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Viande labellisée: «La nature sur votre table»
Luxembourg 2 min. 04.09.2018 Cet article est archivé

Viande labellisée: «La nature sur votre table»

Les bovins du programme Naturschutz Fleesch se promènent librement toute l'année et ont une alimentation plus variée que dans un pâturage standard.

Viande labellisée: «La nature sur votre table»

Les bovins du programme Naturschutz Fleesch se promènent librement toute l'année et ont une alimentation plus variée que dans un pâturage standard.
Photo: Guy Jallay
Luxembourg 2 min. 04.09.2018 Cet article est archivé

Viande labellisée: «La nature sur votre table»

Avez-vous déjà acheté de la viande labellisée «Naturschutz Fleesch» à la caisse d'un magasin Delhaize? Cette dernière, qui promet une qualité supérieure, est issue d'exploitations agricoles «extensives» qui, partout au Luxembourg, élèvent des bovins dans des zones protégées, dans le respect de l'environnement.

Par Jean Vayssières   

Le mardi 28 août dernier, à l'approche de midi, une odeur de barbecue plane sur les champs au sud-est d'Esch/Alzette, à quelques kilomètres de Tétange. À l'abri d'un parasol, dans la zone protégée «Léiffrächen», on fait griller steaks et saucisses, mais pas n'importe lesquels: il s'agit de viande labellisée «Naturschutz Fleesch», originaire d'ici même, où les vaches ruminent sous le soleil. 

La zone protégée Léiffrächen est située au sud-est d'Esch-sur-Alzette, sur les hauteurs, entre Tétange, Kayl et Rumelange.
La zone protégée Léiffrächen est située au sud-est d'Esch-sur-Alzette, sur les hauteurs, entre Tétange, Kayl et Rumelange.
Guy Jallay

On en trouve déjà dans les rayons des magasins de grande distribution belge Delhaize: le produit «Naturschutz Fleesch» promet un goût et une qualité exemplaires. Il est issu de trois espèces bovines différentes: Angus, Galloway et Highland Cattle. Des vaches qui, tout au long de leur vie, ont vécu en liberté, libres de parcourir les champs sans connaître les murs d'une étable. Et pour cause: elles évoluent au sein de ce que l'on appelle une «exploitation agricole extensive», un type d'agriculture qui privilégie la protection de la biodiversité à la productivité, aux antipodes de l'élevage intensif. 

«Concilier les enjeux de l'agriculture et de l'environnement»

Le label est issu d'un projet, orchestré conjointement par le ministère de l'Environnement et l'Administration de la Nature et des Forêts (ANF). Créé par l'ANF, il a pour but, entre autres, de «prouver qu'il est possible d'installer une exploitation agricole au sein d'une zone protégée», selon la ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg. 

La ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg, était présente à la présentation de la zone protégée Léiffrächen, en compagnie de quelques élus, ce mardi 28 août.
La ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg, était présente à la présentation de la zone protégée Léiffrächen, en compagnie de quelques élus, ce mardi 28 août.
Guy Jallay

«Nous sommes ici dans une zone Natura 2000, qui deviendra bientôt une zone protégée», explique-t-elle. «Et pourtant, on y trouve un élevage bovin. Pas un élevage intensif, mais quelque chose de plus petite envergure, pour une meilleure qualité de produit: avec cette viande, vous avez la nature sur votre table !» Ici, les vaches mangent une centaine de variétés d'herbe différentes, contre une dizaine dans les champs standard.   

«Le rôle de l'ANF dans tout cela, c'est de se demander comment utiliser un terrain agricole de la façon la plus écologique possible», poursuit Michel Leytem, ingénieur nature et forêts à l'ANF. «Dans ce petit pays qu'est le Luxembourg, le problème, c'est la surface. Il existe de nombreuses zones protégées et il serait dommage de ne pas pouvoir y installer d'exploitations agricoles. C'est pour cela que nous avons développé ce projet, qui concilie les enjeux de l'agriculture et de l'environnement». 

Des bénéfices économiques, écologiques et qualitatifs

Aux quatre coins du Luxembourg, une centaine d'agriculteurs ont adopté la manière Naturschutz Fleesch, sur un total de 2.800 hectares de zones protégées. En découle un bénéfice triple: écologique, car la non-utilisation de pesticides et l'absence de labourage protègent la terre et l'eau, mais également économique, car l'exploitation ne dépense pas en machines et en produits chimiques.

L'exploitante de la zone n'en est pas propriétaire: le terrain appartient à l'État.
L'exploitante de la zone n'en est pas propriétaire: le terrain appartient à l'État.
Photo: Guy Jallay

Enfin, ce choix joue en la faveur du bien-être animal, car les bovins vivent leur vie dans de bonnes conditions. «Au début du projet, il était difficile d'intéresser les agriculteurs. Aujourd'hui, beaucoup veulent démontrer qu'on peut faire un bon produit, viable économiquement et raisonnable écologiquement», résume la ministre. 

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