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Vaste étude lancée au Luxembourg : Maladie de Parkinson: «Nous avons besoin de 800 patients»
Luxembourg 4 min. 24.07.2015 Cet article est archivé

Vaste étude lancée au Luxembourg : Maladie de Parkinson: «Nous avons besoin de 800 patients»

Neuropsychologue à la Clinique Parkinson, Michèle Kerschenmeyer, fait notamment passer des tests olfactifs aux volontaires. Car la perte de l'odorat peut être liée à la maladie de Parkinson.

Vaste étude lancée au Luxembourg : Maladie de Parkinson: «Nous avons besoin de 800 patients»

Neuropsychologue à la Clinique Parkinson, Michèle Kerschenmeyer, fait notamment passer des tests olfactifs aux volontaires. Car la perte de l'odorat peut être liée à la maladie de Parkinson.
Photo:Gerry Huberty
Luxembourg 4 min. 24.07.2015 Cet article est archivé

Vaste étude lancée au Luxembourg : Maladie de Parkinson: «Nous avons besoin de 800 patients»

D'où vient la maladie de Parkinson? Comment évolue-t-elle? Pour pouvoir diagnostiquer plus tôt la maladie et inventer de meilleurs traitements, une vaste étude vient d'être lancée au Luxembourg.

Par Maurice FICK

Les raisons exactes de la maladie de Parkinson ne sont toujours pas connues. Ni la relation qui existe entre ses différents symptômes (tremblements, troubles de la mémoire, perte de l'odorat, muscles rigides, etc.). Pour trouver de nouveaux moyens de diagnostic précoce et de meilleurs traitements contre cette maladie, une vaste étude vient d'être lancée au Luxembourg. Le Centre national d'excellence dans la recherche sur la maladie de Parkinson cherche 800 patients atteints de la maladie et 800 personnes saines.

A l'heure actuelle «on peut assez bien traiter les symptômes de la maladie. Mais plus la maladie progresse et plus elle est difficile à traiter», résume le Professeur docteur Rejko Krüger, coordinateur de l'étude Parkinson.

Tout le défi de l'équipe réunie autour de lui au sein de la toute nouvelle Clinique Parkinson (ouverte depuis avril au Centre hospitalier de Luxembourg) mais aussi des nombreux chercheurs qui travaillent pour le Centre national d'excellence dans la recherche sur la maladie de Parkinson est de «trouver une manière de ralentir le processus de la neurodégénération qui est le vieillissement précoce des cellules nerveuses au niveau du cerveau moyen». 

Prof. Dr. Rejko Krüger: «Si on veut vraiment intervenir, on doit le faire plus tôt. Et trouver avant les signes indicateurs pour la maladie de Parkinson»,
Prof. Dr. Rejko Krüger: «Si on veut vraiment intervenir, on doit le faire plus tôt. Et trouver avant les signes indicateurs pour la maladie de Parkinson»,
Photo:Gerry Huberty

L'ennui c'est que le diagnostic n'intervient qu'à partir du moment où le patient se plaint de troubles moteurs. Car la maladie a, alors, déjà fait des ravages: «Nous pensons que lorsque le patient est atteint de la maladie de Parkinson, déjà plus de 60% des cellules nerveuses de la région du cerveau appelée la substance noire (entre l'oreille et la tempe, ndlr), sont mortes», assure le Dr Krüger. Résultat: «Si on veut vraiment intervenir, on doit le faire plus tôt. Et trouver avant les signes indicateurs pour la maladie de Parkinson», conclut le neurologue.

Deux heures de tests, en moyenne

Pour mener l'étude Parkinson, «nous avons besoin de 800 patients atteints de la maladie de Parkinson. C'est ambitieux mais nous avons quatre années pour les recruter. Parallèlement le Luxembourg Institut of Health recrutera 800 personnes contrôles saines», explique le Dr Rejko Krüger. L'idée étant de pouvoir comparer ensuite les résultats aux tests cliniques et, grâce aux différences mises en exergue, de disposer d'éléments qui permettent de comprendre l'évolution de la maladie. 

