Après la victoire présidentielle

«En marche Luxembourg» en pleine course pour les législatives

«Rien n'est gagné pour l'instant. Le match aller, c'était l'élection présidentielle. Le match retour, c'est d'obtenir une majorité au parlement», résume Stéphane Vallance, référent d'«En Marche Luxembourg» (à gauche sur la photo).
«Rien n'est gagné pour l'instant. Le match aller, c'était l'élection présidentielle. Le match retour, c'est d'obtenir une majorité au parlement», résume Stéphane Vallance, référent d'«En Marche Luxembourg» (à gauche sur la photo).
Photo: Maurice Fick

Par Maurice Fick

La victoire d'Emmanuel Macron à la présidentielle c'est l'essai. Comme au rugby, «il faut maintenant le transformer», savent Stéphane Vallance et Christine Tribolet. Novices en politique mais «pro-européens à fond», les moteurs d'«En Marche Luxembourg» savent qu'ils ont le vent en poupe mais aussi qu'ils ne disposent que de très peu de temps avant le premier match des législatives, le 4 juin.

«Rien n'est gagné pour l'instant. Le match aller, c'était l'élection présidentielle. Le match retour, c'est d'obtenir une majorité au parlement», résume d'un bloc, le référent d'«En Marche Luxembourg», Stéphane Vallance, toujours prêt à enfoncer la tête dans la mêlée. Pas pour Macron cette fois. Mais pour Pieyre-Alexandre Anglade, le candidat  officiel de Macron qui brigue la 4e circonscription des Français de l'étranger. Celle du Benelux où vivent aujourd'hui 185.000 expatriés.

Anglade a du pain sur la planche

L'investiture du jeune mosellan, assistant parlementaire au Parlement européen, date de jeudi. «Aujourd'hui, il était à la réunion des 428 candidats de "République En Marche!" investis au Musée du quai Branly à Paris pour savoir comment mettre en place un programme ciblé. Nous sommes à son entière disposition et j'attends de savoir son plan de marche», expliquait samedi le référent aux allures de rugbyman, le pied sur la ligne blanche qui ouvre sur le terrain.

Stéphane Vallance: «On le sent parfaitement, tous âges confondus, que le Luxembourgeois est profondément européen».
Stéphane Vallance: «On le sent parfaitement, tous âges confondus, que le Luxembourgeois est profondément européen».
Photo: Maurice Fick

Le match s'annonce serré. La préparation sera courte. Le premier tour des élections législatives aura lieu le 11 juin en France. Les Français établis au Luxembourg, iront voter une semaine plus tôt, le dimanche 4 juin. Et Anglade a du pain sur la planche s'il veut briller parmi les 18 candidats en lice aux élections législatives, dont le député sortant de la 4e circonscription, le socialiste Philip Cordery.

«Il reste exactement trois semaines!» pour relever le challenge, lance Christine Tribolet en traversant d'un pas énergique la Place d'Armes à Luxembourg où se déroule la grande Fête de l'Europe organisée par les 6 eurodéputés luxembourgeois. Son seul tract c'est le nom du parti de Macron imprimé comme un slogan sur son sweat à capuche gris.

«Se donner de la visibilité»

La présidente du principal des huit comités que compte «En Marche Luxembourg», jamais engagée politiquement jusqu'ici, reste lucide: «On part avec un handicap. On sait bien que notre candidat est jeune et qu'il est inconnu». Mais Christine Tribolet n'est pas du genre à baisser les ailes. La frêle demi de mêlée estime que «pour rattraper le handicap, il faut une tête qui porte le programme. Il faut que Pieyre-Alexandre Anglade se fasse connaître et qu'il vienne sur le terrain.» Le Luxembourg s'entend.

C'est déjà prévu. «Il va essayer de venir au moins trois fois au Luxembourg avant le 4 juin», assure Stéphane Vallance, impatient de pouvoir annoncer la date de la première réunion publique.

Le mouvement En Marche! l'est constamment. A défaut de pouvoir spontanément distribuer des tracts dans la rue -loi luxembourgeoise oblige- ses partisans organisent des «kiosques» en plein centre de Luxembourg et «se donnent de la visibilité» de façon ciblée. «Ce week-end, plusieurs groupes ont participé à la marche "Walk4Europe" au Kirchberg et nous nous montrons à la Fête de l'Europe. La République en Marche soutient l'Europe. C'est le cœur de son projet», sourit Christine Tribolet.

Christine Tribolet, présidente du principal comité d'«En Marche Luxembourg»: «Avant le premier tour de la présidentielle, nous étions 120 adhérents. Maintenant nous sommes déjà 212».
Christine Tribolet, présidente du principal comité d'«En Marche Luxembourg»: «Avant le premier tour de la présidentielle, nous étions 120 adhérents. Maintenant nous sommes déjà 212».
Photo: Maurice Fick

Pas besoin de faire du tapage. La méthode est simple. «On laisse les gens venir vers nous et lorsque la conversation est engagée, nous essayons de les convaincre de l'utilité du programme Macron», pose Christine Tribolet. Le terrain est favorable. «On le sent parfaitement, tous âges confondus, que le Luxembourgeois est profondément européen», retient Stéphane Vallance. 

Facilitateur de vote par procuration

Mais c'est bien l'électorat français qu'il s'agit de convaincre. Soit 23.900 votants potentiels. Simple rappel: 59% des électeurs inscrits au Luxembourg s'étaient déplacés au second tour de la présidentielle et 89,56% d'entre eux avaient donné leur voix à Emmanuel Macron. «Généralement, le taux de participation est moindre aux législatives», sait Christine Tribolet. Pour parer à l'abstention «on travaille via les réseaux sociaux et on envoie des mails pour encourager le vote par procuration».

Stéphane Vallance fait glisser son pouce sur son téléphone portable et montre, en trois clics, comment, via la plateforme high-tech d'«En Marche!», il facilite la connexion immédiate entre celui qui veut voter par procuration et ceux qui sont disposés à le faire.

En coulisses, le mouvement lancé par Macron ne remplit pas encore un stade au Luxembourg mais ses militants actifs occupent toujours plus de sièges. «Avant le premier tour de la présidentielle, nous étions 120 adhérents. Maintenant nous sommes déjà 212» dans le principal comité du Luxembourg qui compte près de 500 adhérents sur le territoire, assure Christine. Son comité a vu le jour en novembre.

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