Le plan d'investissement Juncker

315 milliards d'euros espérés en trois ans

Jean-Claude Juncker et Matteo Renzi avant l'arrivée du pape François au Parlement européen, le 25 novembre.
Jean-Claude Juncker et Matteo Renzi avant l'arrivée du pape François au Parlement européen, le 25 novembre.
Photo: AFP

(AFP) - Le plan d'investissement de la Commission européenne prévoit de lever 315 milliards d'euros d'investissements sur trois ans pour financer des secteurs stratégiques et relancer la croissance et l'emploi. En voici les principaux éléments.

LE CONSTAT

Les investissements étaient inférieurs de 15% en Europe au deuxième trimestre 2014 par rapport au niveau de 2007, soit une chute d'environ 430 milliards d'euros. Ce manque d'investissement freine la reprise économique et l'UE est à la traîne d'autres grandes économies, ce qui nuit à sa compétitivité. Il y a suffisamment de liquidités disponibles, mais elles n'aboutissent pas dans l'économie réelle avec assez de rapidité et d'efficacité.

LE MÉCANISME

Il est basé sur une série d'effets de leviers. Un nouveau Fonds, baptisé "Fonds européen pour les investissements stratégiques" (FEIS) doit servir à financer des projets dont le profil de risque est supérieur à celui de ceux que soutient traditionnellement la Banque européenne d'investissement (BEI), le bras financier de l'UE.

Le Fonds sera doté de 21 milliards d'euros provenant de deux sources: 5 milliards de la BEI et 16 milliards du budget de l'UE, sous forme de garantie. Au sein de cette garantie, 8 milliards d'euros, soit 50%, correspondront à des ressources existantes: 3,3 milliards du mécanisme pour l'Interconnexion en Europe, 2,7 milliards du programme Horizon 2020 et 2 milliards de marges budgétaires.

A partir de ces 21 milliards d'euros qui serviront de garantie, l'objectif est d'attirer des investisseurs privés. La Commission européenne a choisi d'appliquer un multiplicateur 15: ce sont donc au total 315 milliards d'euros qui sont attendus en trois ans.

D'autres financements pourront s'y ajouter, notamment si les Etats décident de mettre au pot.

LES PROJETS

Ils seront choisis parmi des listes sélectionnés par les Etats de l'UE. Une "task force" Commission-BEI les choisira en fonction de leur valeur ajoutée européenne, de leur viabilité et de leur valeur économique, et aussi de la possibilité qu'ils puissent débuter d'ici 2017, mais pas en fonction de leur nationalité.

Ils porteront en priorité sur les infrastructures stratégiques, comme le numérique et l'énergie, mais aussi les transports, de même que l'éducation, la recherche et l'innovation.

Une partie du dispositif, soit 75 milliards d'euros, doit être consacrée aux PME et aux entreprises à moyenne capitalisation, qui rencontrent plus de problème que les multinationales pour obtenir des financements sur les marchés.

L'EFFET ATTENDU

La Commission estime que le plan pourrait ajouter de 330 à 410 milliards d'euros au PIB de l'UE, et créer de 1 à 1,3 million d'emplois en trois ans.

Il n'aura en revanche aucun effet sur le budget européen, qui n'aura pas besoin d'être augmenté, ni sur les finances des Etats, puisque la contribution de ceux qui choisiront d'y participer ne sera pas comptabilisée dans leur déficit et leur dette.

Il n'aura pas non plus d'effet sur la note "triple A" dont bénéficie la BEI auprès des institutions financière, grâce à la garantie fournie par le budget de l'UE.