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Vers un Green Deal ?
Luxembourg 3 min. 14.09.2020 Cet article est archivé

Vers un Green Deal ?

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Vers un Green Deal ?

Une récente enquête montre combien la population est attachée à sa voiture. Sans doute parce qu’elle est un rempart à la propagation du virus : seul derrière son volant, on ne risque pas grand chose… Mais ce n’est pas le motif premier. Ces 4 roues sont bien davantage qu’une solution pratique pour se rendre d’un point A à un point B. C’est un objet culturel auquel nous ne sommes pas prêts d’ôter la primauté pour permettre à d’autres engins individuels de partager le territoire qu’il s’est approprié.

Or, ce « partage du territoire » s’impose pour décongestionner le trafic. Ce n’est pas une envie-gadget, c’est une nécessité. D’ailleurs, certaines organisations impliquées dans la gestion de la mobilité sont favorables à l’application d’une prime d’encouragement allouée aux transports responsables. Récompenser les bons élèves et, a contrario, taxer les mauvais… Etonnant, non ? Pas tant que ça, au fond. D’abord, les analystes craignent la désaffection des transports en commun, jugés « à risque » malgré le port du masque et les gestes-barrière. Ils redoutent aussi que la conjoncture financière n’entraîne une réduction de la demande en voitures électriques vu leur prix et compte tenu d’une attitude de repli vers des solutions éprouvées (le moteur thermique pour ne pas le citer). Mais c’est humain : quand on traverse une passe difficile, on n’est pas tenté par la nouveauté, fusse-t-elle bénéfique. Voilà pourquoi plusieurs instances réclament un Green Deal européen pour prolonger, soutenir et accentuer l’effort entrepris pour aller vers des modes de propulsion plus verts et plus diversifiés. 

Royal traitement

Pratique, accessible et propre, la petite reine connaît un net regain de popularité. C’est indéniable et ça se confirme : Le boom du vélo pendant le confinement ne s’est pas démenti depuis. La razzia chez les revendeurs se prolonge. Certains sont en rupture de stock. Autre indice : la recherche d’itinéraires cyclables via Google Maps a augmenté de façon exponentielle depuis la crise du Corona. Les communes ont bien saisi l’affaire. Elles s’emparent du vélo comme d’une arme de séduction. Une arme politique aussi, pour donner un coup d’accélérateurs aux infrastructures urbaines… et ce n’est évidemment pas du goût de tous. Mais comme le font très justement remarquer d'aucuns : « Les cyclistes sont les meilleurs alliés des automobilistes. Ils représentent autant d’espaces et de places de parking disponibles. » Et d'ajouter que la multiplication des vélos dans la ville participe à fluidifier le trafic, ce dont devraient se réjouir ceux qui n’ont d’autre alternative que de venir en voiture… Exact, mais il faut aussi une meilleure lisibilité dans l’aménagement des voiries pour une cohabitation plus harmonieuse entre les différents acteurs, voitures, vélos et… piétons (vu la vitesse qu’atteignent les e-bikes, il s’impose de créer une séparation nette entre trottoirs et pistes cyclables).

Le cargo, une révolution   

Heureusement, il n’ya pas que polémiques et crispations dans la mise en place de cette mobilité multiple. Il y a aussi de vrais encouragements. A ce propos, il faut évoquer le cas du vélo-cargo qui permet de transporter sa petite famille ou un volume important de marchandises, ce qu’aucun cycle traditionnel jusqu’ici n’autorisait. L’air de rien, c’est une révolution.

Les 2RM dans la même spirale

A l’instar du vélo, le secteur du 2-roues motorisé enregistre une hausse impressionnante des immatriculations. Mais si les ventes augmentent, le kilométrage annuel par machine, lui, diminue, ce qui peut paraître paradoxal. Comment l’interpréter ? Il y a aujourd’hui moins de motards purs et durs qui roulent en toutes circonstances, qu’il pleuve ou vente, peu leur importe. A l’inverse, il y a davantage d’usagers occasionnels qui utilisent le 2RM comme un véhicule d’appoint. Ce en quoi, ils vont dans le sens de la multi-mobilté, et c’est très bien ainsi, à condition de ne pas limiter motos et scooters à la seule fonction récréative. 


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Dans un pays où la voiture revêt un caractère sacré (ou presque), ne serait-ce que songer à remettre en question certaines habitudes solidement ancrées dans l’ADN des automobilistes pourrait facilement passer pour du masochisme. De cela, François Bausch n’en a cure. En tant que ministre de la Mobilité et des Transports publics (mais aussi vice-Premier ministre) d’obédience écologiste, il prône la mise en place d’une « chaîne de mobilité » dont l’automobile – électrique ou au moins hybride, de préférence – ne serait qu’un des maillons…
Francois Bausch, Minister für Mobilität und öffentliche Arbeiten, Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort
Benji Kontz perpétue une activité entièrement vouée aux solutions de mobilité individuelle. Il est aussi le fervent défenseur d’un système de transports multimodal « où tout le monde y trouve son compte en fonction de ses besoins ».
Benji Kontz, mobilité douce, Foto: Guy Wolff / Luxemburger Wort
On les appelle vélos-cargos, triporteurs et bakfiets. Venus du Nord, ils parcourent désormais les rues de Bruxelles. Pour eux, ça roule vraiment de mieux en mieux.
Radfahrer