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Vers une meilleure réinsertion des détenus
Luxembourg 3 min. 12.05.2021

Vers une meilleure réinsertion des détenus

Derrière les barreaux, les détenus qui le souhaitent pourront apprendre les bases de la menuiserie, de la restauration ou du maraîchage.

Vers une meilleure réinsertion des détenus

Derrière les barreaux, les détenus qui le souhaitent pourront apprendre les bases de la menuiserie, de la restauration ou du maraîchage.
Photo: AFP
Luxembourg 3 min. 12.05.2021

Vers une meilleure réinsertion des détenus

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
A partir de 2023, les personnes incarcérées pourront bénéficier d'un suivi personnalisé et de modules de formation professionnelle. Un dispositif visant à limiter le risque de récidives.

Il n'y a pas qu'en termes de constructions que le système carcéral luxembourgeois est appelé à se transformer. En effet, l'administration pénitentiaire a pour projet d'améliorer la réinsertion de ses détenus. Présenté mercredi en commission de la Justice, le programme tient en trois mots: personnalisation, éducation et formation.


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Ainsi, dès son arrivée en prison chaque détenu se verra proposer un suivi psychologique pour établir un projet de vie individuel. «Il s'agit de comprendre les causes qui ont amené ces personnes derrière les barreaux, pour mieux les résoudre», explique Charles Margue. Et le président de la commission de la Justice de préciser que la démarche «se fera uniquement sur la base du volontariat, comme tout acte thérapeutique». 

Ce premier diagnostic doit permettre aux équipes de proposer un éventuel traitement au détenu, puis de travailler à sa réinsertion. Une fois cette sorte de contrat passé, l'administration pénitentiaire s'attachera à «pallier l'urgence» en termes d'éducation, indique Serge Legil. Selon le directeur de l'administration pénitentiaire «beaucoup de détenus ne maîtrisent pas les bases du calcul ou de l'écrit par exemple, en raison de leurs origines notamment». Ces cours de rattrapage devraient être majoritairement proposés dans la future prison de Sanem, où seront placées les personnes en détention provisoire. 

«Eux-mêmes ne savent pas s'ils resteront un jour ou six mois, ce qui ne permet pas un engagement plus poussé en termes d'apprentissage», souligne le directeur. Autrement dit à ce stade, aucune formation sur le long terme ne peut être envisagée puisque la majorité des détenus sont des prévenus. «Mais cette étape est déjà fondamentale pour avoir le sentiment d'appartenir à la société», note Serge Legil.

En revanche une fois la sanction pénale tombée, les détenus auront bel et bien l'opportunité de se former dans des domaines plus précis. Si jusque-là les formations étaient pensées «de manière globale», elles s'adapteront dès 2023 aux réalités du monde du travail. «Le ministère de l'Education dresse actuellement la liste des professions qui manquent de main-d'œuvre», indique Serge Legil. La restauration, le maraîchage ou encore la menuiserie font d'ores et déjà partie des secteurs déjà identifiés. 

Des formations reconnues à l'extérieur

«Avec l'espace que nous allons dégager, nous allons pouvoir réorganiser physiquement nos formations», poursuit le directeur de l'administration pénitentiaire en référence à la construction de la prison de Sanem, qui doit soulager celle de Schrassig de 300 détenus.

Dispensées sous forme de modules de quelques mois, les compétences acquises lors de ces formations seront validées, afin d'être reconnues à l'extérieur. «Nous délivrerons aux détenus des certifications qui prouveront les aptitudes et l'autonomie de celles et ceux que nous aurons formés pour leur retour à la vie extérieure», promet le directeur. 


Gefängnis - Prison - gefangenschaft - strafvollzug - Schrassig - Gefangener  - prisonnier-Détenu - Uhaft - u-haft -  Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
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Pour rappel, ce projet s'inscrit dans la réforme du système carcéral initiée en 2018. Celle-ci vise à mettre en place des prisons «plus dignes et plus humaines», pour limiter le taux de récidive.

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