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Une vague mauve dans les rues de Luxembourg
Luxembourg 9 2 3 min. 08.03.2019

Une vague mauve dans les rues de Luxembourg

Une vague mauve dans les rues de Luxembourg

Gerry Huberty
Luxembourg 9 2 3 min. 08.03.2019

Une vague mauve dans les rues de Luxembourg

Christelle BRUCKER
Christelle BRUCKER
Entre deux averses, ce vendredi 8 mars, un cortège de plus de 300 «Gilets mauves» a arpenté l'avenue de la Gare en direction du centre-ville, pancartes en main, pour défendre les droits des femmes.

A l'appel de 23 organisations, associations et mouvements féministes, entre 300 et 350 femmes de tous âges, accompagnées d'une poignée d'hommes, ont participé à une marche organisée ce vendredi 8 mars à Luxembourg à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

Rassemblés sur le parvis de la gare centrale, habillés d'un gilet mauve, la couleur du combat féministe, les militants brandissent leurs pancartes sur lesquelles on peut lire: «Travail égal = salaire égal», «Jour et nuit, la rue nous appartient», «Autodéfense féministe contre les violences machistes», «Mon corps, mon choix», «Nos désirs font désordre» ou encore «Nous sommes les petites filles des sorcières que vous n'avez pas pu brûler».  


Le féminisme luxembourgeois renaît de ses cendres
Longtemps en hibernation, la lutte pour les droits des femmes revient en force, avec de nouveaux visages et de nouvelles armes. Mais ce militantisme 2.0 reste encore trop sage aux yeux des féministes de la première heure.

En tête du cortège, la jeune Lou Reckinger et les membres de son association Voix de jeunes femmes, qui incarnent une nouvelle image du féminisme au Luxembourg, aux côtés des militantes historiques du Conseil national des femmes et du CID-Fraen a Gender

Blanche-Neige aussi

Des manifestants marchent un balai à la main pour symboliser les tâches ménagères qui plombent le quotidien des femmes: au Luxembourg, alors qu'elles passent en moyenne 19 heures par semaine à gérer les tâches domestiques, les hommes n'y consacrent que 8 heures.

Et cette situation s'aggrave avec l'arrivée d'un enfant: la mère de famille est alors accaparée 24 heures dans la semaine par sa liste de choses à faire. Une charge mentale que l'illustratrice Emma avait expliqué dans une BD publiée en ligne dans laquelle de nombreuses femmes s'étaient reconnues.

Elle aussi a son balai: avec sa longue jupe jaune, son petit noeud rouge dans les cheveux et ses manches bouffantes, la princesse Blanche-Neige est de la partie. «Elle représente une femme qui travaille gratuitement pour ses colocataires, les 7 nains, qui est belle, qui chante et qui doit attendre que le prince charmant vienne la réveiller de son profond sommeil...»

Une vision de la femme pas si dépassée: «En tout cas, on a compris que même avec un prince charmant, on continue à s'occuper du ménage, en plus de notre activité professionnelle!»

La question de la représentation


Wort.fr- Itv Taina Bofferding, foto: Chris Karaba
«L’égalité salariale est dans le Code du travail»
Taina Bofferding est ministre de l'Égalité entre les femmes et les hommes mais aussi de l'Intérieur où elle est la première femme a en avoir pris la tête. Quelles sont ses idées pour que l'égalité des sexes devienne une réalité au Luxembourg?

En plus du partage des tâches et de l'égalité salariale, que la ministre Taina Bofferding compte bien faire respecter, les femmes demandent également à pouvoir disposer de leur corps comme elles l'entendent, que celui-ci soit respecté, et se dressent contre toutes les formes de violences.

La question de la représentation figurait aussi parmi les revendications de cette année, alors que la Chambre des députés est désormais composée à 75% d'hommes.

Une situation qu'Isabelle Schmoetten, coordinatrice de la plateforme JIF pour le CID-Fraen a Gender, juge regrettable car elle estime que lorsqu'on se trouve dans une situation privilégiée, il est plus compliqué de voir les choses qui peuvent être améliorées.  

Pour conclure cette Journée internationale des droits des femmes 2019, rendez-vous ce dimanche à l'abbaye de Neumünster pour la 5e Fête féministe et culturelle de 11 à 20 heures. Au programme: information sur la violence domestique, stratégies de riposte face à l'anti-féminisme, discussions et projection du film Histoire(s) de femme(s) qui raconte le combat des Luxembourgeoises vers l'égalité des droits.  


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