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«Il est logique d'entrer maintenant dans la bataille»
Luxembourg 4 min. 01.08.2021
Vaccination anti-covid

«Il est logique d'entrer maintenant dans la bataille»

Pour le Dr Steichen, «proposer un environnement connu du patient lèvera certaines réticences à la vaccination telle que proposée dans les grands centres».
Vaccination anti-covid

«Il est logique d'entrer maintenant dans la bataille»

Pour le Dr Steichen, «proposer un environnement connu du patient lèvera certaines réticences à la vaccination telle que proposée dans les grands centres».
Photo : Guy Wolff
Luxembourg 4 min. 01.08.2021
Vaccination anti-covid

«Il est logique d'entrer maintenant dans la bataille»

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Pour le Dr Steichen, c'est le bon moment pour la campagne vaccinale luxembourgeoise de se tourner plus vers les cabinets médicaux. Le secrétaire général de l'AMMD (Association des médecins et dentistes) s'en explique.

Jusqu'à présent, le ministère de la Santé s'était appuyé sur les hôpitaux, six centres de vaccination et des équipes mobiles pour assurer le déploiement du sérum anti-covid. Mais à compter de cette première semaine d'août, changement de stratégie. Cette fois, les bons soldats engagés dans la lutte contre l'épidémie (73.870 contaminations et 822 décès) seront les généralistes et les pédiatres volontaires. Pour l'Association des médecins et médecins-dentistes du pays, «ce choix intervient à un moment-clé», comme le dit le secrétaire général de l'AMMD.

Les centres de vaccination ferment, alors voilà les médecins appelés à la rescousse?

Dr Guillaume Steichen : «Ce n'est vraiment pas cela l'état d'esprit. Depuis un mois que la direction de la Santé nous a informés de ce choix, il était évident que généralistes et pédiatres n'allaient pas servir de roues de secours. Nous arrivons, au contraire, en renfort d'une campagne vaccinale qui a déjà bien marché (NDLR :  342.346 personnes présentent un schéma vaccinal complet). Dans un premier temps, il était logique que le pays organise des structures efficaces pour assurer une vaccination de masse. Ce qui a été fait depuis décembre. Maintenant, on va peaufiner.

Après 702.000 doses administrées, les médecins en cabinet ont donc encore un rôle à jouer?

«Toutes les invitations à la vaccination sont parties désormais et la majorité de la population y a répondu favorablement. Maintenant, il faut gagner le combat de l'immunisation à la marge. Auprès des réfractaires en dialoguant, auprès de ceux qui hésitent en les rassurant, auprès des têtes en l'air en leur rappelant l'importance de recevoir le vaccin pour eux comme pour leur entourage. 

Ces messages sont plus faciles à faire passer en tête-à-tête, les yeux dans les yeux, entre un patient et un professionnel de santé qu'il a l'habitude de consulter. A mes yeux, la mission que nous venons d'accepter est celle de l'adhésion finale. Celle qui nécessite de l'écoute et de la proximité.

La vaccination en centre avait donc des limites ?

"Des bienfaits d'abord. A eux seuls, tous les médecins du pays n'auraient pas eu assez de bras et de temps pour vacciner autant de monde en sept mois. Donc bravo aux équipes. Maintenant, pour certains résidents et certains frontaliers, se rendre dans ces salles pouvait avoir quelque chose de négatif. Soit par peur de croiser trop de monde et d'être contaminé au final. Soit par crainte de ne pas avoir le temps d'être entendu sur leurs doutes. Soit par timidité de confier sa santé à des inconnus. Soit, tout simplement, par difficulté pour se rendre le bon jour, à la bonne heure au centre où ils étaient attendus.


ARCHIV - 08.02.2021, Bayern, München: Eine Frau hält am Flughafen München in einem Covid-19 Testcenter die Probe von einem Rachenabstrich in den Händen. (zu dpa: "Vor Kabinettsbeschluss: Scholz verteidigt breitere Testpflichten") Foto: Matthias Balk/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Deux variants se retrouvent au coude-à-coude
Au dernier rapport du Laboratoire national de santé, les souches Gamma et Delta sont quasi à égalité parmi les échantillons covid+ analysés. Cocasse mais presque logique.

En cabinet, ces hommes et ces femmes retrouveront un peu de l'intimité qui pouvait faire défaut ailleurs. Retrouveront le médecin ou le soignant qu'ils connaissent et qui les connaît, qui sait leur état de santé et comment leur parler. En fait, l'injection ne sera plus qu'un détail.

Il va falloir maintenant que les cabinets soient bien à la hauteur de la mission de santé publique confiée...

«L'expérience de la vaccination, chaque généraliste ou pédiatre l'a déjà. Les gens viennent chez nous, chaque hiver, pour leur piqûre antigrippe, ce sera le même process contre le covid-19. Maintenant que des formules vaccinales existent, sans forcément nécessiter des systèmes de froid à -20°C, les cabinets pourront assurer la conservation des doses qu'ils commanderont. Et puis le nouveau dispositif va monter en puissance petit à petit. Quelques cabinets retenus d'abord, et puis un peu plus et ainsi de suite.

Avec leur connaissance individuelle de leur patientèle, ils pourront aussi contacter directement ceux de leurs contacts les plus vulnérables à une éventuelle infection, pour s'assurer qu'ils ont bien des patients. Là encore, ce sera un plus pour assurer une plus large protection contre les formes graves de l'infection.»


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