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Vers un «observatoire de la violence» au Luxembourg?
Luxembourg 3 min. 25.09.2019 Cet article est archivé

Vers un «observatoire de la violence» au Luxembourg?

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Luxembourg 3 min. 25.09.2019 Cet article est archivé

Vers un «observatoire de la violence» au Luxembourg?

Sophie WIESSLER
Sophie WIESSLER
Alors que le nombre de plaintes pour violences domestiques repart à la hausse en 2018, le ministère de l'Egalité entre les femmes et les hommes a présenté ce mercredi sa nouvelle campagne de prévention. Et de nouveaux objectifs.

«La violence n'est pas une affaire privée». Tel est le nouveau credo de la ministre de l'Egalité entre les femmes et les hommes, Taina Bofferding (LSAP). Deux années après le scandale «Me Too» et alors que la notion de «féminicides» prend de l'ampleur dans plusieurs pays d'Europe, le ministère continue en effet de plancher sur le dossier.

Il faut dire que les dernières statistiques recueillies par le «Comité de coopération entre les professionnels dans le domaine de la lutte contre la violence», présentées ce mercredi matin, font état de 739 appels à la police pour des faits de violence en 2018. Soit l'équivalent de deux appels par jour sur une année.

Un «niveau stable» comparé aux précédentes années mais «toujours trop élevé», a souligné à ce sujet la ministre.

Les interventions les plus récurrentes se sont déroulées, sans surprise, dans les trois plus grandes villes du pays: Luxembourg, Esch-sur-Alzette et Dudelange. La majorité d'entre elles ont eu lieu le week-end. Ce sont - là aussi, sans surprise - les femmes qui souffrent le plus de ces attaques. En 2018, presque 70% des auteurs de violences étaient de sexe masculin.

Un service indépendant

Face à ce constat, le Comité - composé du Parquet, de la police et de services d'aides aux victimes et aux auteurs d'agressions - souhaite mettre en place une sorte d'«observatoire de la violence», afin de récolter de manière plus professionnelle les statistiques concernant les violences domestiques, mais aussi «analyser plus profondément les cas graves».

L'idée ici est d'instaurer un nouveau service administratif étatique indépendant, ayant des connaissances juridiques et informatiques approfondies, afin de «centraliser les différentes demandes nationales et internationales en matière statistique et pour générer des statistiques fiables», précise le rapport.

Pour ce faire, trois étapes ont été proposées au ministère de l'Egalité:

  1. réunir les instances qui ont un réel besoin en statistiques qui répondent à des critères fiables pour déterminer sous quelle forme un tel observatoire de la violence pourrait fonctionner
  2. identifier par la suite toutes les bases légales qui prévoient expressément l'élaboration de statistiques
  3. mettre sur pied l'observatoire en définissant son cadre d'organisation et de fonctionnement, ses objectifs et ses missions.

Nouvelle campagne de prévention

Des «pistes intéressantes», pour la ministre de l'Egalité entre les femmes et hommes, sur lesquelles va travailler le gouvernement dans les années à venir. En attendant, une nouvelle campagne de prévention contre les violences domestiques a été présentée ce mercredi.

«La violence a de multiples visages. Elle peut être physique, psychologique ou sexuelle. La mutilation génitale, le viol, le mariage et l'avortement forcés, le harcèlement sexuel ou la stérilisation forcée sont d'autres formes de violence qui sont incriminées par la loi. Les subir n'est ni normal, ni banal», a appuyé avec conviction Taina Bofferding.

Deux ans après la dernière campagne, une nouvelle brochure mais aussi un nouveau site internet, ont été mis au goût du jour. Beaucoup plus sombre que lors de la campagne 2017, celle-ci vise à mettre en avant ces différentes formes de violence et à apporter du soutien aux victimes.

Un visuel beaucoup plus sombre que lors de la précédente campagne de 2017.
Un visuel beaucoup plus sombre que lors de la précédente campagne de 2017.
Photo: Screenshot site internet


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