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Une potentielle tripartite «pas avant la mi-juillet»
Luxembourg 3 min. 09.06.2020 Cet article est archivé

Une potentielle tripartite «pas avant la mi-juillet»

Pour Dan Kersch, vice-Premier ministre et ministre du Travail, la survie des entreprises peut passer par les licenciements.

Une potentielle tripartite «pas avant la mi-juillet»

Pour Dan Kersch, vice-Premier ministre et ministre du Travail, la survie des entreprises peut passer par les licenciements.
Photo: SIP
Luxembourg 3 min. 09.06.2020 Cet article est archivé

Une potentielle tripartite «pas avant la mi-juillet»

Demandée avec insistance par les syndicats, la rencontre entre partenaires sociaux et gouvernement pour trouver des solutions à la sortie de crise n'a pas encore reçu l'aval du gouvernement. Pour Dan Kersch, ministre du Travail, l'option serait possible, mais une fois l'état de crise passé, indique-t-il mardi.

De l'avis unanime de l'OGBL, du LCGB et de la CGFP, la situation de l'emploi, qui s'est détériorée en raison de la crise du covid-19, nécessite une toute prochaine tripartite, «afin de décider de certaines mesures» comme l'a souligné Nora Back, la présidente de l'OGBL, lundi. Invité de RTL Radio, ce mardi matin, Dan Kersch (LSAP), ministre du Travail, a rappelé que l'état de crise - qui prend fin le 24 juin - n'est pas un moment judicieux et que la mi-juillet serait davantage appropriée au dialogue.

 Dan Kersch a indiqué que le gouvernement avait, à tour de rôle, déjà réalisé un tour de table avec le patronat et les syndicats. «Nous sommes clairement dans une crise structurelle», a t-il encore indiqué en soulignant que «le chômage partiel resterait d'actualité jusqu'à la fin de l'année» et que la priorité du gouvernement était d'abord de définir et mettre en place les modalités de l'après-état de crise.


Les syndicats lancent un «SOS tripartite»
OGBL, LCGB et CGFP craignent que le dialogue social ne fasse les frais de la crise du covid-19. Et même si, mercredi, ils rencontrent le Premier ministre, c'est bien un comité à trois (gouvernement, syndicats, patronat) qu'ils ont à nouveau réclamé lundi matin.

 Il a aussi rappelé qu'à ce jour, l'Etat avait déjà injecté près de 800 millions d'euros dans le chômage partiel. Pour mémoire, à la fin du mois de mai, 32.000 demandes de chômage partiel avaient été faites alors qu'environ 325.000 salaires avaient été payés par ce biais.

Pour le ministre du Travail, la survie des entreprises peut aussi passer - «même à court terme» - par le licenciement d'un certain nombre d'employés comme indiqué dans le paquet de mesures présentées à l'occasion du plan «Neistart Lëtzebuerg». Pour rappel, les licenciements dans le système de chômage partiel structurel restent autorisés à hauteur de 25% des effectifs, «mais à éviter dans la mesure du possible», selon le ministre. Une mesure fort contestée par les syndicats, et plus particulièrement par Patrick Dury, le président du LCGB.

«La TVA n'est pas une priorité»

Par ailleurs, l'OGBL, le LCGB et la CGFP refusent catégoriquement une augmentation des impôts pour les classes moyennes et inférieures. Selon eux, le pouvoir d'achat devrait être consolidé pour relancer l'économie. A ce sujet, ils préconisent une baisse de la TVA. Une mesure défendue par Romain Wolff, le président de la Confédération générale de la fonction publique.

Pour Pierre Gramegna, une baisse de la TVA ne serait pas forcément synonyme de baisse des prix.
Pour Pierre Gramegna, une baisse de la TVA ne serait pas forcément synonyme de baisse des prix.
Photo: SIP

Invité du Journal de RTL, lundi soir, Pierre Gramegna (DP), le ministre des Finances, a concédé qu'une augmentation des impôts pourrait engendrer d'autres effets néfastes pour l'économie. «Nous ne devons pas laisser le moteur de l'économie ralentir», a-t-il dit en arguant que ce ne serait «certainement pas le bon moment», tant pour les particuliers que pour les entreprises. 

La réduction de la TVA, une mesure adoptée en Allemagne, n'a pas été retenue comme priorité. «Lorsque vous réduisez la TVA, vous n'avez pas la garantie que le prix final baissera», a expliqué le ministre des Finances. Ce dernier a encore évoqué la présidence de l'Eurogroupe qui serait «un honneur». Mais la question n'est pas d'actualité selon lui. Le mandat de deux ans et demi de Mario Centeno, le président actuel, doit se terminer au mois de juillet.

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