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«Voir le dépistage comme une contribution à la société»
Luxembourg 4 min. 09.06.2020

«Voir le dépistage comme une contribution à la société»

«Si tous les citoyens se soumettent au test, il coûtera 30 euros par personne», dit le Dr Ulf Nehrbass

«Voir le dépistage comme une contribution à la société»

«Si tous les citoyens se soumettent au test, il coûtera 30 euros par personne», dit le Dr Ulf Nehrbass
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 4 min. 09.06.2020

«Voir le dépistage comme une contribution à la société»

Le testing à large échelle est actuellement le moyen le plus sûr de pouvoir contenir le virus, selon Ulf Nehrbass, directeur de l'Institut luxembourgeois de la santé. Car si une chaîne d'infection devait apparaître, il serait alors possible de la détecter et d'intervenir rapidement.

(JFC, avec Diane Lecorsais) - Malgré quelques retards à l'allumage, la vaste campagne de dépistage massif lancée par le gouvernement luxembourgeois court du 27 mai au 28 juillet. L'opération vise à réaliser quelque 20.000 tests quotidiens. Le Dr Ulf Nehrbass, directeur de l'Institut luxembourgeois de la santé (LIH) et porte-parole de la Task Force nationale covid-19 est convaincu que cette action portera ses fruits.

Dr Nehrbass, le nombre de nouveaux cas positifs est chaque jour inférieur à la dizaine, et ce depuis plusieurs semaines. Où est passé le virus?

Ulf Nehrbass - «Comme dans tous les mouvements de croissance exponentielle, la courbe monte très vite et redescend tout aussi vite. Grâce à l'étude Con-Vince, nous savons que la prévalence - soit le nombre de personnes infectées dans la population - est maintenant de 0,08, ce qui est très peu. Toutefois, cela signifie aussi que plusieurs centaines de personnes sur l'ensemble de la population du Luxembourg sont toujours porteuses du virus. Elles peuvent donc encore le transmettre.

Combien sont-elles exactement?

«Il s'agirait d'environ 400 à 500 personnes toujours contagieuses. Si ces dernières continuent à suivre les règles d'hygiène, elles n'infecteront alors plus personne ou très peu, et ce réservoir disparaîtra. Mais nous comptons aussi de nombreux travailleurs transfrontaliers qui viennent de régions où la prévalence est plus élevée, de sorte que le virus pourrait être réintroduit. Ne perdons pas de vue qu'il est toujours là, et si on lui en donne la possibilité, il fera ce qu'il aime faire, à savoir se reproduire.


(FILES) In this file photo taken on May 21, 2020, a health worker takes a swab from a school worker while testing for COVID-19 coronavirus, at a school in the capital Nicosia on the first day of educational facilities re-opening following the easing of a lockdown due to the COVID-19 coronavirus pandemic. - Cyprus hopes to attract tourists after its coronavirus lockdown by paying the medical costs of anyone who tests positive for COVID-19 while holidaying on the island, officials said on May 27. The plan was outlined in a letter to tour operators and airlines detailing the health and safety protocols Cyprus is implementing to ensure the safety of its tourism sector. (Photo by Iakovos Hatzistavrou / AFP)
Tester pour un déconfinement contrôlé
Alors que les autorités s'apprêtent à lancer une vaste campagne de dépistage avec l'ambition d'atteindre la capacité maximale de 20.000 tests quotidiens, la ministre de la Santé a dévoilé les premiers résultats des analyses effectuées dans la construction, l'enseignement et les maisons de soins.

Une seconde vague reste donc toujours possible?

«Grâce au confinement et aux mesures d'hygiène, nous avons pu réduire considérablement le nombre de cas et nous voulons persister dans cette voie. Mais prenons le cas d'une personne asymptomatique qui a beaucoup de contacts, qui par exemple, travaille dans un salon de coiffure ou dans la restauration. A ce moment-là, nous pourrions rapidement revenir à un scénario d'une "super-diffusion". Nous savons à présent que 80% des personnes touchées ont été infectées par deux à dix pour cent de leurs semblables. Il existe des "super-épandeurs" qui contribuent de manière extrême à briser les chaînes d'infection, comme ce fut le cas à Ischgl, en Autriche.

C'est la raison pour laquelle le gouvernement a lancé la campagne de tests à grande échelle...

«Avec les tests à grande échelle, nous cherchons constamment à savoir s'il existe de nouvelles chaînes d'infection et, si oui, où et comment nous pouvons ensuite les interrompre. Nous observons la population en général, mais nous regardons aussi de près les professions où les gens ont beaucoup de contacts entre eux. Si ces tests sont tous négatifs maintenant, alors c'est bien. Si nous pouvons seulement dépister cinq ou dix personnes positives cet été et les isoler, alors je pense que l'opération sera couronnée de succès. J'imagine qu'avant qu'un vaccin ne soit mis au point ou que tout le monde soit immunisé, ces tests vont continuer.


Lok , Bascharage , Coronavirus , Drive In Test Coronavirus  , Sars-CoV-2 , Covid-19 , Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort
Le dépistage massif cherche son rythme de croisière
Si le lancement de la vaste campagne de testing à grande échelle a connu quelques retards à l'allumage, tout est désormais en ordre. Que ce soit les centres, les invitations ou encore le matériel, il n'y a pas de problème selon le Luxembourg Institute of Health.

Maintenant, ces tests représentent toujours un cliché instantané...

«Exactement. Vous regardez cet instantané, mais vous le regardez dans un grand groupe en un instant. Ce qui est important, c'est qu'il ne s'agit pas de pouvoir dire à une seule personne qu'elle n'est pas infectée. L'important, c'est d'être capable de voir constamment s'il y a une chaîne d'infection qui se met en place dans un groupe. Nous avons besoin de cet aperçu constant de la société. Si tout le monde participe et que nous ne trouvons rien, alors les gens pourront passer l'été en toute sécurité. Nous avons d'ailleurs lancé une campagne sous le slogan "Votre test, notre été". Le message est clair: si vous vous faites tester systématiquement, nous saurons si quelque chose se reproduit quelque part et nous pourrons l'arrêter rapidement.

Vous paraissez raisonnablement confiant...

«Je pense que cette campagne de tests est comme une alarme incendie. Cette surveillance est une chose importante. Nous devons également garder les coûts à l'esprit. Si tous les citoyens se soumettent au test, ce qui serait bien, il coûtera 30 euros par personne. Si nous devions subir un second confinement, cela coûterait alors 3.000 euros par personne et par mois! Nous devons faire en sorte que les gens considèrent le dépistage comme une contribution à la société.»

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