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Vélotafeur, il demande une indemnité kilométrique
Luxembourg 3 min. 02.07.2019

Vélotafeur, il demande une indemnité kilométrique

Vélotafeur, il demande une indemnité kilométrique

Luxembourg 3 min. 02.07.2019

Vélotafeur, il demande une indemnité kilométrique

Christophe Dhaeze habite Arlon et pédale jusqu'à Strassen pour se rendre au travail. Même quand il fait très chaud. Comme c'est déjà le cas en Belgique et bientôt en France, il aimerait une indemnité kilométrique vélo de son patron. Deuxième volet de notre série.

«J'avais testé deux fois en été 2018 et après, plus rien. Je dois dire que ça m'a un peu stressé. Mais peut-être n'étais-je pas non plus bien préparé». Un an plus tard, Christophe Dhaeze, 30 ans, est converti au vélotaf.


Les prémices du vélotaf dans la mobilité douce
En attendant l'extension du réseau cyclable national, les morceaux manquants en Ville et la piste cyclable bidirectionnelle longeant le tracé du tram, les vélotaffeurs prennent leur courage à deux mains pour pédaler jusqu'au boulot. Notre série de la semaine.

S'il n'en est encore qu'aux prémices au Luxembourg, le phénomène que wort.lu déclinera tout au long de cette semaine, est en devenir. Même le gouvernement s'est fixé de promouvoir le vélo comme mode de transport durant sa législature, donc avant 2023.

Bien équipé, plus sûr de lui pour bricoler sur son vélo, Christophe Dhaeze a remis le pied à la pédale pour parcourir les 30 kilomètres qui le séparent d'Arlon de la zone d'activités de Bourmicht, en février 2019. Lundi 1er juillet, il en était «à son quarantième trajet», et a pédalé quatre jours sur cinq pendant le coup de chaud sur le Luxembourg, la semaine passée.

«Laisser tomber la voiture, ce serait cool»

Encore «plus un rêve qu'un objectif clair», il aimerait à terme «faire le trajet aller-retour tous les jours». Car «si je pouvais laisser tomber la voiture, ce serait cool», glisse le jeune homme. Ce qui serait encore plus cool, c'est que son entreprise, CTG Luxembourg, encourage clairement ceux qui font l'effort de venir au travail à vélo.

Contrairement au Luxembourg, en Belgique un employeur verse une indemnité kilométrique aux salariés qui viennent au travail à vélo. Soit 24 cents par kilomètre parcouru. L'indemnité est exonérée d'impôts et de cotisations sociales comme elle pourrait l'être en France.

Christophe Dhaeze: «En voiture, je mets entre 35 et 45 minutes pour me rendre d'Arlon à la ZA Bourmicht. A vélo, il me faut entre 1 heure et 1h10 pour un trajet».»
Christophe Dhaeze: «En voiture, je mets entre 35 et 45 minutes pour me rendre d'Arlon à la ZA Bourmicht. A vélo, il me faut entre 1 heure et 1h10 pour un trajet».»
Photo: Maurice Fick

Les députés français ont voté le 12 juin la création d'un «forfait mobilités durables» pour encourager les salariés qui vélotafent. Un article du projet de loi mobilités prévoit que les employeurs pourront encourager les déplacements domicile-travail à vélo ou par covoiturage en remboursant à leurs salariés un montant de 400 euros par an au maximum. Ce forfait doit remplacer à partir du 1er janvier 2020 l'indemnité kilométrique vélo (IKV) de 25 cents créée en août 2015 par la loi de transition énergétique pour la croissance verte.

«100 euros par mois»

«Nous avions proposé l'idée dans le cadre de la dernière réforme fiscale en 2017», assure Monique Goldschmit, présidente de la Lëtzebuerger Vëlos-Initiativ (LVI), car «nous voulons que ça bouge pour aller au travail à vélo». Mais la suggestion faite au ministre de la Mobilité, François Bausch, est restée lettre morte jusqu'ici.

Pas de quoi décourager Christophe Dhaeze! Face à une entreprise qu'il sait «attentive et ouverte au dialogue», il a soumis, il y a trois semaines «l'idée d'intégrer une indemnité kilométrique vélo dans la note de frais jusqu'à hauteur de 100 euros par mois».

Il  précise bien qu'il s'agit d'une «démarche personnelle» mais y voit «la possibilité pour les entreprises de participer au développement du vélotaf». Il lirait ce «remboursement» pour effort consenti volontairement comme «un encouragement de l'entreprise pour ses salariés».

Mais aussi comme une reconsidération d'un état de fait. Dans son entreprise, «les tickets de parking et les abonnements de train sont remboursés jusqu'à hauteur de 100 euros. Mais si je viens à vélo, je n'ai rien. Ça me coûte même de l'argent parce que j'ai une voiture en leasing».

Christophe Dhaeze n'a pas encore eu de réponse mais a senti que sa proposition pouvait être recevable. Reste à régler la question de la justification quotidienne du trajet à vélo.