Les présidents français au Luxembourg

De Coty à Hollande en passant par Pompidou

Par Kerstin Smirr (trad. AF)

La venue de François Hollande vendredi dans le cadre d'une visite d'Etat au Luxembourg s'inscrit dans une longue tradition. La famille grand-ducale a toujours invité les présidents français au cours des dernières décennies ou s'est rendue elle-même à l'Elysée. Seul Nicolas Sarkozy, qui n'est pas marqué l'esprit des Luxembourgeois du sceau de l'amitié, n'est jamais venu ici en visite officielle.

Nos recherches dans les archives du Luxemburger Wort remontent à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elles montrent l'évolution de l'accueil d'un président français au fil du temps. Si René Coty ou Georges Pompidou avaient été accueillis en grande pompe, François Mitterrand n'avait pas rencontré pour sa part que des visages amicaux au Grand-Duché, puisque de fervents défenseurs de l'environnement l'avaient interpellé lors de sa venue.

Du 20 au 22 juin 1957: pas d'école grâce à René Coty

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« L'invité de notre princesse est l'invité du peuple tout entier, dont le cœur s'emplit de joie », écrivait le Luxemburger Wort dans son édition du 21 juin 1957. Le président René Coty avait été accueilli en grande pompe la veille devant la gare de Luxembourg-Ville. Les écoliers avaient pu manquer les cours pour l'occasion pour aller accueillir le président en agitant des drapeaux à son arrivée. 

Le Luxemburger Wort s'était fait l'écho d'une visite très positive du président Coty.
Le Luxemburger Wort s'était fait l'écho d'une visite très positive du président Coty.

René Coty était resté deux jours complets au Luxembourg, il était reparti en France le matin du troisième jour par avion. Pendant son séjour il avait participé à un dîner de gala donné en son honneur, ainsi qu'à une cérémonie autour de la Gëlle Fra en hommage aux soldats tombés pendant la Première Guerre mondiale et avait fait un crochet à Echternach. 

Le président avait aussi rendu visite au couple héritier au château de Betzdorf (le grand-duc héritier Jean et la grande-duchesse héritière Joséphine-Charlotte), avait fait la connaissance du jeune prince Henri, alors âgé de deux ans, mais aussi des jumeaux Margaretha et Jean. Un grand feu d'artifice avait été donné dans la Capitale la veille de son retour en France.

3 et 4 mai 1972 : la foule acclame Georges Pompidou 

La visite de Pompidou fit la Une du Luxemburger Wort.
La visite de Pompidou fit la Une du Luxemburger Wort.
Guy Wolff

C'est un peuple luxembourgeois en liesse qui avait accueilli Georges Pompidou en 1972. Le grand-duc Jean est venu lui souhaiter la bienvenue au Findel et une voiture officielle les avait ensuite conduits en direction du centre-ville, où la foule s'était massée dans les rues.

Après un dîner de gala à la Chambre des Députés et une réception au palais grand-ducal, le grand-duc Jean et son illustre invité ont salué la foule depuis le balcon du palais. 

« Le président Pompidou a gagné le cœur des Luxembourgeois », titrait le Luxemburger Wort du 4 mai. Après un dépôt de gerbe auprès de la Gëlle Fra, Georges Pompidou avait prononcé un discours au Knuedler lors du second jour de sa visite. Des milliers de personnes étaient venus l'écouter. Il est reparti le soir-même du Findel.   

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13 et 14 janvier 1992 : les anti-nucléaires face à Mitterrand 

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Après plusieurs visites de travail au Luxembourg, au cours desquelles il s'était notamment entretenu avec le grand-duc Jean, le président Mitterrand est de retour au Grand-Duché en compagnie de son épouse, cette fois pour une visite d'Etat de deux jours.

Alors que René Coty et Georges Pompidou avaient un programme essentiellement constitué de rendez-vous de représentation, François Mitterrand a rencontré de nombreuses personnalités politiques du pays, comme la présidente du Parlement Erna Hennicot-Schoepges et le premier ministre Jacques Santer.

Les principaux sujets abordés à cette époque furent le projet de création d'une décharge sur le sol lorrain et la centrale nucléaire de Cattenom ouverte depuis quelques années. Les défenseurs de l'environnement ont manifesté au même moment, munis de banderoles montrant leur opinion au président français.

Le Luxemburger Wort rapportait : « D'après Mme Hennicot-Schoepges, le président Mitterrand se serait montré choqué quant à l'implantation de la centrale nucléaire de Cattenom à courte distance de la frontière luxembourgeoise, laquelle pourrait tout à fait être considérée par la population luxembourgeoise comme une provocation. Mais comme il s'agissait d'un fait donné lors de son entrée en fonction il n'aurait pas pu changer grand-chose. »

Le président français a finalement proposé deux choses : il a promis l'établissement d'une procédure d'urgence entre Cattenom et Luxembourg et l'interdiction de survol de la centrale par tout engin militaire.

Chronologie : visite à Paris et Luxembourg

Cet aperçu chronologique donne une vue d'ensemble des visites des présidents français au Luxembourg ainsi que des visites de la famille grand-ducale à Paris depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale :


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