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Violences «inacceptables» à Gaza: Jean Asselborn convoque l’ambassadrice d’Israël

Violences «inacceptables» à Gaza: Jean Asselborn convoque l’ambassadrice d’Israël

Photo: AFP
Luxembourg 1 2 min. 16.05.2018

Violences «inacceptables» à Gaza: Jean Asselborn convoque l’ambassadrice d’Israël

Suite aux «violences inacceptables commises récemment dans la bande de Gaza», Jean Asselborn, ministre des Affaires étrangères, a convoqué l'ambassadrice d’Israël, Simona Frankel, à son ministère à Luxembourg.

(MF avec AFP) – Le ministre des Affaires étrangères et européennes veut évoquer avec l'ambassadrice d'Israël «l'usage disproportionné de la force contre des civils palestiniens dans la bande de Gaza, qui a fait plus de 50 morts et des centaines de blessés dans la seule journée du 14 mai 2018, et les propos publics tenus à cet égard par l'ambassadrice d'Israël», explique le ministère des Affaires étrangères et européennes dans un communiqué daté de ce mercredi après-midi.

Le ministère fait ici référence aux propos tenus mardi, au lendemain du bain de sang à la frontière de la bande de Gaza, par Simona Frankel au micro de Matin première sur la RTBF. Face au journaliste Thomas Gadisseux, l'ambassadrice d'Israël a calmement expliqué puis soutenu que «les 55 morts de la bande de Gaza étaient tous des terroristes».

«Le Luxembourg condamne fortement l'usage disproportionné de la force contre des civils et demande une enquête internationale indépendante. Tout doit être fait pour éviter de nouveaux actes de violence», pose le ministère des Affaires étrangères.


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Jean Asselborn se joint aux appels de la communauté internationale, notamment à l’appel du secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, pour que les acteurs sur le terrain et les responsables dans la région «fassent preuve de calme et de retenue afin d'éviter une nouvelle éruption de violence et toute autre action qui ne ferait qu’éloigner la perspective d’une paix juste et durable au Proche-Orient».

Une vague de réprobations

Au lendemain de la journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis 2014, Israël a vu le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Belgique et la Suisse soutenir l'idée d'investigations lancée par le secrétaire général de l'ONU dès fin mars, quand avait commencé la mobilisation gazaouie par une première journée sanglante. Mais Israël a aussi vu le grand allié américain lui renouveler son ferme soutien au Conseil de sécurité de l'ONU.

L'Etat hébreu, pour qui lundi avait été une journée de célébrations avec l'inauguration festive de l'ambassade américaine à Jérusalem et le 70e anniversaire de sa création, faisait face mardi aux retombées diplomatiques de la crise gazaouie. Les relations déjà compliquées avec la Turquie se sont envenimées, Ankara renvoyant l'ambassadeur israélien et Israël ripostant de même avec le consul général turc à Jérusalem.


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La Ligue arabe a appelé le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) à ouvrir une enquête sur «les crimes de l'occupation israélienne». Dès lundi soir, la Turquie et l'Afrique du Sud avaient décidé le rappel de leur ambassadeur. Dans leur sillage, l'Irlande et la Belgique ont convoqué l'ambassadeur israélien.

Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU et Amnesty International, deux des bêtes noires d'Israël, sont allés jusqu'à évoquer des «crimes de guerre». Le Conseil des droits de l'Homme va tenir une réunion extraordinaire vendredi.


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