«Votre approche est hautement regrettable»

Le président de l'UEL (qui quitte la table) a envoyé une lettre sur les intentions qu'il avait pour discuter lors de la Tripartite manquée
Le président de l'UEL (qui quitte la table) a envoyé une lettre sur les intentions qu'il avait pour discuter lors de la Tripartite manquée
Photo: Guy Jallay

A défaut d'avoir pu participer à la Tripartite annulée, vendredi, l'UEL distille son message, dans une lettre ouverte adressée aux présidents des trois syndicats qui se sont désistés. L'UEL rappelle son attachement au modèle luxembourgeois et reproche aux syndicats d'avoir refusé la discussion en cette période où « nous vivons la plus grave crise économique de l'après-guerre ».

« La recherche du consensus en ce moment est d'autant plus indispensable qu'il s'agit de sauvegarder la cohésion au sein de notre société et d'assurer le progrès social. Il y va de l'avenir de notre pays ». C'est en ces termes que le président de l'Union des entreprises luxembourgeoises, Michel Wurth, conclue sa lettre ouverte de trois pages.

Après le rendez-vous manqué de la Tripartite vendredi - rappelons que les syndicats avaient exigé que l'UEL reviennent sur ses propositions de sujets à discuter et qu'ils jugeaient inacceptables – l'UEL tient, d'une part, à assurer les syndicats de l'attachement des organisations patronales au modèle luxembourgeois. Et estime, d'autre part, que les syndicats ont eu « une approche hautement regrettable » qui « tend à compromettre le modèle Tripartite ».

Le «paradoxe du marché du travail luxembourgeois»

L'UEL aurait aimé aborder la question du « paradoxe du marché du travail luxembourgeois ». A savoir, la création d'un grand nombre d'emplois alors que parallèlement « le chômage a triplé au cours des quinze dernières années ». « Quand on sait que notre salaire social minimum est sensiblement plus élevé que le salaire médian en France, toute augmentation de celui-ci attire davantage de personnes bien formées à postuler pour un emploi à Luxembourg », écrit Michel Wurth.

Alors qu'en même temps, « cette réalité du marché de l'emploi diminue d'autant les chances de nos concitoyens, qui n'ont pas de diplôme ou sont exclus du marché, à trouver un emploi». Ce qui amène le président de l'UEL à conclure que, vu le faible niveau de qualification de la moitié des demandeurs d'emploi, « il ne convient pas de renchérir de manière inconsidérée et automatique le coût de ces travailleurs pour les entreprises ». L'UEL vise par là à «combattre l'exclusion et le chômage structurel ».

Mais l'UEL se dit aussi prête à discuter en Tripartite du sort de ceux qui ont le plus besoin de leur pouvoir d'achat et qui risque de le voir diminuer en cas de réforme de l'indexation ou de fixation du salaire social minimum. Elle préconise de voir comment compenser la perte de pouvoir d'achat « par des transferts sociaux visant en particulier à réduire le coût du logement ».