Luxembourg et France sont d'accord

Cinq projets prioritaires pour la mobilité transfrontalière

«Améliorer la capacité de la ligne ferroviaire entre Thionville et la frontière luxembourgeoise» est l'un des 5 projets concrets que France et Luxembourg veulent mettre en oeuvre.
«Améliorer la capacité de la ligne ferroviaire entre Thionville et la frontière luxembourgeoise» est l'un des 5 projets concrets que France et Luxembourg veulent mettre en oeuvre.
Photo: Maurice Fick

Par Maurice Fick

«Concrétiser des projets pour des gens qui font des trajets quotidiens» entre la France et le Luxembourg. C'est l'objectif que se sont fixé le ministre des Infrastructures, François Bausch, et le secrétaire d'Etat français, Christian Eckert. Dans une déclaration d'intention datée de ce lundi 20 mars 2017, ils ont retenu cinq projets concrets «qui pourraient arriver assez vite» et qui seront cofinancés par les deux pays.

Après plusieurs rencontres à haut niveau et l'entrevue récente en amont de l'inauguration de la liaison Micheville-Belval, «on s'est mis d'accord pour voir comment réaliser des projets de mobilité transfrontalière puisque nos amis français qui viennent au Luxembourg ont beaucoup de problèmes pour se déplacer», résume François Bausch. Il ira jusqu'à évoquer la «souffrance que les gens ont tous les jours sur la route» pour se rendre jusqu'à leur lieu de travail.

Christian Eckert, secrétaire d'Etat français chargé du Budget et des Comptes publics et François Bausch, ministre du Développement durable et  des Infrastructures sont d'accord pour mettre l'accent sur cinq projets de mobilité essentiels qu'ils cofinanceront. Reste à fixer le planning et la hauteur des montants.
Christian Eckert, secrétaire d'Etat français chargé du Budget et des Comptes publics et François Bausch, ministre du Développement durable et des Infrastructures sont d'accord pour mettre l'accent sur cinq projets de mobilité essentiels qu'ils cofinanceront. Reste à fixer le planning et la hauteur des montants.
Photo: Maurice Fick

Plus de 80.000 travailleurs frontaliers français représentant une main-d’œuvre sans laquelle, le «moteur économique de la Grande Région» qu'est le Luxembourg, «ne pourrait pas fonctionner», pose le ministre luxembourgeois. La coopération peut être «gagnante-gagnante entre les deux Etats» comme le montre la réalisation de la liaison Micheville-Belval (financée à hauteur de 6 millions d'euros par le Luxembourg) «mais elle bute parfois sur la concrétisation», reconnaît le secrétaire d'Etat français.

Les deux Etats se sont engagés à avancer sur cinq projets prioritaires pour booster les transports en commun:

  1. Créer de nouvelles lignes de bus transfrontalières en fonction de la demande et des P&R supplémentaires. Christian Eckert parle de Thionville et Longwy mais reste vague. François Bausch glisse: «Dès que ces P&R seront terminés nous réorganiserons les bus pour qu'ils passent devant». Le Luxembourg qui exploite et finance (14 millions d'euros par an) la quasi-totalité des lignes transfrontalières se dit «prêt à reprendre l'organisation et le financement de toutes les lignes de et vers la France».
  2. Améliorer la capacité de la ligne ferroviaire entre Thionville et la frontière luxembourgeoise, aussi bien en situation d'exploitation normale qu'en situation d'exploitation dégradée, par l'aménagement d'une banalisation complète et d'une double liaison de voie à hauteur de Hettange-Grande. La banalisation d'une voie consiste à l'aménager (aiguillages, système de communication, etc.) pour que les trains puissent circuler dans les deux sens.
  3. Etudier le prolongement du contournement d'Audun-le-Tiche jusqu'à la RN52.
  4. Créer un mode de transport à haut niveau de service entre Belval et Micheville. Il s'agit bien d'un nouveau mode de transport «déjà prévu» entre Belval et Luxembourg-Ville mais qui serait prolongé jusqu'à Micheville en France. François Bausch a donné l'exemple du Mettis de Metz mais pourrait bien avoir un autre projet dans les cartons...
  5. Mettre en place des liaisons douces entre l'Ecocité et Belval qui sont seulement distants de 3 à 5 km.

Si le bus à haut niveau de service Micheville-Luxembourg  (projet n°4) est «plutôt réalisable à moyen terme», François Bausch estime que les projets 1 et 2 sont «réalisables assez vite».

«Si on a la volonté politique...»

Le projet d'amélioration de la capacité de la ligne ferroviaire entre Thionville et la frontière luxembourgeoise est «peut-être plus coûteux mais il est essentiel, vu ce que le Luxembourg a mis en marche», souligne François Bausch. Il parle du vaste projet de dédoublement des voies entre Luxembourg et Bettembourg (d'ici 2022) et de la finalisation «en 2019» des deux nouveaux quais en gare de Luxembourg.

Une banalisation des voies côté français entre la frontière et Thionville, pourrait «augmenter de façon substantielle» le trafic sur une ligne qui est «aujourd'hui saturée aux heures de pointe», reconnaît le ministre. Mais «si on a la volonté politique, ça peut se faire très vite...», sait le ministre luxembourgeois. Il pense même qu'«on puisse augmenter la capacité d'ici 2020-2022».

Et les projets de l'A3 ou de l'A31bis alors?

La volonté politique a été affichée de part et d'autre ce lundi, «reste à prendre les décisions concernant le financement», comme l'a glissé Christian Eckert, secrétaire d'Etat français chargé du Budget et des Comptes publics, au sujet de l'A31 cette fois. L'axe autoroutier majeur ne fait pas partie des cinq priorités car  le projet de l'A31bis «dépasse le cadre de cette rencontre» et doit être tranché par la Région et l'Etat a balayé M. Eckert.

Pour le cofinancement des cinq projets prioritaires retenus «oui, il y aura un cofinancement», a assuré Christian Eckert mais «les montants, les pourcentages et les calendriers ne sont pas encore finalisés». Un nouveau point devra être fait «en septembre», a-t-il préconisé. Sachant qu'une élection présidentielle aura eu lieu entre-temps en France.

Côté luxembourgeois, Le projet de l'A3 qui doit être mise à trois voies entre la frontière luxembourgeoise et Bettembourg tout en laissant la priorité aux bus, est «presque finalisé», a assuré François Bausch de son côté. Il compte bien déposer l'avant-projet de loi «au cours du prochain mois». Donc courant avril.

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