Décryptage du Politmonitor

Pourquoi ce sondage politique est important


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(VO) - Le premier volet du Politmonitor sera publié ce soir à 18 heures. Incontournable sondage d'opinion publié deux fois par an, il apporte des clés précieuses pour comprendre la politique luxembourgeoise et son système électoral. Nous vous proposons dans une courte vidéo de saisir pourquoi ce sondage politique est important.

Qu'est-ce que le Polimonitor?

Le Politmonitor est un sondage commandé deux fois par an par le Wort et RTL. A peu près 1.000 personnes résidentes de nationalité luxembourgeoise et qui ont au moins 18 ans y participent et cela depuis 5 ans.

Sur quoi porte-t-il?

Les questions du Politmonitor portent sur la perception des électeurs concernant la compétence et la sympathie des députés et des ministres, la confiance accordée aux instances politiques en place mais aussi à l'opposition et sur la situation économique du pays. La "Sonndesfro", la "question du dimanche" vient clore le sondage.

La "Sonndesfro", c'est quoi?

C'est la question la plus importante du Politmonitor car elle porte sur les intentions de vote des électeurs. Elle n'est donc pas aussi subjective que les trois autres. On peut même dire qu'elle est la clé pour bien comprendre le Politmonitor car elle demande aux sondés: si vous deviez aller voter ce dimanche, pour quel candidat voteriez-vous ?

Pourquoi elle est primordiale pour bien comprendre la politique luxembourgeoise?

La "Sonndesfro" est importante car les sondés y répondent de manière continue sur une période donnée. Ses résultats sont donc beaucoup moins subjectifs que les autres et elle a un lien direct avec le système électoral luxembourgeois, le panachage.

Elle a été ajoutée aux autres questions en janvier 2017 et c'est la troisième fois qu'elle est soumise aux électeurs.

Pourquoi le panachage est-il un enjeu politique?

Pour bien saisir l'importance des informations données par le Politmonitor, il faut comprendre le mode de scrutin luxembourgeois.

Le pays est divisé en quatre circonscriptions: Nord, Sud, Est et Centre et dans chacune d'entre elles, un électeur peut donner autant de voix qu'il y a de sièges à la Chambre des députés pour sa circonscription ou il a le choix de voter pour un parti unique.

Au centre, on élit 21 députés. Au sud: 23, A l'est: 7 et au nord, 9. On peut donner jusqu'à deux voix à un candidat.

Cette manière de voter est très populaire au Luxembourg.

L'importance de la sympathie

La cote de sympathie est donc un enjeu de taille dans le système électoral luxembourgeois à cause, justement, du panachage.

Et puisque les électeurs luxembourgeois ont la possibilité de voter autant pour un parti que pour des personnes, les résultats du volet "Compétences et sympathie" du Politmonitor sont de bons indicateurs des intentions de vote.

La popularité d'une personnalité politique a toute son importance et c'est pour cette raison que les partis politiques aiment bien avoir dans leurs rangs des gens qui sont aimés par le public comme des sportifs ou des célébrités.

Les bons scores sympathie/compétences: ça veut dire quoi?

Les scores sympathie/compétences ont toujours été élevés au Luxembourg même si depuis le référendum de juin 2015, ils sont un peu en baisse. En mai dernier, Xavier Bettel flirtait avec le 70% alors que son prédécesseur, Jean-Claude Juncker, atteignait régulièrement des sommets avec des 90% d'opinions favorables.

Mais ce qu'il faut retenir, c'est qu'il y a des ministères où il est plus facile de remporter l'adhésion des électeurs que d'autres. Par exemple, un ministre des Affaires étrangères actif sur la scène internationale aura plus de facilité qu'un ministre de l'Education nationale devant composer avec syndicats, profs, parents et élèves ou qu'un ministre qui propose des réformes ou introduit des projets de loi.

Cependant, avoir un score élevé pour la sympathie est toujours bon signe pour les élections.

Et la confiance?

Le Politmonitor mesure autant la confiance que les électeurs ont en l'actuel gouvernement qu'en l'opposition.

Là encore, depuis le référendum de 2015, on assiste à un changement de paradigme.

En décembre 2013, le gouvernement a débuté son mandat avec une cote de confiance de 63% et en juin 2015, il se retrouve avec un petit 33%.

En 2014, les mesures prises pour retrouver un équilibre budgétaire le sanctionnent une nouvelle fois et il peine à 36%.

Polarisation de l'opinion publique

Depuis deux ans, on assiste à une polarisation de l'opinion des sondés en matière de confiance. Les personnes interrogées accordent autant leur confiance au gouvernement qu'au grand parti d'opposition, le CSV.

En mai 2017, lors du dernier sondage, 49% des sondés avaient confiance dans le gouvernement et 48% dans l'opposition.

En résumé

Le Politmonitor donne une image de l'instant politique et pour bien le comprendre, il faut le replacer dans le contexte politique du moment.

Celui qui va être dévoilé aujourd'hui va donner de précieuses indications sur l'impact des dernières élections communales à moins d'un an de l'autre grand rendez-vous politique du pays: les élections législatives.


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