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Une Luxembourgeoise au secours des animaux d'Ukraine
Luxembourg 4 4 min. 26.03.2022
A Schifflange

Une Luxembourgeoise au secours des animaux d'Ukraine

Laissés pour compte pendant la guerre en Ukraine, les premiers chiens sont déjà arrivés au refuge pour animaux de Schifflange.
A Schifflange

Une Luxembourgeoise au secours des animaux d'Ukraine

Laissés pour compte pendant la guerre en Ukraine, les premiers chiens sont déjà arrivés au refuge pour animaux de Schifflange.
Photo: Marc Wilwert
Luxembourg 4 4 min. 26.03.2022
A Schifflange

Une Luxembourgeoise au secours des animaux d'Ukraine

Début avril, Jennifer Pauwels de Schifflange se rendra à une trentaine de kilomètres de la frontière ukrainienne pour sauver des animaux. Elle souhaite en ramener le plus possible au Luxembourg.

(BaL avec Franziska JÄGER) Jennifer Pauwels est inquiète. Les personnes qui ont voulu fuir la guerre en Ukraine ont, depuis, des difficultés à faire passer les frontières à leurs animaux. Ces jours-ci, des centaines de chats et de chiens se retrouvent abandonnés par leurs maîtres, car les animaux domestiques ne sont pas autorisés à se rendre facilement en Europe. «En Ukraine, on a l'impression que les lois changent tous les jours», explique Jennifer Pauwels. 


Ukrainian evacuee Luda Oksonenko holds her two month old baby after crossing the Ukrainian-Romanian border in Siret, northern Romania, on March 16, 2022. - More than three million people have fled Ukraine since the start of the invasion, the UN migration agency IOM says. Around half are minors, says the UN children's agency. (Photo by Armend NIMANI / AFP)
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«J'ai entendu parler d'une femme qui est restée dix jours à la frontière avec ses 16 animaux, dont des pigeons.» Le passage des animaux repose aussi sur le policier présent au poste frontière. Lorsque Jennifer Pauwels se rendra à deux pas de la guerre début avril, elle compte sauver le plus d'animaux possible et les ramener au Luxembourg, alors même que, depuis deux semaines, dix chats d'Ukraine et quatre chiens de Roumanie attendent déjà un nouveau foyer à Schifflange. 

Jennifer Pauwels dirige le refuge pour animaux de Schifflange et, au début de la guerre, elle s'est «glissée par hasard dans les groupes Facebook et WhatsApp ukrainiens de défense des animaux». Depuis, elle passe de nombreuses heures par jour au téléphone. Elle a des contacts particulièrement étroits avec un refuge pour animaux en Roumanie.

34 chats et quatre chiots

Le 4 avril, la Luxembourgeoise compte se rendre sur place. De ce refuge situé à Suceava, une ville du nord-est de la Roumanie à 36 kilomètres de la frontière ukrainienne, elle espère ramener 34 chats et quatre chiots à Schifflange. «J'ai en effet l'autorisation, car je ne me déplace pas en tant que personne privée.» Trois Sprinter et un petit camion transporteront des médicaments, de la nourriture pour animaux, mais aussi des sacs de riz et de pâtes dans la zone de guerre et, Jennifer Pauwels l'espère, reviendront avec de nombreux animaux. 


A woman (R) holds the hand of her daughter about to board a bus in the direction of her grandmother's in Portugal, while she will go back to Ukraine helping in humanitarian aid, in Przemysl, southeastern Poland, on March 16, 2022. - More than three million people have fled Ukraine since the start of the invasion, the UN migration agency IOM says. Around half are minors, says the UN children's agency. The UN refugee agency, UNHCR, says 1.8 million people have fled to Poland. (Photo by Louisa GOULIAMAKI / AFP)
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L'objectif de Jennifer Pauwels: désengorger le refuge en Roumanie afin que de nouveaux animaux en provenance d'Ukraine puissent y être «stockés temporairement», comme elle l'explique. C'est pourquoi l'action de sauvetage d'avril ne sera pas la seule. «Nous voulons nous engager à plus long terme et nous y rendrons aussi à la Pentecôte et en été», déclare la Luxembourgeoise avec détermination, tout en essayant de faire venir d'autres refuges pour animaux du Grand-Duché dans le bateau. Ainsi, le refuge d'Esch aurait accepté d'accueillir cinq ou six des 34 chats ukrainiens, Dudelange n'aurait pas de capacités pour les chiens, mais peut-être pour les chats.

Huit chiens et 40 chats se trouvent actuellement au refuge de Schifflange. Le 6 mars, quatre chiens de Roumanie et onze chats d'Ukraine sont arrivés à Schifflange, amenés spontanément au Luxembourg par une connaissance qui, comme beaucoup d'autres particuliers ces dernières semaines, s'est rendue sur place pour apporter son aide.

Le vétérinaire est déjà passé, des vaccins contre le rhume des chats seront bientôt administrés. Un des onze chats n'a pas survécu. «Les analyses de sang étaient très bonnes, mais le chat avait une forte fièvre parce qu'il souffrait d'une maladie nerveuse, l'ataxie», détaille Jennifer Pauwels. Son train arrière était complètement paralysé.

Pour que les animaux puissent partir pour l'Europe, tout doit être en ordre du point de vue juridique. Le mari de Jennifer Pauwels s'y connaît. Il est président de l'Association pour la protection des animaux à Schifflange (APAS) et s'occupe actuellement, dans son chenil de Schifflange, de quatre chiens pucés, vermifugés et vaccinés contre la rage, qui ont dû quitter le refuge en Roumanie avec leur passeport européen. «Il faut savoir que les chiens ne peuvent voyager dans un autre pays européen que trois semaines après avoir été vaccinés contre la rage, c'est pourquoi il ne sert à rien que des particuliers du Luxembourg montent aveuglément dans leur voiture pour aller chercher des animaux. Cela demande beaucoup de préparation», explique Sacha André.


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Sur les deux refuges pour chats de Schifflange, l'un est occupé par des chats ukrainiens qui purgent leur quarantaine de trois semaines. Du point de vue du comportement, ils sont tous «discrets et très éveillés», d'après Sacha André. Seuls les chiens sont un peu réservés et timides. «Nous ne savons pas comment ils vivaient avant. D'un autre côté, ils sont socialisés de manière très différente, les chiens entendaient jusqu'à présent des ordres dans une autre langue. C'est normal.»

Appels à l'aide de Luxembourg-ville

Sacha André reçoit depuis quelques jours d'autres appels à l'aide, cette fois-ci de Luxembourg-ville. «Nous recevons de plus en plus de demandes de personnes ukrainiennes du centre d'accueil SHUK au Kirchberg, dont les animaux sont pris en charge.» Afin qu'ils aient de meilleures chances de trouver un logement, les réfugiés essaient de plus en plus de placer leurs compagnons à quatre pattes ailleurs, au moins temporairement. Un énorme défi, et pas seulement pour le refuge pour animaux de Schifflange.

Le SHUK ne tolère les animaux domestiques que pendant les premiers jours d'accueil, en dehors de la zone de couchage. «Actuellement, 20 animaux - principalement des chats, quelques chiens - se trouvent dans la zone spéciale pour animaux domestiques du SHUK», explique Dylan Verdin-Pol du ministère des Affaires étrangères. «Il y a des actuellement des efforts pour placer les personnes concernées chez des particuliers, afin qu'elles puissent garder leur animal après le contrôle vétérinaire.»

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