Commentaires sur Twitter

"Schoolleaks": Meisch et Cahen recadrés par les magistrats

(ChB) - Ce lundi, les magistrats luxembourgeois ont tenu à recadrer les ministres Claude Meisch et Corinne Cahen après leurs commentaires sur le verdict rendu jeudi 9 février dans l'affaire "Schoolleaks" postés sur leur compte Twitter respectif.

Dans un communiqué adressé à toute la presse, ils taclent les ministres:

"A l’occasion du jugement rendu par le tribunal correctionnel de Luxembourg dans le cadre du procès dit "Schoolleaks", certains ministres ont critiqué la décision de justice dans la presse et l’ont dénigrée ouvertement dans les réseaux sociaux. Le Groupement des Magistrats Luxembourgeois (GML) tient à rappeler que le Luxembourg connaît la séparation des pouvoirs, caractéristique des Etats démocratiques."

Jeudi 9 février, la Justice a relaxé les quatre accusés dans l'affaire "Schoolleaks", trois institutrices et le compagnon de l'une d'elles qui avaient fourni à l'avance les questions d'un test de primaire à des parents. 

Immédiatement, le ministre de l'Education nationale réagissait sur Twitter en disant qu'il regrettait l'acquittement malgré des aveux, qu'il trouvait l'argumentation du tribunal curieuse et en se posant des questions quant aux conséquences pour l'école et l'administration.

De son côté, la ministre de la Famille et de l'Intégration s'étonnait avec un brin d'humour que des enseignants puissent délivrer des tests ou examens à l'avance sans aucune sanction. 

Pour les magistrats: "il n’appartient pas à un membre du pouvoir exécutif de critiquer sans modération des décisions de justice; si une décision de justice ne plaît pas, il existe des voies de recours légales pour la contester, c’est-à-dire selon des voies organisées dans le cadre de la séparation des pouvoirs."

Ce à quoi Claude Meisch a répondu ce lundi après-midi qu'on pouvait s’étonner d’un jugement et s’inquiéter des conséquences sans que cela ne constitue une critique de la justice. Pour lui, "évaluer les conséquences est le devoir n°1 d’un ministre".