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Une mobilisation générale sauve l'école
Luxembourg 4 min. 03.04.2017 Cet article est archivé
Ecole francophone Charlemagne

Une mobilisation générale sauve l'école

Après l'accord du Conseil de gouvernement, l'école privée a ouvert ses portes en septembre 2010 dans l'enceinte de l'école Henri VII au Limpertsberg, puis elle a déménagé en 2015, dans des locaux situés sur le site Edupôle à Walferdange.
Ecole francophone Charlemagne

Une mobilisation générale sauve l'école

Après l'accord du Conseil de gouvernement, l'école privée a ouvert ses portes en septembre 2010 dans l'enceinte de l'école Henri VII au Limpertsberg, puis elle a déménagé en 2015, dans des locaux situés sur le site Edupôle à Walferdange.
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Luxembourg 4 min. 03.04.2017 Cet article est archivé
Ecole francophone Charlemagne

Une mobilisation générale sauve l'école

Virginie ORLANDI
Virginie ORLANDI
On pensait que les 95 élèves qui fréquentent l'école Charlemagne située à Walferdange verraient l'établissement fermer ses portes en juillet, faute de locaux. La mobilisation des parents, du personnel enseignant et des fondateurs de l'école a fait bouger les choses: le ministère de l'Education nationale prolonge la convention jusqu'en juillet 2018.

Par Virginie Orlandi

On pensait que les 95 élèves qui fréquentent l'école Charlemagne située à Walferdange verraient l'établissement fermer ses portes en juillet, faute de locaux. La mobilisation des parents, du personnel enseignant et des fondateurs de l'école a fait bouger les choses: le ministère de l'Education nationale prolonge la convention jusqu'en juillet 2018.

L'étonnement a été grand lorsque début mars, Geneviève de Beler, directrice de l'établissement, reçoit un courrier de la bourgmestre, Lydie Polfer, lui signifiant que "la mise à disposition des infrastructures sises 257, rue de Neudorf (...) n'a pas reçu de suite favorable de la part du collège échevinal".

Il était question que l'école primaire privée francophone quitte les locaux de Walferdange mis à disposition par le ministère de l'Education nationale (men) pour rejoindre la capitale et le quartier de Neudorf.

Les responsables de l'école avaient d'ailleurs déjà visité deux fois les lieux avec le service technique de la Ville de Luxembourg et pensaient que leurs écoliers occuperaient les murs dès septembre 2017.

"Lydie Polfer avait proposé de nous louer le local lorsque les écoles du Pfaffenthal, de Clausen et de Neudorf fusionneraient et nous étions soulagés d'avoir trouvé un toit pour nos élèves", raconte la directrice.

Locataire depuis 7 ans

Après l'accord du Conseil de gouvernement, l'école privée a ouvert ses portes en septembre 2010 dans l'enceinte de l'école Henri VII au Limpertsberg, puis elle a déménagé dans des locaux situés sur le site Edupôle à Walferdange.

Depuis 2015, Charlemagne est hébergée par le men sur ce site mais il s'agit là d'un hébergement temporaire, "un bail d'une année, reconductible une fois", précise Henri de Crouy-Chanel, un des fondateurs de l'école, "nous savions donc dès le départ que la rentrée 2017 devrait se faire dans d'autres lieux".

Depuis plus de deux ans, les responsables de Charlemagne sont donc à la recherche d'un terrain pour y construire leur école. Cependant, l'ASBL ne dispose pas encore des fonds nécessaires pour se lancer dans un projet immobilier:

"Notre structure n'a que sept ans et elle est encore un peu jeune pour se permettre d'investir dans l'immobilier. Nous avons besoin d'un répit de quatre à cinq ans pour économiser de l'argent. Vauban a attendu près de 30 ans pour pouvoir se permettre de se lancer dans un projet immobilier à Gasperich...", précise Henri de Crouy-Chanel, également président d'honneur du lycée Vauban.

Le men prolonge la convention d'une année

Depuis la mauvaise nouvelle, la directrice de l'établissement a pris le parti de jouer la transparence avec les parents d'élèves: "En mars, les inscriptions des enfants prioritaires étaient déjà clôturées et j'ai dû annoncer aux familles qu'il était possible que l'école ferme ses portes, faute d'adresse.".

Une situation qui nuit à l'école de l'avis de Christian Moufle, un de ses responsables: "La situation que nous vivons à quelques semaines des vacances d'été décrédibilise l'école et plonge les familles et le personnel dans l'anxiété".

L'établissement embauche neuf personnes à temps complet et trois à mi-temps. Institutrices, assistantes maternelles, professeur d'allemand, de sport, assistantes de direction: des employés qui n'étaient pas sûrs de conserver leur emploi après les grandes vacances avant que le ministère de l'Education nationale annonce que l'école pourra rester encore une année dans le bâtiment de Walferdange.

"Dans la mesure où les locaux envisagés par la Ville de Luxembourg n'ont pas abouti, le ministère prolonge la convention avec l'école Charlemagne jusqu'en juillet 2018", a annoncé Lex Folscheid, premier conseiller de gouvernement de Claude Meisch, ministre de l'Education nationale.

Les écoliers pourront donc rester une année supplémentaire à Walferdange.

200 élèves sur liste d'attente

Des courriers ont été adressés au Premier ministre, Xavier Bettel, pour intercéder en faveur de l'école: l'ambassadeur d'Espagne au Luxembourg ainsi que différentes sociétés qui emploient des parents d'élèves comme Caceis, BGL, la Société Générale, la Banque de Luxembourg ou PwC.

"La mobilisation a été de taille et le Premier ministre a accueilli nos doléances positivement", note Christian Moufle, "le CSV a même adressé une question parlementaire à Claude Meisch pour savoir ce qu'il comptait faire de nous... Au Luxembourg, la demande pour un enseignement primaire francophone dépasse largement l'offre mise en place par le public et le privé: de nombreuses familles vivant au Luxembourg scolarisent leur enfant à Thionville ou à Arlon, faute de place: chaque année 200 enfants sont sur des listes d'attente pour les trois établissements suivants: l'EFL, Sainte Sophie et nous"

Si on est soulagé à Charlemagne, il n'en demeure pas moins que ce répit d'une année signifie que l'école est loin d'avoir enfin trouvé une adresse définitive.

Du côté du ministère de l'Education nationale, on est pourtant formel: "Nous accompagnerons l'école Charlemagne dans ses démarches afin qu'elle trouve un terrain ou un local à acheter autour de la capitale ou à Luxembourg-Ville même", conclut Lex Folscheid.

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