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Xavier Bettel à Strasbourg: «Arrêtons de pénaliser notre propre continent»
Luxembourg 1 4 min. 30.05.2018

Xavier Bettel à Strasbourg: «Arrêtons de pénaliser notre propre continent»

Xavier Bettel à Strasbourg: «Arrêtons de pénaliser notre propre continent»

AFP
Luxembourg 1 4 min. 30.05.2018

Xavier Bettel à Strasbourg: «Arrêtons de pénaliser notre propre continent»

Sophie WIESSLER
Sophie WIESSLER
Ce mercredi 30 mai, le Premier ministre, Xavier Bettel, s’est rendu au Parlement européen à Strasbourg, afin d’intervenir en session plénière sur le futur de l’Europe.

En amont de la séance plénière, le Premier ministre a eu une entrevue bilatérale avec le président du Parlement européen, Antonio Tajani, pour discuter des grands dossiers de l’actualité politique européenne.

Lors de la session plénière du Parlement européen, Xavier Bettel a présenté ses idées quant à l’avenir de l’Europe.«Le Luxembourg et les Luxembourgeois soutiennent pleinement et entièrement l’Union européenne», a-t-il souligné lors de son intervention. «L’Union européenne a donné à nos pays la plus longue période de paix jamais connue sur notre continent et il faut l’estimer à sa juste valeur».

Le Premier ministre a cependant constaté que l’Union européenne a besoin d’un nouvel élan. «Accélérons notre marche vers une Union européenne plus intégrée», a lancé Xavier Bettel lors de son discours, en ajoutant: «Accélérons-la surtout en la rendant plus conforme aux attentes de nos citoyens.»

Il a estimé qu’il est crucial de rendre l’Union européenne plus forte et de lui conférer les moyens et capacités pour lui permettre de répondre aux défis actuels et futurs. «C'est justement l'Union qui protège aujourd’hui notre souveraineté dans un monde globalisé».

«Je suis convaincu que les événements successifs des dernières années, le printemps arabe, la guerre en Libye, la crise des réfugiés, l’insécurité croissante dans la région du Sahel, et surtout la guerre en Syrie, sans oublier les actes terroristes dans nos villes, marquent un tournant qui appelle à un renforcement de l’action de l’UE. Nous devons nous doter du même courage que nos prédécesseurs et prendre les décisions qui s'imposent face à ces défis pour maintenir une Europe politiquement et économiquement forte, libre et ouverte sur le monde.»

Renforcer le marché unique

Au sujet de la compétitivité, le Premier ministre a rappelé qu’une Europe compétitive, prospère et ouverte sur le monde constitue le meilleur garant pour protéger le modèle social européen.

À cette fin, il faudra renforcer le marché unique et mettre en oeuvre notamment le marché numérique digital, l’approfondissement de l’Union économique et monétaire et un véritable espace européen de l’innovation.

«Accélérons notre marche vers l’Europe avec confiance et audace. Notre monde est en changement et l’Union européenne constitue la meilleure garantie pour notre souveraineté collective et l’épanouissement de nos citoyens», a-t-il poursuivi.

«Eviter les solutions provisoires»

Un sujet a toutefois amené un débat au sein de l'hémicycle strasbourgeois. La Commission européenne a en effet présenté fin mars une proposition qui prévoit une taxe sur le chiffre d'affaires des géants du net, comme Facebook et Amazon, le temps qu'une solution soit trouvée à l'échelle mondiale.

Mais les petits pays comme Malte, l'Irlande et le Luxembourg, accusés de tirer profit de leur fiscalité avantageuse vis-à-vis de ces entreprises, sont opposés à cette solution. Et le Premier ministre l'a à nouveau fait savoir ce mercredi à Strasbourg.

"Nous devrions éviter les solutions provisoires à court terme qui rendent les décisions permanentes encore plus difficiles à prendre. Arrêtons de vouloir pénaliser notre propre continent", a-t-il martelé, craignant que des sociétés quittent l'Europe à cause d'une telle taxe "qui n'existe pas ailleurs".

"Le Luxembourg est tout à fait d'accord que les Gafa doivent être taxés, (...) mais une solution globale au niveau de l'OCDE doit être prise", a-t-il nuancé, sous l’œil du président de la Commission, Jean-Claude Juncker.

"Cette taxation devrait être compatible avec la nécessité de maintenir et de renforcer la compétitivité mondiale de l’UE».

«Equité fiscale» pour Juncker 

"Il s'agit d'équité fiscale", lui a alors répondu le président de la Commission européenne, dans l'hémicycle européen. "On ne peut pas continuer à accepter que les géants de l'internet payent 8% d'impôts et que les PME payent 30%. C'est injuste et inéquitable, il faut rectifier le tir", a-t-il ajouté.

Le texte de la Commission, ardemment défendu par la France, prévoit dans un premier temps de taxer à hauteur de 3% les revenus - et non les bénéfices - générés par l'exploitation d'activités numériques. Cette taxe ne visera que les groupes dont le chiffre d'affaires annuel mondial s'élève à plus de 750 millions d'euros et dont les revenus dans l'UE excèdent 50 millions d'euros.

Les Français se sont fixé l'objectif d'adopter cette proposition au plus tard début 2019. Outre cette mesure "ciblée", la Commission a proposé une réforme de fond des règles relatives à l'imposition des sociétés, qui prendrait le relais de la première proposition de "court terme". Cette proposition permettrait aux pays de l'UE de taxer les bénéfices réalisés sur leur territoire même si une entreprise n'y est pas présente physiquement. 

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