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«Une intervention armée n'est pas la réponse adéquate»
Luxembourg 2 min. 11.10.2019

«Une intervention armée n'est pas la réponse adéquate»

Jean Asselborn rappelle que le droit international le plus élémentaire interdit une intervention militaire du type de celle que Monsieur Erdogan a ordonnée en Syrie

«Une intervention armée n'est pas la réponse adéquate»

Jean Asselborn rappelle que le droit international le plus élémentaire interdit une intervention militaire du type de celle que Monsieur Erdogan a ordonnée en Syrie
Guy Wolff
Luxembourg 2 min. 11.10.2019

«Une intervention armée n'est pas la réponse adéquate»

Gaston CARRE
Gaston CARRE
En guise de premier pas dans sa contre-offensive diplomatique à l'intervention militaire turque dans le nord de la Syrie, Jean Asselborn (LSAP), le ministre des Affaires étrangères a convoqué vendredi l'ambassadrice de Turquie pour lui exprimer ses doléances.

Consterné par l'intervention militaire ordonnée par Recep Tayyip Erdogan, le président de la Turquie, dans le nord de la Syrie, Jean Asselborn (LSAP) en fustige à la fois le principe et les possibles conséquences, qui selon le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères seront calamiteuses.

Jean Asselborn, vous avez reçu Fazilet Dagci Ciglik, la représentante de la Turquie au Luxembourg. Que lui avez-vous dit? 

Jean Asselborn - «Je lui ai rappelé que le droit international le plus élémentaire interdit une intervention militaire du type de celle que Monsieur Erdogan a ordonnée en Syrie. Je lui ai dit que des villes et villages sont bombardés, et que de premières victimes civiles sont à déplorer. Je lui ai rappelé que les hommes visés par le président turc sont ces Kurdes de Syrie qui hier encore se sont vaillamment battus contre les terroristes de Daech. Je lui ai signalé, enfin, que ces mêmes Kurdes ne peuvent plus désormais assurer la surveillance de leurs prisons, où sont détenus des milliers d'individus soupçonnés d'avoir commis des atrocités et susceptibles d'en commettre encore.

Que vous a-t-elle répondu?

«Madame l'ambassadrice m'a laissé entendre que cette intervention serait de courte durée (sachant que l'armée turque est entrée à Afrin aussi, il y a des mois déjà, et qu'elle s'y trouve toujours). Elle m'a rappelé, surtout, que l'opération vise un but bien précis, qui est la neutralisation de combattants kurdes qu'Ankara considère comme des terroristes, comme une émanation du PKK, et qu'il s'agit dès lors de donner suite au légitime besoin de sécurité de la Turquie.


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Et que pouviez-vous répondre, à votre tour, à un tel argument?

«J'ai répondu qu'une intervention militaire n'est pas la réponse adéquate au terrorisme. À Paris aussi sévissent des terroristes, or on ne peut pas bombarder Paris. Mais par-delà mon indignation j'ai rappelé aussi, à mon interlocutrice, l'amertume que suscite en moi cette intervention aux conséquences incalculables. Voilà tant d'années que le Luxembourg et l'Europe coopèrent avec la Turquie, même si en certains domaines cette coopération ne suscite pas une satisfaction générale. Et voilà que la Turquie met à mal tous les acquis de part et d'autre, au moment même où le pays est, sur le plan économique, dans une situation difficile et fragile.

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Jean Asselborn dans l'édition de ce samedi 12 octobre du Luxemburger Wort.

 


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