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Xavier Bettel: "Faire tomber les murs, non les ériger"
Luxembourg 4 min. 10.07.2017 Cet article est archivé
Assemblée parlementaire de la Francophonie

Xavier Bettel: "Faire tomber les murs, non les ériger"

Le président de l'APF, Aubin Minaku Ndjalandjoko et Michaelle Jean, secrétaire générale de la Francophonie, ont accueilli ce lundi le Grand-Duc et le Premier ministre lors de la cérémonie d'ouverture de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie à la Philharmonie.
Assemblée parlementaire de la Francophonie

Xavier Bettel: "Faire tomber les murs, non les ériger"

Le président de l'APF, Aubin Minaku Ndjalandjoko et Michaelle Jean, secrétaire générale de la Francophonie, ont accueilli ce lundi le Grand-Duc et le Premier ministre lors de la cérémonie d'ouverture de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie à la Philharmonie.
Chris Karaba
Luxembourg 4 min. 10.07.2017 Cet article est archivé
Assemblée parlementaire de la Francophonie

Xavier Bettel: "Faire tomber les murs, non les ériger"

Virginie ORLANDI
Virginie ORLANDI
Rassemblée ce lundi matin à la Philharmonie, l'Assemblée parlementaire de la Francophonie a mis en avant les valeurs communes au Luxembourg et aux pays francophones: la solidarité, l'inclusion sociale et le combat de l'oppression.

(VO) -Rassemblée ce lundi matin à la Philharmonie, l'Assemblée parlementaire de la Francophonie a mis en avant les valeurs communes au Luxembourg et aux pays francophones: la solidarité, l'inclusion sociale et le combat de l'oppression.

Qu'est-ce que la Francophonie? La question a été posée ce lundi matin lors de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) dans la grande salle de concert de la Philharmonie et devant les représentants de l'APF, du Parlement des jeunes mais aussi du grand-duc Henri et du Premier ministre, Xavier Bettel.

Le grand-duc Henri, le Premier ministre, Xavier Bettel et Mars di Bartolomeo, président de la Chambre des députés s'entretiennent à l'entrée de la Philharmonie.
Le grand-duc Henri, le Premier ministre, Xavier Bettel et Mars di Bartolomeo, président de la Chambre des députés s'entretiennent à l'entrée de la Philharmonie.
Chris Karaba

Elle a été énoncée par le président de la Chambre des députés, Mars di Bartolomeo qui y apporte une réponse politique: "Au Luxembourg, la plupart des gens parlent deux langues en plus de leur langue maternelle, ce qui nous permet de vivre en incluant l'autre: nous sommes solidaires. A mon sens, la Francophonie mène deux combats: celui pour la justice et un autre concernant le respect".

Le ton était donné et le Premier ministre, Xavier Bettel s'est fait l'écho de l'amorce donnée à cette 43e édition.

"C'est le choix de mon pays"

"Nous nous demandons si nous allons manger un repas chaud ou froid. Nous nous demandons si nous allons prendre un bain ou une douche. Mais nous rendons-nous bien compte qu'ailleurs, des mères se demandent si leur enfant aura à manger au moins une fois par semaine? S'il aura de l'eau pour boire? Le Luxembourg consacre 1% de son PIB en matière de politique d'aide. C'est le choix de mon pays"

Le Premier ministre a rappelé l'histoire du Grand-Duché du Luxembourg, sa construction à travers les siècles et son souci constant d'inclure plutôt qu'exclure.
Le Premier ministre a rappelé l'histoire du Grand-Duché du Luxembourg, sa construction à travers les siècles et son souci constant d'inclure plutôt qu'exclure.
Chris Karaba

En 2016, le Luxembourg a alloué 7,5 millions d'euros de son budget dédié à la coopération à l’aide aux victimes de la crise syrienne et entend maintenir sa contribution sur 5 ans à hauteur de 37,5 millions d'euros.

Il travaille avec sept pays partenaires: cinq en Afrique de l'ouest, un en Asie du sud-est et un en Amérique centrale et mène là-bas, une politique orientée vers les besoins locaux.

"Nous faisons partie d'une communauté linguistique où la Francophonie a toute sa place, une communauté de valeurs ouverte sur le dialogue et la solidarité. Vos travaux lors de cette Assemblée parlementaire ont toute leur place et sont une réponse, un antidote au populisme".

Le Premier ministre a rappelé l'histoire du Grand-Duché du Luxembourg, sa construction à travers les siècles et son souci constant d'inclure plutôt qu'exclure.

La Gibraltar du nord a préféré faire tomber les murs, pas les ériger. Cela aurait été une erreur. Il en résulte le succès de l'Europe et du Luxembourg".

Dans ce souci d'inclusion, le Premier ministre a rappelé les écueils dans lesquels les débats sur la question linguistique pourraient tomber: éviter ceux créant des tensions, privilégier ceux qui font vivre les valeurs communes aux nations francophones: "Il est si simple de tomber dans des débats stériles où l'on oppose et où on stigmatise. Non, il n'y a pas de religion plus violente qu'une autre. Non, l'homosexualité n'est pas un choix. L'homophobie, si. Je compte sur vous pour faire vivre nos valeurs communes à travers vos réflexions lors de ce colloque".

"Recommencer par la culture"

Le Grand-Duc a cité dans son discours un des fondateurs de l'Europe, Jean Monnet: "Si c'était à refaire, je recommencerais par la culture".
Le Grand-Duc a cité dans son discours un des fondateurs de l'Europe, Jean Monnet: "Si c'était à refaire, je recommencerais par la culture".
Chris Karaba

Le grand-duc Henri a rappelé quant à lui, l'importance du fait culturel dont la notion de langue est primordiale.

"En 50 ans, mon pays a évolué de manière spectaculaire et a réussi à créer une société harmonieuse à travers son multilinguisme. La Francophonie est une des clés de notre Histoire dans notre rapport avec les étrangers qui vivent au Luxembourg".

Le Grand-Duc a cité dans son discours un des fondateurs de l'Europe, Jean Monnet: "Si c'était à refaire, je recommencerais par la culture", rappelant ainsi qu'avant d'être économique, sociale ou politique, L'Europe est culturelle.

"Le multilinguisme du Luxembourg est comparable à ce qui se passe dans d'autres parties du monde, comme par exemple, en Afrique", a-t-il conclu.

"Un bon bout de chemin parcouru en 50 ans"

Les parlementaires de l'APF se réunissent une fois par an. Fondée au Luxembourg il y a 50 ans, c'est la troisième fois cette année qu'elle se déroule au Luxembourg.
Les parlementaires de l'APF se réunissent une fois par an. Fondée au Luxembourg il y a 50 ans, c'est la troisième fois cette année qu'elle se déroule au Luxembourg.
Chris Karaba

Autre ton politique donné à l'évènement, le discours du président de la Chambre des députés, Mars di Bartolomeo. Après les questions touchant à l'inclusion et la cohésion sociale, c'est la cause des femmes qui a été mise en avant: "L'APF est née au Luxembourg en 1967 et elle était à l'époque essentiellement composée d'hommes. En 50 ans, elle a parcouru un bon bout de chemin et aujourd'hui, la parité est pratiquement respectée. Elle nous donne l'exemple de ce que peut être l'évolution d'une assemblée dédiée au bien de la communauté".

Et Mars di Bartolomeo de conclure: "La Francophonie fait de nous une famille unie dans sa diversité par des valeurs communes qui combattent l'oppression et oeuvrent pour un monde plus juste et en paix".


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