«Une dys n'est pas un handicap»
«Une dys n'est pas un handicap»
Par - Sophie Wiessler
Le forum international des troubles de l'apprentissage a lieu samedi. Une initiative forte émanant de la Grande-Duchesse Maria Teresa, qui a, elle aussi, connu le doute face à ces troubles puisque le prince Louis en souffre et témoignera lors de cette journée.
«Les parents ne doivent pas se décourager»
«On a diagnostiqué une dyslexie chez Louis tardivement, à l'âge de 10 ans. Ce qui est fort, c'est qu'il a réussi à me faire croire tout ce temps qu'il savait lire, alors que c'était faux! Il a une telle capacité de mémoire, et une créativité hors du commun, comme la plupart des enfants atteints de ces troubles», explique la Grande-Duchesse.
Une maladie qui n'a pas empêché le jeune prince de briller et de finir actuellement un master. «A l'époque, je ne savais pas où m'adresser. C'est le SCAP, seul établissement que j'ai trouvé, qui m'a aidé à comprendre, et à aider mon fils. On croit alors, à tort, que notre enfant est moins brillant que les autres mais c'est faux», poursuit Maria Teresa. Très fière de son fils, elle veut qu'il soit un exemple pour tous les enfants atteints des mêmes troubles: une «dys» n'est pas un handicap.
Pour elle, les parents ne doivent pas se décourager face à ces difficultés. "On a peur de l'image de notre enfant, peur qu'il soit jugé... Mais il faut lever le voile sur ces maladies et se rendre compte qu'il ne faut pas avoir honte», poursuit-elle.
Lever un tabou
Ce premier forum concernant les troubles de l'apprentissage réunira ainsi professionnels de santé, professeurs d'école et parents concernés par ces problèmes. «L'idée ici est de fédérer les acteurs locaux pour agir, donner un avenir à notre société. Il est très frustrant de voir que l'on n'utilise pas le potentiel de ces jeunes parce qu'ils n'ont pas eu de moyens mis en place pour les aider», souligne la Grande-Duchesse.
Faire prendre conscience du phénomène, qui, malgré le manque de statistiques touche tout de même le Luxembourg est donc l'un des objectifs de cette journée. «J'aimerais avoir des chiffres. Voir combien d'enfants déscolarisés ou éprouvant des difficultés ont ces troubles d'apprentissage. Pour l'instant, nous nous basons sur les études au niveau européen», explique Maria Teresa.
Un forum déjà complet
La journée du 30 janvier prochain sera donc consacrée à comprendre ces troubles d'apprentissage, encore trop méconnus. «Je suis très heureuse de vous apprendre qu'en deux semaines, le forum est complet. Plus de la moitié des participants sont des familles et l'autre moitié des professeurs. C'est super ! Il faut apprendre à se parler, se rendre compte qu'un véritable réseau existe à présent autour de ces problèmes», détaille la Grande-Duchesse.
Une table ronde et différents ateliers auront ainsi lieu toute la journée, à l'European Convention Center au Kirchberg. De 8h30 à 18h, de multiples intervenants venus des quatre coins d'Europe feront part de leurs expériences et tenteront d'apporter des réponses. «Le modèle anglo-saxon et écossais est à prendre en exemple: ces deux pays ont tout fait pour intégrer les enfants atteints de troubles dans le système scolaire», explique la Grande-Duchesse.
Trouver des nouvelles manières d'enseigner au Luxembourg
Si ce forum servira surtout à mettre en avant les troubles de l'apprentissage, il permettra également de proposer des solutions pour ces enfants dans le modèle éducatif luxembourgeois. «Il faut trouver des nouvelles manières d'enseigner. Nous ne devons pas exclure ces enfants du système éducatif normal mais trouver d'autres façons d'aborder l'éducation. Ils ont leur propre façon d'apprendre.
L'objectif ici est de développer, à terme, un outil de diagnostic propre au Luxembourg pour aider ses jeunes. Il y a encore du travail à faire mais nous progressons», conclut la Grande-Duchesse.
