"En Marche Luxembourg"

"Macron est le seul à se préoccuper vraiment des expatriés"

Stéphane Vallance est le référent du mouvement En Marche! pour le Luxembourg.
Stéphane Vallance est le référent du mouvement En Marche! pour le Luxembourg.
Pierre Matgé

Propos recueillis par Virginie Orlandi

  • "En Marche Luxembourg", ce sont neuf comités, plus de 400 adhérents dont 103 sont actifs, et de nombreuses réunions. Comment le mouvement est-il né au Luxembourg?

Tout a commencé avec le Brexit et l'élection de Donald Trump à la tête des Etats-Unis: cela a été un véritable électrochoc pour de nombreuses personnes. Pour ma part, cela m'a donné envie de m'investir en politique et en novembre, je suis devenu adhérent du mouvement. Mais c'est surtout à partir de janvier que les rangs ont grossi et que de plus en plus d'expatriés sont venus nous rejoindre.

  • A quelle famille politique apparteniez-vous avant de vous engager auprès d'Emmanuel Macron?

C'est la première fois de ma vie que je m'engage dans une campagne présidentielle. J'ai voté à droite, j'ai voté au centre et ces dernières années, j'ai fait partie de ces gens qui ne s'y retrouvaient pas dans l'échiquier politique français. Pour moi comme pour beaucoup de membres du mouvement "En Marche Luxembourg", Emmanuel Macron est un véritable renouveau capable de vraiment faire bouger les choses en France et pour tous les Français.

  • En quoi le programme d'Emmanuel Macron est-il si prometteur?

Emmanuel Macron est profondément européen et il est le seul candidat à la présidentielle à se préoccuper vraiment des Français à l'étranger. Avant de se lancer dans la campagne, il a demandé à ses comités basés hors des frontières de la France de remonter leurs préoccupations et c'est avec ces retours qu'il a travaillé pour mettre son programme en place.

  • Ces retours internationaux correspondent-ils à la réalité des Français expatriés au Luxembourg?

Oui, tout à fait. Lors des meetings et des évènements que nous avons pu faire ces dernières semaines pour nous faire connaître dans le pays, je me suis rendu compte que les préoccupations des gens d'ici correspondent à ce qu'Emmanuel Macron propose. A savoir: l'éducation, la fiscalité et la simplification administrative.

  • Si Emmanuel Macron devient président de la République française, le Luxembourg aura-t-il une meilleure offre en matière d'éducation francophone?

Le pays est bien doté pour le lycée mais il y a encore du travail à accomplir pour les élèves du primaire. Chaque année, des élèves se retrouvent sur des listes d'attente et certains parents font le choix de les inscrire en Belgique ou France. Même si la France dispose d'un des réseaux scolaires parmi les plus développés du monde, partout où cela est possible, d'autres établissements doivent ouvrir leurs portes et obtenir des possibilités de financement de la part de la France.

  • La CSG et la CRDS sont applicables aux revenus du patrimoine immobilier de tous les non-résidents et beaucoup d'expatriés ayant du bien en France et payant déjà leurs cotisations sociales aux Luxembourg, considèrent cette mesure inéquitable. Quelle est la position d'En Marche! par rapport à ce point de fiscalité?

Ces prélèvements sociaux ont été introduits en 2013 et reviennent très souvent dans les discussions lors des meetings. Dans son programme, Emmanuel Macron souhaite une fiscalité équitable et s'engage à réexaminer le régime sur l'assujettissement à la CSG et la CRDS sur les revenus du capital des Français résidant en dehors de la France.

  • "Plus de simplification administrative" est l'une des mesures du programme pour les expatriés. Les Français du Luxembourg peuvent-ils espérer un consulat plus accessible et moins embouteillé?

En matière de simplification administrative, le Luxembourg a beaucoup à nous apprendre avec son guichet.lu et il est vrai qu'à l'heure actuelle, le consulat de France fonctionne avec des horaires peu adéquats à la vie active. Il est, en effet, question de faciliter l'accès à l'administration consulaire grâce à des permanences hebdomadaires en dehors des horaires habituels et la multiplication des tournées consulaires grâce au temps libéré par la dématérialisation de certaines tâches.

  • Au sein de vos réunions, parlez-vous également du quotidien des travailleurs frontaliers qui choisissent d'aller au Luxembourg?

Nous sommes conscients qu'il y a beaucoup à faire en terme d'infrastructures pour désengorger les routes et le rail. Cependant, c'est le comité de Thionville qui s'occupe de ce type de questions et je sais qu'ils sont très actifs. De notre côté, nous sommes plutôt soucieux de savoir ce qui va se passer pour ces personnes si les frontières sont fermées suite à un Frexit et une sortie de l'euro.

  • Votre mouvement a-t-il reçu d'ores et déjà des soutiens de la part de politiques luxembourgeois?

Nos meetings et nos évènements attirent beaucoup de monde à chaque fois et lors de notre présence dans la Grand-Rue de Luxembourg-Ville pour les 60 ans du traité de Rome, nous avons rencontré et discuté avec certaines personnalités du monde politique du Grand-Duché. Cependant, pour l'instant, personne ne nous soutient ouvertement.

  • Le mouvement "En Marche!" se réunira le dimanche 23 avril à partir de 19 heures à la "Bulle de vin" à Luxembourg-Ville.

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