut qu'on passe». C'est pour cela que nous avons été trop acculés sur notre but.

Etes-vous tous conscients de vivre un moment historique pour le football luxembourgeois?

Quand la pression redescend, quand on voit nos supporters et tout le public ému de la sorte, on se rend compte que l'on fait quelque chose de grandiose. Mais nous, actuellement dans nos têtes, on n'a rien fait si on ne passe pas ce match de play-off. Encore une fois, nous avons tout à gagner. Nous avons fait quelque chose de bien, mais ce n'est pas fini. Nous allons tout faire pour faire exister le F91 et le football luxembourgeois de clubs à l'échelle européenne. Nous pouvons marquer l'Histoire, et comme on dit: les vaincus racontent l'Histoire, les vainqueurs l'écrivent.

Que connaissez-vous de cette équipe du CFR Cluj?

Que cette équipe a remporté son dernier championnat, qu'elle dispose de bons joueurs comme un Français passé par Marseille (Billel Omrani, né à Forbach)... mais je ne veux rien savoir d'autre.  On veux juste offrir des larmes de joie à tout le pays.

Quels seront les ingrédients indispensables pour prendre une option sur la qualification lors du match aller?

Poursuivre ce que nous avons entrepris depuis la reprise: travailler, être rigoureux, disciplinés, à l'écoute pour progresser, prendre et donner du plaisir. Le football c'est un kif, et nous avons l'occasion de le partager avec tous.

Dernière question: pourquoi portez-vous le numéro 39?

Quand je suis arrivé dans le monde pro, à Gueugnon, c'est Nadir Belhadj (international algérien passé entre autres par Lyon, Lens, Portsmouth et Sedan)  qui me l'a légué. Par la suite, je n'ai jamais pu le récupérer jusqu'à mon arrivée à Dudelange. En même temps, en chiffre inversé, c'est un clin d'œil à mon département d'origine, le 9-3 (la Seine-Saint-Denis).


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Foto: Ben Majerus
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