L'étude Parkinson est «ouverte à tous les patients du territoire luxembourgeois mais nous recrutons aussi des patients dans la Grande Région , c'est-à-dire en Allemagne, Belgique et France», assure le Dr Krüger.

Michèle Kerschenmeyer, neuropsychologue: «Il s'agit d'investiguer les fonctions cognitives comme la mémoire, la flexibilité mentale ou l'état cognitif général, puis des détails comme les mémoires (visio-spatiale, verbale, etc.).»
Michèle Kerschenmeyer, neuropsychologue: «Il s'agit d'investiguer les fonctions cognitives comme la mémoire, la flexibilité mentale ou l'état cognitif général, puis des détails comme les mémoires (visio-spatiale, verbale, etc.).»
Photo:Gerry Huberty

Participer à l'étude, signifie pour les patients atteints de la maladie, de suivre un examen médical, des tests neuropsychologiques durant lesquels «il s'agit d'investiguer les fonctions cognitives comme la mémoire, la flexibilité mentale ou l'état cognitif général», résume Michèle Kerschenmeyer, neuropsychologue, et en dernier lieu, de fournir des échantillons d'urine, de salive et de sang. Le tout dure autour de deux heures.

Au final «nous pourrons catégoriser les patients en sous-groupes car il y a différentes facettes de la maladie», explique le Dr Kheira Azaiz, neurologue. Il n'existe pas qu'une seule mais différentes formes de la maladie de Parkinson. «Il n'y a pas seulement les cas héréditaires mais d'autres facteurs déclencheurs de la maladie comme les facteurs environnementaux ou nutritionnels. On pense qu'un traumatisme pendant la jeunesse peut également constituer un risque dans certains cas», résume le Dr Krüger. Avant de lancer: «C'est pour cela que nous devons apprendre le plus possible de nos patients, connaître leurs habitudes de vie, afin d'extraire les raisons potentielles qui ont provoqué la maladie. 

La nouvelle Clinique Parkinson se trouve dans l'enceinte du CHL. Son équipe. dirigée par le Prof. Dr. Rejko Krüger, pourra dès l'automne, se déplacer directement chez les volontaires qui souhaitent participer à l'étude.
La nouvelle Clinique Parkinson se trouve dans l'enceinte du CHL. Son équipe. dirigée par le Prof. Dr. Rejko Krüger, pourra dès l'automne, se déplacer directement chez les volontaires qui souhaitent participer à l'étude.
Photo:Gerry Huberty

Déjà 150 patients se sont manifestés

D'ici l'automne, les patients qui voudront se prêter à l'étude n'auront plus nécessairement besoin de se déplacer. C'est une équipe volante («Flying Team») de la Clinique Parkinson qui viendra chez eux. Pour l'heure 150 patients se sont déjà inscrits et plus d'une trentaine a déjà passé tous les examens. Durant toute l'étude «nous les tiendrons régulièrement au courant des avancées, des résultats, c'est ce qui les intéresse», sait bien le Dr Azaiz.

L'enjeu est de taille puisqu'on estime qu'à l'échelle de la planète entre 7 et 10 millions de personnes sont touchées par cette maladie neurodégénérative. Un chiffre qui devrait grimper dans les prochaines années du fait du vieillissement de la population. A l'âge de 60 ans, environ 1% de la population est atteint par la maladie. A l'âge de 75 ans, ce sont déjà 3,5%. Généralement, la maladie de Parkinson touche un peu plus les hommes que les femmes.

Pour participer à l'étude Parkinson, contactez la Clinique Parkinson au (+352) 44 11 48 48 ou par e-mail adressé à parkinson@chl.lu

Pour en savoir plus sur la maladie de Parkinson, allez sur le site www.parkinson.lu


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