Les jeunes montent au créneau

Conflit de génération chez les socialistes

Pour la jeune génération, il est clair que le parti doit changer son mode de fonctionnement en interne et laisser plus de place aux possibilités qu'offre le numérique en terme de participation
Pour la jeune génération, il est clair que le parti doit changer son mode de fonctionnement en interne et laisser plus de place aux possibilités qu'offre le numérique en terme de participation
Gerry Huberty

Par Bérengère Beffort (trad. ChB)

Ils sont jeunes, déterminés et poussent au changement. Dix jeunes politiciens socialistes et des députés du LSAP dont Taina Bofferding, Franz Fayot, Tess Burton et Claudia Dall'Agnol, critiquent fortement la direction du parti, et donc l'ancienne génération, dans une déclaration commune publiée le 6 janvier.

"Sans les jeunes, le LSAP n'a aucun avenir. Et sans les femmes non plus. Le LSAP doit identifier les nouveaux talents, leur donner une plateforme et les construire. Une autre critique que nous faisons depuis des années est que le LSAP n'a pas un profil clair. Même les militants ne se souviennent pas exactement de ce que le parti représente. Nous nous perdons dans les détails et parlons trop peu de la situation dans son ensemble", peut-on lire dans la déclaration.  

Qui freine?

"A long terme, cela ne peut plus fonctionner. Nous devons apprendre de nos erreurs et faire mieux dans le futur. Nous avons également besoin d'un partie présent dans le débat, qui propose les personnes appropriées aux discussions. Surtout, les socialistes doivent encore parler un langage clair. Que ce soit dans la question de la distribution, des questions sociales et des questions socio-politiques, l'ADN des socialistes doit être clairement reconnaissable."

Le fait que les socialistes doivent affiner leur profil et retrouver leur souveraineté dans le discours sur les questions sociales sont des attentes généralement partagées. On peut se demander pourquoi le parti ne peut pas répondre à ces attentes. Alors, qui freine?

Plus de place au processus participatif

"Nous ne sommes pas là pour attaquer quiconque ou envoyer des gens à la retraite", souligne le signataire Franz Fayot. Si le LSAP veut aller de l'avant, cependant, les nouveaux venus doivent être plus impliqués dans le processus de prise de décision notamment en ce qui concerne le programme. Plus de parole et d'échange sont aussi nécessaires avec les militants. 

Le député LSAP du Centre table sur de nouvelles plateformes et forums Internet, afin de permettre aux jeunes d'être plus actifs. On pourrait s'orienter par exemple de l'initiative allemande "SPD ++", qui a notamment favorisé la participation et changé la perception du parti par les nouvelles générations. D'un autre côté, être trop rigide aurait un effet dissuasif. C'est la conclusion de Fayot: "Nous devons sortir de l'immobilisme et des structures sclérosées". 

Selon Franz Fayot, le LSAP est trop défini par sa participation au gouvernement. Depuis 2004, les socialistes sont impliqués en tant que partenaires de la coalition. Deux fois avec le CSV, désormais en trio avec le DP et Déi Gréng. Fayot recommanderait-il à son parti d'aller dans l'opposition?

"L'opposition ne peut pas être un vœu pieux. Mais nous devons nous interroger nous-mêmes." Le LSAP doit clarifier ce qu'il représente et occuper de plus en plus des domaines politiques qui ont été négligés dans le processus interne: justice sociale, éducation, culture et politiques de mobilité. Et au-delà, les défis d'un monde du travail numérisé doivent aussi être débattus.

Analyser les résultats des communales

Lors des récentes élections communales, le parti socialiste n'a pas réussi à convaincre les citoyens. Il a perdu du terrain dans de nombreux conseils locaux et surtout dans ses bastions du sud. "Je pense que nous aurions dû analyser les résultats et les omissions. Malheureusement, ce processus interne n'a pas eu lieu et cela a causé beaucoup de frustration", déclare le député.

Cette discussion critique devra être rapidement menée car en ce moment, le parti s'apprête à mettre en place son programme et ses listes de candidats pour les élections législatives.