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Une reprise mitigée pour le dépistage du sida
Luxembourg 4 min. 01.12.2021
Santé

Une reprise mitigée pour le dépistage du sida

Carole Devaux, présidente du comité de surveillance du sida, est préoccupée par la hausse des usagers de drogues atteints par le sida ces dernières années.
Santé

Une reprise mitigée pour le dépistage du sida

Carole Devaux, présidente du comité de surveillance du sida, est préoccupée par la hausse des usagers de drogues atteints par le sida ces dernières années.
Photo : Guy Jallay
Luxembourg 4 min. 01.12.2021
Santé

Une reprise mitigée pour le dépistage du sida

Thomas BERTHOL
Thomas BERTHOL
La baisse de cas positifs au VIH détectés depuis la pandémie du covid est liée à la diminution des tests effectués pendant cette période. Mais après une première année marquée par ce nouveau virus, les différentes structures tentent de renforcer le dépistage du sida.

Après une année blanche en 2020, les organismes en charge du dépistage des infections sida ne sont pas tous logés à la même enseigne. Le service HIV Berodung de la Croix-Rouge peut, lui, se réjouir d'une reprise de la demande, après une première année covid compliquée. «Nos équipes sont désormais mieux rodées et nous allons aussi plus sur le terrain depuis le printemps dernier», indique Sandy Kubaj, chargée de la structure. Les interventions à l'extérieur avec le service mobile Dimps ou encore dans des associations partenaires comme Abrigado, ont été multipliées par trois par rapport à 2020.

Mais du côté du Centre Hospitalier de Luxembourg (CHL), le nombre de dépistages réalisés cette année est encore à la baisse par rapport aux deux dernières années. Ils ont été divisés par deux depuis 2019. Il y a eu moins de tests à l'hôpital, parce que les gens ont peur de s'y rendre à cause de la crise sanitaire, selon Carole Devaux.

Le docteur Vic Arendt, spécialiste des maladies infectieuses au CHL, se dit frappé par le jeune âge des nouveaux infectés cette année, «12 patients sur 20 atteints du sida ont moins de 35 ans». L'occasion de rappeler qu'il est important de se faire dépister dès que commencent les relations sexuelles, souligne Sandy Kubaj. Elle rappelle également que, contrairement aux préjugés auxquels elle est encore confrontée aujourd'hui, «s'embrasser ou boire dans un verre ne transmet pas le VIH».

Le comité de surveillance du sida a enregistré cette année près de 30 nouveaux cas positifs au virus, soit autant qu'en 2020. Un niveau moins élevé par rapport aux dernières années certes, mais à mettre en perspective avec la diminution des dépistages du sida réalisés. «En 2020, 88.000 tests VIH ont été effectués contre 110.000 en 2019 au Luxembourg», note Carole Devaux.

Les personnes ayant le VIH peuvent se tourner vers le service national des maladies infectieuses pour suivre une consultation thérapeutique antivirale. 75 personnes ont fait ce choix cette année, selon les données du comité. Elles venaient soit d'être diagnostiquées ou connaissaient déjà leur maladie. Parmi la patientèle suivie, six sont des usagers de drogues infectés, soit deux fois plus qu'en 2019. Une donnée qui préoccupe particulièrement la présidente du comité, Carole Devaux. Car depuis 2018, la flambée épidémique semblait ralentir parmi les toxicomanes luxembourgeois. 

«L'évolution de ces chiffres est à surveiller de près, car il y a eu moins de toxicomanes dépistés en raison de la pandémie. Ils pourraient être ainsi plus nombreux en réalité à être atteints par le VIH», analyse la responsable du comité. Parmi ce groupe de patients vulnérables, le docteur Vic Arendt constate qu'«un certain nombre d'entre eux ont interrompu leur traitement».

L'an passé, le comité a recensé 1.118 hommes et femmes vivant avec le sida au Luxembourg. Mais près de 15% des personnes potentiellement positives ne seraient pas diagnostiquées, selon Carole Devaux. 

En ce 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le sida, la responsable de la structure se réjouit que la Ville de Luxembourg ait signé les accords de Paris avec le programme Fast-Track cities. Un programme qui vise à dépister 95% de personnes vivant avec le VIH, afin de proposer un traitement antirétroviral à 95% d'entre elles, pour que 95% des malades atteignent une charge virale indétectable d'ici 2030. Ainsi, les personnes concernées ne transmettraient plus le sida.

Mais pour atteindre cet objectif, il est important de renforcer le dépistage. «Plus vous êtes testés tôt, moins il y aura de virus dans vos cellules», rappelle Carole Devaux. Pour elle, le message est clair : «Il faut encourager les personnes à se faire tester pour qu'elles connaissent leur statut, de ne pas tomber malade et transmettre le virus». Comme pour le covid, fait remarquer la présidente du comité. 

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