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Y a-t-il plus de tiques et de moustiques que d'habitude ?
Luxembourg 5 min. 03.07.2022
Au Luxembourg

Y a-t-il plus de tiques et de moustiques que d'habitude ?

La bonne température, l'humidité ainsi que la durée des phases chaudes, froides, sèches ou humides sont importantes pour la propagation des moustiques et des tiques.
Au Luxembourg

Y a-t-il plus de tiques et de moustiques que d'habitude ?

La bonne température, l'humidité ainsi que la durée des phases chaudes, froides, sèches ou humides sont importantes pour la propagation des moustiques et des tiques.
Photo: Getty Images
Luxembourg 5 min. 03.07.2022
Au Luxembourg

Y a-t-il plus de tiques et de moustiques que d'habitude ?

Jeff WILTZIUS
Jeff WILTZIUS
On a l'impression que les insectes suceurs de sang et les tiques sont plus nombreux cette année que d'habitude - mais dans quelle mesure est-ce vrai ?

Lorsque le temps est clément et que les températures augmentent, vient le temps des insectes suceurs de sang. On les trouve partout où règne un climat chaud et humide. Mais y a-t-il cette année plus de petites bêtes suceuses de sang que les années précédentes en raison de l'hiver chaud et du printemps humide ? Il n'est pas facile de répondre à cette question. 

En effet, la bonne température, l'humidité ainsi que la durée des phases chaudes, froides, sèches ou humides sont importantes pour la propagation des moustiques et des tiques assoiffés, selon le Dr Alexander Weigand, expert au Muséum national d'histoire naturelle (MNHN). Ainsi, il existe entre autres 900 espèces de tiques dans le monde. Au Luxembourg, c'est surtout la tique commune (Ixodes ricinus) qui est répandue. Celle-ci vit principalement dans la végétation proche du sol. «Si les hivers n'ont pas été extrêmement froids, l'espèce a de bonnes chances de former des densités de population plus importantes», explique l'expert. 

Mais comme les différentes espèces ont des fenêtres d'éclosion fixes, les conditions météorologiques favorables doivent prévaloir au moment approprié. «Tout cela est un peu plus complexe qu'un oui ou un non général. Même parmi toutes les espèces de tiques ou de moustiques, il est impossible de répondre de manière générale à la question, car chaque espèce a des exigences écologiques différentes vis-à-vis de son environnement. Couplé à un bon timing». 

Toujours de nouvelles espèces exotiques 

A cela s'ajoutent toujours de nouvelles espèces, comme entre autres le frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax) ou le moustique du bush japonais Aedes japonicus. «Ce dernier ne doit toutefois pas être confondu avec le moustique-tigre asiatique (Aedes albopictus), qui n'a pas encore été détecté dans le pays», explique Weigand. Il est toutefois difficile de déterminer de manière générale comment ces espèces exotiques arrivent au Luxembourg. «Pour certaines espèces non indigènes, c'est tout simplement le changement climatique qui favorise leur propagation. Comme pour certaines abeilles sauvages ou la tique d'Auwald (en luxembourgeois : Suppenzeck)». 

Il en va autrement du frelon asiatique. Celui-ci a été introduit dans le sud-ouest de la France et s'est propagé vers l'Europe centrale grâce à des conditions appropriées. 

D'autres espèces, comme la tique géante Hyalomma, arrivent dans le pays par le biais des oiseaux migrateurs. «Une fois qu'elles ont été introduites et qu'elles se sont développées jusqu'à l'âge adulte, leurs hôtes finaux, comme les chevaux entre autres, sont également infestés chez nous». Selon l'expert, une telle espèce a déjà pu passer l'hiver en Allemagne. D'autres petits animaux se sont frayés un chemin depuis la mer Noire jusqu'au Grand-Duché en passant par le canal Main-Danube et la Moselle. «Les phlébotomes aussi seront probablement présents chez nous dans un délai plus court». 

Risque dû aux virus et aux bactéries 

Outre la piqûre mordante, les tiques et les insectes ont mauvaise réputation parce qu'ils peuvent transmettre des virus et des bactéries. «Cependant, il faut toujours voir l'interaction entre le vecteur et l'agent pathogène», souligne l'expert. «Ce n'est pas parce que l'espèce de moustique est présente chez nous que l'agent pathogène circule également au sein de la population indigène». Selon Weigand, les virus pourraient toutefois s'établir dans des conditions appropriées. Ainsi, le paludisme indigène a longtemps existé en Europe centrale avant d'être éradiqué.

Vêtements et eaux 

Mais comment se protéger ? «Cela dépend aussi entièrement des espèces», dit l'expert. Pour les tiques, les mesures habituelles sont utiles. «Porter des vêtements longs et clairs et ne pas oublier de s'inspecter après la promenade». On peut se protéger contre les moustiques en n'ayant pas d'eau stagnante ouverte comme un tonneau d'eau de pluie autour de la maison. «Ainsi, les œufs ne peuvent pas être déposés directement devant la fenêtre. Si l'on habite près de zones humides, le problème est en effet déjà connu». Il ne semble toutefois pas exister de véritable remède miracle contre les petites bêtes qui sucent, piquent et mordent.

Cet article est paru pour la première fois sur wort.lu/de

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