Changer d'édition

«Une belle opportunité de développer les autotests»
Luxembourg 1 4 min. 20.05.2020 Cet article est archivé

«Une belle opportunité de développer les autotests»

Pratique, rapide, intime et totalement confidentiel, l'autotest HIV n'est pas encore complètement entré dans les mœurs du grand public.

«Une belle opportunité de développer les autotests»

Pratique, rapide, intime et totalement confidentiel, l'autotest HIV n'est pas encore complètement entré dans les mœurs du grand public.
Photo: Lex Kleren
Luxembourg 1 4 min. 20.05.2020 Cet article est archivé

«Une belle opportunité de développer les autotests»

Jean-François COLIN
Jean-François COLIN
Alors que le Luxembourg enregistre chaque année une quarantaine de nouvelles infections, la Croix-Rouge met en place une campagne de dépistage HIV. L'objectif est de développer des produits qui ne sont pas encore familiers au grand public.

Confinement oblige, la crise du covid-19 a fait oublier les autres maladies. Parmi elles, le VIH qui contamine pourtant une quarantaine de personnes chaque année au Luxembourg. La huitième édition de la Semaine européenne du dépistage VIH qui se déroule du 15 au 22 mai a permis à la Croix-Rouge luxembourgeoise en partenariat avec le ministère de la Santé de mettre en lumière son offre d'autotests au sein de son service dédié. «Comme il était très difficile pour la population de pouvoir se déplacer, nous avons arrêté nos permanences de dépistage rapide», relate Laurence Mortier directrice adjointe de la Croix-Rouge luxembourgeoise. Elle estime que «le confinement représente une belle opportunité de développer les autotests.»

Ainsi, «depuis le 15 avril, nous écoulons en moyenne trois autotests par semaine, avant de connaître une inflation jusqu'à une quinzaine dans le cadre de cette "Testing Week"», précise-t-elle. Par comparaison, ce sont quelque 55 personnes qui se rendaient chaque mois à la Croix-Rouge pour y effectuer un test de dépistage avant le confinement.

Alors que la crise du coronavirus sévit au Luxembourg depuis plus de deux mois et que le timide déconfinement produit ses premiers effets, la situation n'engage guère au passage d'un test de dépistage du sida. Et afin de pouvoir offrir un plus dans ces conditions, «nous avons mis en place une offre d'autotests au sein de notre service "HIV Berodung" depuis le 15 avril».

Reste à analyser, malgré le peu de recul, le succès auprès de la population de ces tests à usage domestique destinés à obtenir «un diagnostic aussi rapide que fiable», anonymement et facilement. «Avant le confinement, nous tournions autour de 55 personnes par mois pour un test de dépistage», note Laurence Mortier. «Depuis le 15 avril, nous écoulons en moyenne trois autotests par semaine, avant de connaître une inflation jusqu'à une quinzaine dans le cadre de cette "Testing Week"», ajoute-t-elle. 

Capture d'écran

Rappelons que les autotests HIV à usage domestique étaient déjà disponibles depuis l'été dernier dans toutes les pharmacies du pays, ainsi que dans les supermarchés Cactus depuis fin novembre. Eu égard à leur coût... 50% plus cher (29,90 euros contre 20), ils connaissent un bide dans les officines, même si «le succès des ventes et l'emplacement de la pharmacie», expliquait en février Danielle Becker-Bauer, vice-présidente du syndicat des Pharmaciens. Du côté de Cactus, la direction indique avoir vendu 304 unités en six mois. Mais de manière générale, le fait de se tester soi-même, sans la présence d'un professionnel de santé n'est pas encore un comportement entré dans les mœurs du grand public.

Au moment de pratiquer ce test dans l'intimité, il est essentiel de bien se préparer au résultat quasi immédiat. Car il ne faut pas «encourager les autotests sans mettre en place un accompagnement adéquat», explique Laurence Mortier. C'est pourquoi le Comité de surveillance du sida recommande toujours un conseil médical en marge de l'implication psychologique du test et de son résultat. Le service des maladies infectieuses du CHL est toujours disponible pour la prise en charge rapide des personnes.

A toutes fins utiles, la Croix-Rouge luxembourgeoise propose sur son site un tutoriel vidéo qui détaille comment réaliser un autotest. Sans oublier de préciser qu'il doit impérativement être réalisé douze semaines après la dernière situation à risque pour obtenir un résultat fiable.

Les vidéo 360 ne sont pas supportées. Voir la vidéo 360 dans l'app Youtube.

Pour rappel, selon les derniers chiffres de l'Organisation mondiale de la santé, environ 38 millions de personnes dans le monde vivent actuellement avec le virus HIV. Au Luxembourg, les estimations faisaient état fin 2019 de quelque 1.200 personnes atteintes.

Le nombre des nouvelles infections pour l'année 2019 est connu, mais «il ne peut pas être communiqué officiellement avant d'être présenté à la ministre de la Santé», avoue la directrice adjointe de la Croix-Rouge, qui parle tout de même d'«un chiffre assez similaire à 2018», soit une quarantaine de cas. 

A l'analyse des cas de nouvelles infections constatées depuis 2012, le pic des années 2014-2017 correspond à «une petite épidémie inexpliquée dans la population des consommateurs de drogue (entre 15 et 20 cas)» avant un retour «à la normale (moins de cinq cas)» en 2018, qui se confirme en 2019.

Qu'il s'agisse d'un test clinique ou d'un autotest, les professionnels de la santé rappellent que la détection précoce protège non seulement contre la transmission du virus par ignorance, mais aussi, grâce à des traitements efficaces, contre une éventuelle infection par le sida.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

L'appareil de dépistage du sida recueille plus de succès dans les magasins Cactus, où il a été introduit fin novembre, que dans les officines où il est disponible depuis l'été 2019. Question de prix sans doute, puisqu'il est vendu 50% plus cher dans les officines.
Entre fin novembre et début février, les supermarchés Cactus ont écoulé 179 autotests HIV
Au Luxembourg, le nombre de personnes nouvellement infectées par le virus d'immunodéficience humaine (VIH) a baissé pour la première fois depuis 2015. 43 cas ont été recensés en 2018 contre 60 en 2017 et 68 en 2016.