Changer d'édition

Xavier Bettel, défenseur des fonctionnaires européens
Luxembourg 2 min. 13.01.2020

Xavier Bettel, défenseur des fonctionnaires européens

Face à Ursula von der Leyen, Xavier Bettel a pourfendu les coupes budgétaires dans la fonction publique européenne.

Xavier Bettel, défenseur des fonctionnaires européens

Face à Ursula von der Leyen, Xavier Bettel a pourfendu les coupes budgétaires dans la fonction publique européenne.
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 2 min. 13.01.2020

Xavier Bettel, défenseur des fonctionnaires européens

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
À l'occasion de la première visite de la nouvelle présidente de la Commission européenne, le Premier ministre n'a pas hésité, lundi, à s'opposer à l'idée de réduire la voilure dans la fonction publique. Une idée pourtant accueillie positivement au sein de la plupart des autres pays membres.

La première visite au Luxembourg d'Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, aura été l'occasion pour Xavier Bettel (DP) de faire passer plusieurs messages. Si le Premier ministre a réaffirmé son statut d'«allié fidèle» de la Commission dans sa lutte contre le réchauffement climatique ou la concrétisation du Brexit, il entend se différencier sur une question passée inaperçue ces derniers mois. Celle d'une éventuelle taille dans le budget global alloué à la fonction publique européenne.

Évoquée par la présidence finlandaise du Conseil européen dans le cadre du budget de l'UE pour la période 2021-2027, l'idée se concrétiserait par une baisse «de deux milliards d'euros» dans le budget de fonctionnement, selon les chiffres avancés par le Premier ministre luxembourgeois. Un chef de gouvernement qui assure être «l'un des rares» à s'opposer à cette mesure présentée comme «inacceptable». En clair, Xavier Bettel estime qu'une baisse du nombre de fonctionnaires européens ne serait «tout simplement pas compatible avec les ambitions européennes qui sont de plus en plus hautes». 


Les fonctionnaires européens affectés au Luxembourg s'estiment lésés par rapport à leurs collègues de Bruxelles en raison du coût de la vie plus élevé au Grand-Duché
Le coup de gueule des fonctionnaires européens
Les employés des institutions de l'UE affectés au Luxembourg refusent d'être mis sur un pied d'égalité par rapport à leurs collègues de Bruxelles (ou Strasbourg), en raison du coût de la vie plus élevé au Grand-Duché.

Une référence indirecte aux priorités pour les cinq prochaines années d'Ursula von der Leyen qui assurait, en décembre dernier, vouloir mettre en oeuvre «des mesures audacieuses» pour réduire les émissions de CO2 ou donner à l'UE un poids diplomatique et politique capable de peser face aux États-Unis et à la Chine. Pour le Premier ministre luxembourgeois, réduire le nombre de fonctionnaires européens serait donc contre-productif pour les 27. Mais cette proposition impacterait également directement le Grand-Duché, capitale européenne aux quelque 12.600 fonctionnaires de l'UE.

Répartis entre Commission, Parlement ou bien encore Cour de justice, ces derniers ne cachent d'ailleurs plus leur blues en raison de différences de pouvoir d'achat par rapport à Bruxelles. La faute, selon leurs représentants, au prix des loyers et des produits de la vie courante en vigueur au Grand-Duché. Pour y remédier, Jean Asselborn avait proposé, fin 2019, la mise en place d'un coefficient correcteur. Une option envisagée par la Commission, mais pas avant 2022. Face à la prise de position officielle du Grand-Duché sur le sort des fonctionnaires, Ursula von der Leyen a assuré «avoir besoin de l'expertise des quelque 32.000 fonctionnaires qui travaillent pour la Commission», sans toutefois prendre d'engagement sur le budget. 

Pour mémoire, cette dernière se trouve au Luxembourg également dans le cadre de l'assermentation officielle de la nouvelle Commission européenne devant la Cour de justice de l’Union européenne, comme l'exigent les traités européens.


Sur le même sujet

Luxembourg sur la route de von der Leyen
La présidente de la Commission européenne a rendez-vous avec le Premier ministre Xavier Bettel, ce lundi. Une halte au Grand-Duché au cœur d'une tournée des capitales de l'Union.
European Commission President Ursula von der Leyen speaks during a joint press conference with Croatian Prime Minister at the National and University Library in Zagreb, Croatia, on January 10, 2020. (Photo by Denis LOVROVIC / AFP)
Le coup de gueule des fonctionnaires européens
Les employés des institutions de l'UE affectés au Luxembourg refusent d'être mis sur un pied d'égalité par rapport à leurs collègues de Bruxelles (ou Strasbourg), en raison du coût de la vie plus élevé au Grand-Duché.
Les fonctionnaires européens affectés au Luxembourg s'estiment lésés par rapport à leurs collègues de Bruxelles en raison du coût de la vie plus élevé au Grand-Duché
UE: un sommet à 27 pour débattre du budget post-Brexit
Les dirigeants européens vont débattre vendredi pour la première fois, à 27, du budget de l'UE après 2020 et le départ du Royaume-Uni, et se pencher sur le mode de désignation du successeur de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission, un enjeu qui divise.
La promesse de Juncker après le Brexit: Que deviendront les 500 fonctionnaires européens britanniques?
La question est sur toutes les lèvres. Aux fonctionnaires européens britanniques, Jean-Claude Juncker a promis: la «porte ne se referme pas sur vous». Selon le président de l'USL, le plus grand syndicat de fonctionnaires européens, ils seraient «près de 500» au Kirchberg et dans d'autres quartiers de Luxembourg. Pour Miguel Vicente Nuñez «on peut s'attendre à deux ou trois mois très durs...»
Au lendemain du référendum ayant conduit au Brexit, le drapeau britannique flotte toujours sur le parvis des diverses institutions européennes établies à Luxembourg-Kirchberg.
Le ton monte: Juncker tacle Renzi et Cameron
Le nouveau président de la Commission accuse MM. Renzi et Cameron de mentir à leurs citoyens, estimant que ce dernier a "un problème" avec d'autres dirigeants. Le Premier ministre italien a exigé du "respect" pour l'Italie de la part de la Commission, après avoir annoncé son intention de mettre sur la place publique le coût des institutions européennes, affirmant: "On va bien s'amuser."
Jean-Claude Juncker à Bruxelles, le 5 novembre