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Violence et inégalités au travail, des urgences absolues
Luxembourg 3 min. 18.07.2019

Violence et inégalités au travail, des urgences absolues

L'exposition à la violence, le harcèlement et les abus sont considérés par les répondants de la consultation en ligne comme la priorité absolue.

Violence et inégalités au travail, des urgences absolues

L'exposition à la violence, le harcèlement et les abus sont considérés par les répondants de la consultation en ligne comme la priorité absolue.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 3 min. 18.07.2019

Violence et inégalités au travail, des urgences absolues

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
Initiée par le ministère de l’Egalité entre les femmes et les hommes, la consultation publique a mis en relief l’urgence d’apporter des réponses aux violences sur le lieu de travail et aux inégalités de salaire et de pension.

Mise en ligne durant trois semaines, du 17 juin au 7 juillet, une consultation en ligne, initiée par le ministère de l’Egalité des chances, a permis à 1.777 personnes, résidentes ou actives sur le marché de l’emploi au pays, de s’exprimer sur des questions d’égalité entre les femmes et les hommes.

La ministre Taina Bofferding (LSAP) a présenté, ce jeudi, les résultats de ce sondage.

Pour la grande majorité des personnes qui ont répondu à cette enquête, il ressort en premier lieu deux urgences: apporter des réponses à l’exposition à la violence, au harcèlement et aux abus, ainsi que remédier aux différences de rémunération et de possibilité d’évolution professionnelle.

L’intérêt porté aux violences exercées au travail est toutefois plus vif pour les femmes (74%) que pour les hommes (61%).

Quant aux inégalités salariales, ce sont aussi les femmes qui se sont montrées les plus concernées par la question (72% contre 38% pour les hommes).

«L’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas un sujet abstrait. Elle se vit au quotidien, elle influence notre vivre-ensemble et les possibilités de développement personnel de chacun», a commenté la ministre.


La discrimination autour de la fiche de paye perdure
«A travail égal, salaire égal.» Cette revendication est loin d’être une réalité comme le démontre la dernière étude de l'Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes (EIGE) publiée cet été.

Le questionnaire était disponible en cinq langues (les trois langues officielles du Luxembourg plus l'anglais et le portugais) et parmi la dizaine de questions à choix multiple et ouvertes, le moyen le plus approprié pour lutter contre les différente formes de violences au travail est d’entamer un travail de sensibilisation dès le plus jeune âge dans les écoles (77%).

Renforcer la responsabilisation des auteurs et les mesures d’accompagnement ou répressives arrive en deuxième position (59%) des réponses des résidents et frontaliers.

Introduire des lois et des contrôles plus stricts pour une rémunération identique, pour un travail identique, est considéré comme le moyen le plus approprié pour éliminer les écarts de salaires et de pensions.

Les familles monoparentales (55%) et les citoyens ressortissants d’autres sphères culturelles (44%) sont estimés comme les plus vulnérables aux inégalités de traitement entre femmes et hommes.

Les réponses ne diffèrent guère entre les quatre tranches d’âge identifiées.

Les métiers techniques ou technologiques (62%), le comportement dans les rues et les espaces publics (51%) et le sport (42%) sont jugés comme les trois principaux domaines où l’égalité entre les sexes n’est pas encore assez thématisée et promue.


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Compte tenu des écarts de salaire entre hommes et femmes, symboliquement, à partir de ce mardi, les Françaises travaillent "bénévolement": une image forte pour prendre conscience de l'ampleur de cette injustice sociale.

Au niveau politique, sensibiliser et encourager davantage les femmes à participer à la vie publique est le moyen le plus indiqué pour arriver à une représentation plus équilibrée pour les participants à cette consultation (65%).

Le ministère de l’Egalité intégrera les réflexions et le ressenti du public dans la future élaboration du Plan d’action national à l’égalité (PAN Egalité).

«Ce dialogue avec le grand public est important. Il permet de renforcer notre travail. C’est ensemble que nous réussirons à établir une véritable égalité au quotidien», a conclu Taina Bofferding.

La présentation des grands axes de réflexion qui émanent de la consultation en ligne fait suite à la dernière étude de l'Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes (EIGE) qui a de nouveau mis en exergue les disparités de traitement selon les sexes.