Changer d'édition

Alexandre Karapetian: «J'ai des offres de l'étranger»
Alexandre Karapetian respire la confiance avec le Progrès. Le meilleur buteur de la compétition pourrait conduire Niederkorn au titre avant de partir.

Alexandre Karapetian: «J'ai des offres de l'étranger»

Photo: Yann Hellers
Alexandre Karapetian respire la confiance avec le Progrès. Le meilleur buteur de la compétition pourrait conduire Niederkorn au titre avant de partir.
Sport 5 min. 30.03.2018

Alexandre Karapetian: «J'ai des offres de l'étranger»

Christophe NADIN
Christophe NADIN
Le classement du meilleur buteur? «Kara» y pense et l'avoue.

Partira, partira pas? Alexandre Karapetian se tâte à l'approche du choc de la 19e journée entre son club du Progrès et le champion en titre dudelangeois (samedi à 16h). L'Arménien reconnaît avoir reçu des offres du Moyen-Orient et même de Chine. Entretien.

  • Alexandre, le troisième affrontement de la saison face à Dudelange se profile. Que retenez-vous des deux premiers?

On a gagné un match et perdu l'autre. Cela s'est chaque fois joué à peu de chose. Mais c'est toujours intéressant de se mesurer à une telle équipe pour voir où on en est. Une chose est sûre: ce n'est pas un hasard si on se retrouve avec le même nombre de points que Dudelange. On a quand même battu deux fois le Fola et deux fois Differdange.

  • Le match de ce samedi sera-t-il décisif pour le titre?

Beaucoup le disent mais la saison dernière, Differdange s'est imposé à Dudelange et le F91 a quand même été champion. Donc, non! Même si on perd ce ne sera pas fini. Le niveau de la BGL Ligue a augmenté et on peut perdre des points contre d'autres équipes comme c'est arrivé face à Strassen. Et Dudelange, lui, a failli aussi laisser deux points à Rodange.

  • Pourriez-vous vivre avec un match nul?

Pourquoi pas. Dudelange doit encore jouer contre le Fola et Differdange. Mais si Differdange est aussi mauvais que face à nous... 

  • Quelles seront les clefs du match de samedi?

La créativité. On sait l'être avec des joueurs comme les frères Thill, Manu Françoise et moi-même. Cela me rappelle un peu l'époque dudelangeoise avec un garçon comme «Titi Steimetz». Il inventait à chaque match.

  • Ce match dégage-t-il toujours un parfum particulier pour vous?

Oui et pour deux raisons. Primo, parce que c'est mon ancien club. Secundo, car il s'agit de l'équipe référence depuis dix ans au pays.

«A Dudelange, tu étais champion et vingt minutes après tout le monde était chez lui»

  • Vos passages à Dudelange ne restent pourtant pas gravés dans les mémoires, si?

On a changé d'entraîneur trop rapidement. Patrick Hesse est parti et Pascal Carzaniga est arrivé avec ses joueurs dont Jahier. Il devait jouer. C'est le mécanisme habituel dans les clubs qui ont de l'argent. Quand je suis revenu de Grevenmacher, je marquais à presque chaque match. Sébastien Grandjean ne voulait pas de moi, mais il n'avait guère le choix. Ce sont deux des raisons pour lesquelles je ne suis pas heureux avec ces périodes dudelangeoises. J'aurais voulu des coaches plus honnêtes. Quand je pense que Benajiba pouvait faire ce qu'il voulait. On devait venir en blanc, il venait en noir. On devait arriver à 18h. Il se permettait d'arriver à 18h15. Et personne n'osait rien lui dire. C'était impossible de s'épanouir dans ce vestiaire. Au Progrès, c'est un plaisir de venir à l'entraînement. C'est comme une famille. A Dudelange, tu étais champion et vingt minutes après tout le monde était chez lui.

  • Vous évoquez le Progrès. Votre complémentarité avec Manu Françoise saute aux yeux!

