Changer d'édition

«Une immense fête de la convivialité»
Luxembourg 1 5 min. 03.03.2017 Cet article est archivé
Festival des migrations ce week-end à Luxexpo

«Une immense fête de la convivialité»

Festival des migrations ce week-end à Luxexpo

«Une immense fête de la convivialité»

Photo: Jorge Rodrigues / Archives LW
Luxembourg 1 5 min. 03.03.2017 Cet article est archivé
Festival des migrations ce week-end à Luxexpo

«Une immense fête de la convivialité»

Maurice FICK
Maurice FICK
Ça va bouger durant trois jours au Festival des migrations à Luxexpo! Son coordinateur nous présente l'«immense fête» version 2017 qui, au passage, «coûte très cher».

Par Maurice Fick

Cuisines d'ailleurs, débat sur les réfugiés d'ici et ceux qui transitent via la Grèce, discussion avec la ministre de l'Intégration, Corinne Cahen, sur le droit de vote des étrangers au Luxembourg, concerts non-stop... ça va bouger à partir de ce vendredi soir 18 heures (jusqu'à 1 heure) et durant trois jours au Festival des migrations à Luxexpo! Son coordinateur, Jean-Philippe Ruiz, nous présente l'«immense fête» version 2017 dont l'entrée est gratuite mais qui, en réalité, «coûte très cher»:

«Il y a entre trente et quarante cuisines de différentes cultures dans ce festival. C'est un endroit assez merveilleux car on peut passer d'un continent à l'autre, goûter des choses vraiment extraordinaires et tout ça au même endroit!» -dans les Halls 2 et 3 de Luxexpo à Luxembourg-Kirchberg- s'enthousiasme Jean-Philippe Ruiz, chargé de direction du CLAE (Comité de liaison des associations d'étrangers) aux côtés d'Anita Helpiquet.

Coordinateur de ce 34e Festival des migrations, des cultures et de la citoyenneté qui durera tout le week-end, le festival est à vivre comme «une immense fête de la convivialité, de l'amitié, de la citoyenneté. C'est un endroit où le monde associatif, issu de l'immigration, mais pas uniquement, du Luxembourg et de la Grande Région, se retrouve trois jours». Histoire de partager, mieux comprendre l'autre, ses racines, sa culture, à travers diverses formes de témoignages et la discussion.

Si le festival concentre près de 400 stands et offre des spectacles musicaux et dansés toutes les 20 minutes (à partir de midi) sur sa scène (au fond du Hall 3), il est rehaussé par le 17e Salon du livre et des cultures du Luxembourg (150 exposants) qui accueille le visiteur dès son passage sous la verrière et le 5e ARTSmanif Rencontre des cultures et des arts contemporains (50 artistes, plasticiens, sculpteurs).

«Le monde devient de plus en plus monde et le Luxembourg n'échappe pas à cela. Le métissage culturel est en mouvement dans l'ensemble des pays industrialisés mais pas uniquement. La question du métissage culturel est une question très importante car elle nous touche au plus profond de nos identités. Nous, ce que nous souhaitons dire, c'est qu'il faut rester tranquille sur nos identités et le festival le montre avec convivialité et avec amitié», explique Jean-Philippe Ruiz.

Un programme de discussions fourni

Le festival démarre ce vendredi par une grande soirée grecque qui sera lancée à 18h30 par un grand débat d'actualité (salle 1) sur la solidarité intra-européenne vis-à-vis des pays du Sud de l'Europe et vis-à-vis des personnes qui espèrent y trouver refuge, à partir de l'exemple grec. La Grèce, dont le taux de chômage dépasse aujourd'hui les 22% (contre 6,2% en janvier au Luxembourg), est le principal pays de transit pour les réfugiés qui rejoignent l'Europe mais fait partie des pays les moins bien dotés économiquement pour faire face à cet afflux. «Peut-être que les pays du Sud, qui sont en première ligne pour l'accueil de toutes ces immigrations qui arrivent en Europe, méritent-ils d'être un peu plus soutenus?», interroge Jean-Philippe Ruiz.

