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Une découverte majeure faite sur le covid long
Luxembourg 4 min. 15.07.2022
A l'Université du Luxembourg

Une découverte majeure faite sur le covid long

Au Luxembourg, le gouvernement a tout un temps parlé de 10% de personnes présentant une affection post-covid.
A l'Université du Luxembourg

Une découverte majeure faite sur le covid long

Au Luxembourg, le gouvernement a tout un temps parlé de 10% de personnes présentant une affection post-covid.
Crédit: Shutterstock
Luxembourg 4 min. 15.07.2022
A l'Université du Luxembourg

Une découverte majeure faite sur le covid long

Simon MARTIN
Simon MARTIN
Les résultats d'une équipe de chercheurs internationaux, dont deux de l'Uni, permettent notamment d'expliquer les raisons de cette maladie persistante et invalidante.

Et si certaines questions liées à cette affection que l'on nomme «covid long» venaient finalement de trouver les réponses tant attendues grâce, en partie tout du moins, à des chercheurs luxembourgeois? Jusqu'alors, on connaissait très peu de choses sur le covid long. L'OMS le qualifiait de «maladie prolongée» avec des «symptômes persistants, y compris chez les jeunes adultes et chez les personnes qui n'ont pas ou peu d'antécédents de santé chroniques et qui n'ont pas été hospitalisées».  


A healthcare worker treating patients at a hospital
Déjà 567 patients suivis en raison d'un covid long
Ils sont plusieurs centaines de Luxembourgeois à avoir été pris en charge en raison de symptômes persistants.

Outre le fait que ce mal est plutôt récent, celui-ci est également difficilement identifiable dans le sens où les symptômes sont multiples et variés. Dans la plupart des cas, les patients concernés parlent d'une fatigue extrême, de maux de tête, de problèmes d'attention et notamment un «brouillard» cérébral, mais aussi de difficultés respiratoires, de douleurs thoraciques, d'une perte de l'odorat ou du goût, de nausées, d'anxiété, d'une dépression, etc.

Au Luxembourg, le gouvernement a tout un temps parlé de 10% de personnes présentant une affection post-covid. «Soit plus de 25.000 personnes depuis le début de la pandémie. Environ 1% des personnes infectées depuis mars 2020 ne parviennent pas à reprendre leurs activités quotidiennes ou professionnelles à cause de ces symptômes», déclarait même le gouvernement.

Similitudes avec Parkinson et Alzheimer

Bref, énormément de questions mais très peu de réponses sur ce trouble qui continue de faire des ravages, encore plus à l'heure où l'on assiste à un regain de l'épidémie dans le monde entier, y compris au Grand-Duché. Toutefois, grâce notamment à un travail réalisé par l'Université du Luxembourg, il semble désormais possible d'expliquer ce «brouillard cérébral», typique d'une infection post-covid. 

En effet, les résultats d'une équipe de recherche internationale sur le sujet composée des universités La Trobe et Swinburne de Melbourne (Australie), de l'ETH Zurich et de l'Université du Luxembourg ont été publiés dans la très sérieuse revue scientifique Nature Communications le mois dernier.


Wirtschaft, Politik, Briefing, Lenert, Tanson a Bettel  Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort
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L'étude établit ainsi un lien concret entre certaines neurotoxines et le covid long. Pour résumer ces travaux pour le moins complexes et difficiles à comprendre pour le commun des mortels, les scientifiques ont notamment constaté que les effets neurologiques du covid long étaient étonnamment similaires à ceux des maladies neurodégénératives. Les chercheurs ont ainsi été témoins d'une accumulation de fragments de protéines du virus du covid-19 qui ont formé des agrégats dans le cerveau, semblables à ceux que l'on trouve chez les patients atteints de la maladie d'Alzheimer ou de Parkinson. 

Une solution déjà toute trouvée?

La découverte est de taille puisqu'elle permettrait ni plus ni moins d'expliquer ce «brouillard cérébral» et cette difficulté à se concentrer pour les personnes souffrant du covid long. «L'identification d'une neurotoxine amyloïde (Ndlr: un agrégat de protéines) provenant du coronavirus est, d'une certaine manière, une bonne nouvelle pour les personnes optimistes», a déclaré le Dr. Josh Berryman, coauteur de l'article et chercheur au Département de Physique et Science des Matériaux de la Faculté des Sciences, des Technologies et de Médecine de l’Université du Luxembourg. «Votre mal de tête et votre lassitude tout au long de la journée pourraient simplement résulter d’une dose d'amyloïde que votre système peut finalement éliminer.»

Si d'autres études parviennent à faire également ce lien, cela signifie que les médicaments anti-amyloïdes mis au point pour traiter la maladie d'Alzheimer pourraient alors être utilisés pour traiter certains des symptômes neurologiques du covid long. C'est ce qu'a expliqué le Dr Mirren Charnley, chercheuse  à l'Université de Swinburne à Melbourne.


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Toutefois, il est important de noter que cette découverte n'est peut-être pas la seule cause du covid long. «Certaines personnes, en particulier celles gravement infectées, souffrent de lésions évidentes impactant la circulation sanguine ou les poumons», précise l'Uni. «Bien que l'amyloïde soit un matériau très stable et résistant, il semble que les cerveaux sains puissent s'en protéger, car nous en rencontrons ou en générons tous une petite quantité au cours de notre vie. La maladie d'Alzheimer est effroyable parce que les molécules formant l'amyloïde sont produites en permanence par le patient lui-même, submergeant les mécanismes de protection dans une spirale descendante ; mais l'amyloïde liée au coronavirus n'est produite que tant que les cellules infectées survivent», conclut l'Université du Luxembourg dans son rapport final.

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