Je préfère l'avoir avec que contre moi. Il est explosif et c'est difficile de défendre contre lui à l'entraînement. Avec sa puissance et sa rapidité, il peut faire la différence à tout moment.

  • Vous caracolez en tête du classement des buteurs. Quelle importance accordez-vous à cette distinction?

Si tu es attaquant, c'est ton job de marquer. Je ne suis pas égoïste, mais marquer, c'est ma «cam'». Si tu ne marques pas pendant deux ou trois matches, la confiance s'en va, ton contrôle n'est plus le même. Oui je vise la première place de ce classement.

«Je suis comme Zlatan»

  • Vos statistiques sont affolantes mais sont entachées d'un carton rouge contre le RM Hamm Benfica. Des regrets?

Je n'ai pas pu dormir pendant deux ou trois nuits. Je me suis dit que je ne pourrais plus marquer. J'étais triste mais la vie continue. Tout est rentré dans l'ordre. J'ai retrouvé le chemin des filets et je marquerai samedi.

  • Vous n'avez plus été sélectionné en équipe nationale depuis de longs mois. C'est terminé?

J'ai refusé une offre du Pyunik Erevan car je lançais mon business ici et que ma famille était bien installée. Le président du club est le fils du président de la Fédération. On m'a fait comprendre que je ne jouerais plus pour la sélection. D'autres expatriés ont accepté de revenir au pays. Eux jouent!

  • Pourtant, vous semblez plus fort que jamais, non?

Oui, les gens ne comprennent pas. Je ne souhaite qu'une chose: qu'un club luxembourgeois rencontre un club arménien en Coupe d'Europe et se qualifie. Cela montrera la valeur du football ici. 

  • La rumeur court. Vous seriez sur le départ du Progrès?

J'ai plusieurs offres dont deux sérieuses: une à Dubaï et une autre à Shanghaï. Mais j'aimerais partir avec au moins un titre. J'ai une start-up à Dubaï. J'aurais déjà dû y aller mais avec le business ici, ce n'est pas facile. En plus, Fabio (Marochhi) a tellement été correct avec moi que je dois l'être avec lui.

  • Mais vous avez encore un an de contrat, non?

Oui mais avec une clause en cas d'offre d'un club professionnel. Je suis vraiment assis entre deux chaises. La première ici au pays avec un business qui marche super bien et une ambiance conviviale au foot. La seconde à l'étranger avec une dernière chance de partir. Je pourrais marquer beaucoup de buts à Dubaï et devenir célèbre. J'ai juste quatre ans de trop. Mais je suis comme Zlatan. Plus je vieillis, plus je suis fort.

  • Pour finir, peut-on connaître vos pronostics pour cette 19e journée?

Vendredi à 20h

Fola - US Esch 4-0

Samedi à 16h

Progrès - Dudelange 3-1

Rosport - Mondorf 1-1

Samedi à 18h

Hostert - RM Hamm Benfica 2-2

Strassen - Titus Pétange 1-0

Racing - Differdange 1-2

Samedi à 18h30

Rodange - Jeunesse 1-2


Sur le même sujet

BGL Ligue: Sébastien Flauss: «Si tu ne l'arrêtes pas, tu rentres à pied!»
Homme de base du Progrès, Sébastien Flauss a redémarré la saison sur des bases élevées. Auteur d'un arrêt déterminant sur le penalty de Diallo à Rumelange le week-end dernier, le gardien français formé en Allemagne se dresse à nouveau sur la route du Fola ce samedi. Il nous offre aussi ses pronostics pour la 16e journée de BGL Ligue.
Sebastien Flauss (FC Progrès Niederkorn - 1) / Fussball BGL Ligue Luxemburg, 10. Spieltag Saison 2016-2017 / 05.11.2016 / FC Progrès Niederkorn - Jeneusse Esch / Stade Jose Haupert / Foto: Yann Hellers