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Xavier Bettel: «Le Brexit est votre choix, pas le mien»

Xavier Bettel: «Le Brexit est votre choix, pas le mien»

Photo: video screen
Luxembourg 1 3 min. 14.12.2018

Xavier Bettel: «Le Brexit est votre choix, pas le mien»

Dans une franche interview accordée à la presse britannique, le Premier ministre luxembourgeois a donné son opinion personnelle sur le Brexit.

Juste avant une réunion de l'UE sur le Brexit à Bruxelles, avec Theresa May et son équipe jeudi, le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, a été alpagué par la presse britannique et a donné une interview franche et informelle dans les salles du Parlement européen de la capitale belge.

Il a ainsi souligné qu'il n'y avait pas de place pour une renégociation du Brexit. "S'il y a des choses sur lesquelles nous devrions avoir des explications ou plus de clarté, alors je suis entièrement d'accord, mais nous ne pouvons pas renégocier."

"Le Brexit est votre choix, pas le mien", a-t-il ajouté avant de s'éloigner et de revenir quelques secondes plus tard pour nuancer son propos: "Le Brexit était un choix du Royaume-Uni, et non le nôtre. Nous devons être prêts à tout, mais j'espère que nous parviendrons à trouver un accord", a-t-il déclaré avant de se détourner à nouveau pour sa rencontre avec Theresa May.

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Mais le journaliste poursuit sur sa lancée et interpelle le Premier ministre en lui demandant s'il "espère que le Royaume-Uni reste dans l'Union européenne", ce à quoi Xavier Bettel a répondu en montrant son pin's sur sa veste symbolisant le drapeau de l'UE et le drapeau de l'Union britannique: "Regardez ce que je porte! Je crois toujours à une relation entre les deux".

Toutefois, le dirigeant luxembourgeois a souligné son impatience de voir une issue à ce débat. "Nous n'allons pas multiplier indéfiniment les sommets", a-t-il déclaré. "Nous devons maintenant connaître la position de Londres pour nous décider".

De l'agacement dans l'air

La Première ministre britannique Theresa May a demandé jeudi à Bruxelles de nouvelles garanties pour l'aider à obtenir la ratification de l'accord de Brexit par les députés britanniques, mais elle a fait face à des Européens ouvertement agacés par des exigences jugées trop vagues.

Rescapée d'un vote de défiance la veille, Mme May a assuré à ses homologues européens lors d'un sommet qu'elle pourrait obtenir le feu vert de son parlement, si l'UE offrait des "assurances" que ce texte n'allait pas "piéger" indéfiniment le Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE. "Avec les bonnes assurances, cet accord peut être voté", leur a-t-elle dit. 

Car "il y a une majorité dans mon parlement qui veut quitter l'UE avec un accord", a-t-elle ajouté lors d'une réunion à huis clos, selon un responsable britannique.

Les Européens, qui s'étaient tous dits "prêts à aider" Mme May, ont adopté un texte destiné à apaiser les inquiétudes du parlement britannique. Mais il est sans valeur juridique. Et ils ont répété que l'accord de divorce ne "peut pas être renégocié". Ils n'ont enfin pas caché leur impatience face à des demandes jugées encore trop vagues concernant la nouvelle relation que voudra nouer Londres avec l'UE après le Brexit.

"Nos amis britanniques doivent dire ce qu'ils veulent au lieu de nous faire dire ce que nous voulons", a lancé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, devant la presse. Offensif, M. Juncker a ensuite annoncé que l'exécutif européen publierait mercredi 19 décembre "toutes les informations généralement utiles qui concernent la préparation d'un "no deal"".

L'hypothèse d'un Brexit sans accord devient chaque jour moins improbable. Selon une source européenne, l'ambiance lors du sommet était "très mauvaise". "Theresa May a été incapable de formuler ce qu'elle voulait" et a été régulièrement interrompue par la chancelière allemande, Angela Merkel, qui lui demandait ce qu'elle attendait exactement, a expliqué cette source.

Par Adam Walder pour Luxtimes, traduction Sophie Wiessler

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