Egalement au menu du Festival des migrations:  «Les enjeux des élections en France et en Allemagne» qui feront l'objet d'un débat samedi à 14 heures (salle 1er étage) et la question brûlante de la situation des demandeurs de protection internationale au Luxembourg qui sera discutée samedi à 17 heures (salle 2e étage).

Jean-Philippe Ruiz: «Nous allons inviter l'ensemble des visiteurs qui ne le seraient pas encore à s'inscrire pour les élections communales» du 8 octobre 2017. Sachant qu'il faut s'inscrire avant le 13 juillet 2017.
Jean-Philippe Ruiz: «Nous allons inviter l'ensemble des visiteurs qui ne le seraient pas encore à s'inscrire pour les élections communales» du 8 octobre 2017. Sachant qu'il faut s'inscrire avant le 13 juillet 2017.
Photo: Maurice Fick

Dimanche à 11 heures, la ministre de la famille et de l'Intégration, Corinne Cahen, rencontre les associations autour de la campagne «jepeuxvoter.lu» (salle 1). L'occasion de poser des questions, d'échanger expériences et bonnes pratiques au sujet de la campagne nationale de sensibilisation des étrangers pour qu'ils s'inscrivent sur les listes électorales pour les élections communales du 8 octobre 2017.

«Enfin maintenant on peut voter au Luxembourg même si on est de nationalité étrangère. Il faut simplement penser à aller s'inscrire à la commune. Nous allons mettre l'accent là-dessus et inviter l'ensemble des visiteurs qui ne le seraient pas encore à s'inscrire pour les élections communales», assure Jean-Philippe Ruiz. Surtout que les inscriptions devront se faire avant le 13 juillet 2017. Dans un peu plus de quatre mois.

Défilé de personnalités

Samedi à 15 heures a lieu l'ouverture officielle du Festival des migrations sur la scène (Hall 3) en présence du grand-duc Henri et de son épouse, Maria Teresa, des invités et des représentants des associations. Les discours de bienvenue du CLAE et des autorités seront précédés d'une performance du tagueur Sader.

Xavier Bettel, Premier ministre, a déjà prévenu qu'il ne pourrait pas être présent à l'ouverture mais il passerait dans l'après-midi.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, sera également de passage au 17e Salon du livre et des cultures du Luxembourg, samedi vers 17 heures, pour dédicacer en compagnie de réfugiés le livre intitulé «I'm not a refugee» qu'il a préfacé.

Jean-Philippe Ruiz constate par ailleurs que le festival concentrera cette année la venue d'un nombre inhabituel d'ambassadeurs dans ses allées. Un phénomène qu'il ne s'explique pas vraiment. Fait est que le festival attire d'année en année toujours plus d'acteurs associatifs -il y a même une liste d'attente pour décrocher quelques mètres de stand- et de visiteurs.

Combien coûte l'organisation du festival?

L'entrée du Festival des migrations et tous les spectacles restent gratuits. «Il y a juste une caisse pour un don, c'est une tradition depuis toujours. Les gens mettent ce qu'ils veulent: 1 euro, 5 euros, 10 euros,...» explique Jean-Philippe Ruiz.

En réalité l'organisation d'un tel festival dans deux halls de Luxexpo «ça coûte très cher», confie Jean-Philippe Ruiz en citant une fourchette qui varie «entre 350.000 et 370.000 euros». Mais pour le financer «on fonctionne autrement: il y a les subsides et tout ce qui rentre via les cuisines du festival, les ventes de boissons, etc.»

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Selon le Statec, de plus en plus de personnes ayant la nationalité luxembourgeoise ne vivent pas sur le territoire grand-ducal. Mais si la grande majorité d'entre elles résident de l'autre côté des frontières, d'autres habitent des contrées bien plus lointaines. Explications.
Le Festival des Migrations débute vendredi 11 mars à Luxexpo et durera tout le week-end. Son succès va grandissant et les organisateurs ont prévu un programme éclectique de conférences, concerts, spectacles et animations... Sans oublier les spécialités culinaires du monde.
Ambiance, en 2015.