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André Hoffmann (COSL): «Pas là que pour participer»
André Hoffmann (à droite) a pris le relais de Marc Theisen à la tête du COSL.

André Hoffmann (COSL): «Pas là que pour participer»

(Photo: Claude Piscitelli)
André Hoffmann (à droite) a pris le relais de Marc Theisen à la tête du COSL.
Sport 4 min. 26.07.2012

André Hoffmann (COSL): «Pas là que pour participer»

André Hoffmann va vivre ses premiers jeux Olympiques en tant que président du Comité Olympique et Sportif Luxembourgeois (COSL). L'ancien joueur de volley-ball affiche les ambitions de la délégation, soucieux que le travail entrepris depuis des années porte ses fruits.

  • Président, vous êtes à la tête du COSL depuis quelques mois. Avez-vous trouvé vos marques?

Je crois. Je suis dans le mouvement olympique depuis neuf ans maintenant. Ça facilite la chose.

  • Quels furent les écueils les plus difficiles à surmonter?

Le rôle de président demande beaucoup plus de visibilité et de contact vers l'extérieur. C'est un autre investissement temps qu'il faut gérer.

  • Abordons le chapitre olympique. Que représente les Jeux pour vous?

La rencontre de la jeunesse mondiale. La communion entre sportifs et spectateurs. C'est un facteur d'intégration formidable.

  • Quelles sont les images qui vous viennent à l'esprit?

A la télévision, à côté des moments de joie et des performances sportives, il y a bien sûr les attentats. Celui de Munich en 1972 et celui d'Atlanta en 1996. Sur place, j'ai eu la chance d'être présent à deux reprises et j'ai vécu deux expériences très différentes. A Athènes (2004), c'était convivial. Une bonne ambiance régnait. Les sportifs ont apprécié. Puis à Pékin, c'était une organisation parfaite avec une démonstration de force vers l'extérieur. Mais l'implication des spectateurs n'était guère réussie.

  • Vous évoquez la fête du sport et le rendez-vous des cultures. Mais ces valeurs ne sont-elles pas éclipsées par la course aux performances et l'ultra médiatisation des stars?

Les Jeux sont tout de même faits pour les sportifs en premier lieu. Je préfère les voir au premier plan plutôt que la politique.

  • La délégation luxembourgeoise se composera de neuf athlètes. Est-ce conforme à vos attentes?

Oui, on en avait espéré un peu plus. Liz May a traîné une blessure qui l'a empêchée de défendre ses chances puis Sacha Palgen est premier remplaçant. C'est un peu dommage.

  • Ce seront quoi des Jeux réussis pour la délégation luxembourgeoise?

C'est de se dire que nous sommes parvenus à mettre nos athlètes dans les meilleures conditions. C'est notre travail. Les athlètes sont performants car ils ont répondu aux critères internationaux pour se qualifier. C'est un gage suffisant. C'est notre politique que de n'emmener que des sportifs que l'on estime compétitifs. Si en plus les résultats sont là, c'est un bonus qu'on ne refusera pas.

  • On dit parfois des athlètes luxembourgeois qu'ils n'ont pas assez la culture de la gagne. Etes-vous d'accord avec ce constat?

Pas du tout. Nous n'avons pas la même masse critique que d'autres pays mais ceux qui sont là ne le sont pas que pour participer. Certains ont des ambitions importantes. Après, chaque sport à ses spécificités. Si vous êtes confronté à un adversaire direct, vous pouvez le battre. Si vous luttez contre un chrono, c'est plus difficile.

  • Quel sera votre rôle personnel durant ces Jeux?

Je n'ai pas d'autre rôle que de supporter. On profite aussi de ce rendez-vous pour nouer des contacts avec d'autres comités nationaux.

  • Notamment ceux que vous allez accueillir l'an prochain pour les Jeux des Petits Etats d'Europe.

Oui mais les huit autres pays étaient déjà à Luxembourg pour notre centenaire. C'étaient mes premiers contacts. C'était donc très important. Je vais continuer dans ce sens à Londres.

  • Y a-t-il des sportifs ou des sports absents à Londres qui vous font mal au cœur?

On parle parfois de gigantisme des Jeux mais beaucoup de sports souhaitent encore être intégrés au programme. Je pense notamment au karaté, un sport dans lequel nous avons une tradition. C'est dommage. Je comprends toutefois que le CIO limite les Jeux à environ 10.500 athlètes pour ne pas que ça dégénère.

  • L'athlétisme, sport roi des JO, n'est pas représenté. Quel regard jetez-vous sur les difficultées rencontrées par la FLA ces dernières années?

C'est dommage que personne ne parvienne à élever son niveau à un échelon compétitif. Mais je crois que certains jeunes se profilent. Je pense qu'on est sur la bonne voie pour retrouver des athlètes qualifiables pour les prochains Jeux.

Propos recueillis par Christophe Nadin