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«Un vaccin contre le coronavirus dans les six mois»
Luxembourg 1 4 min. 05.02.2020 Cet article est archivé

«Un vaccin contre le coronavirus dans les six mois»

Plusieurs pistes de traitements sont à l'étude contre le nouveau coronavirus qui a émergé en Chine et pour lequel aucune thérapie n'a encore fait ses preuves.

«Un vaccin contre le coronavirus dans les six mois»

Plusieurs pistes de traitements sont à l'étude contre le nouveau coronavirus qui a émergé en Chine et pour lequel aucune thérapie n'a encore fait ses preuves.
Photo: dpa
Luxembourg 1 4 min. 05.02.2020 Cet article est archivé

«Un vaccin contre le coronavirus dans les six mois»

(DH avec Jacques Ganser) - Professeur Claude P. Muller, vous avez suivi la progression de l'épidémie de coronavirus, qu'en pensez-vous?

Professeur Claude P. Muller - «La progression est typique d'un nouveau virus respiratoire qui se propage principalement par des gouttelettes en suspension dans l'air. Le fait que le virus soit contagieux pendant la période d'incubation, c'est-à-dire avant l'apparition des symptômes de la maladie, correspond à l'augmentation rapide des cas.

Le professeur Claude P. Muller a indiqué que le coronavirus avait la capacité de muter.
Le professeur Claude P. Muller a indiqué que le coronavirus avait la capacité de muter.
Photo: Pierre Matgé

Peut-on s'attendre à ce que l'épidémie faiblisse? Et si oui quand?

«Le facteur de transmission, c'est-à-dire le nombre de personnes infectées par une personne malade, joue ici un rôle important. Si ce ratio est supérieur à un, le nombre de malades continuera à augmenter. L'infectiosité dépend d'une part du virus lui-même, d'autre part des moyens de contact et de transmission, mais aussi des mesures prises contre l'épidémie.

Les personnes qui ont été touchées par le virus sont-elles immunisées par après?

«On peut le supposer. Mais le coronavirus a la particularité de muter. Cette recombinaison du virus peut le tuer ou, au contraire, le rendre encore plus virulent. En principe, il peut également surmonter l'immunité existante et une réinfection peut se produire. C'est le même principe que le virus de la grippe saisonnière contre lequel une nouvelle vaccination est requise chaque année.

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Qu'est-ce qui distingue cette épidémie de coronavirus d'une épidémie de grippe saisonnière ordinaire?

«2019-nCoV est un nouveau virus qui s'ajoute aux virus respiratoires précédemment connus. Selon les connaissances actuelles, le taux de mortalité est environ cinq à dix fois plus élevé que celui du virus de la grippe. La grippe tue entre 0,2 et 0,5 % des personnes touchées en moyenne, et le taux de mortalité du coronavirus est d'environ 2 à 5%. 

Les groupes à risque sont les mêmes, c'est-à-dire principalement les personnes âgées ayant déjà souffert de maladies. On peut imaginer des scénarios dans lesquels des infections avec les deux virus se produisent, ce qui augmenterait probablement le taux de mortalité.

Le coronavirus est passé du règne animal à l'homme. Comment s’effectue cette transmission?

«De nombreux coronavirus proviennent des chauves-souris, ce fut également le cas au Luxembourg, comme nous avons pu le montrer, mais sans provoquer de maladie. On peut supposer qu'une chauve-souris a infecté un animal qui a été vendu ou abattu sur le marché de Wuhan. 

Une pandémie mondiale est-elle inévitable?

«J'étais beaucoup plus pessimiste il y a cinq ou six jours. Les observations effectuées en Allemagne, en particulier, indiquent que le virus est probablement moins contagieux qu'on ne le pensait initialement. Les Chinois peuvent peut-être maîtriser l'épidémie, mais cela fonctionnera-t-il dans les pays au système de santé moins performants, comme en Afrique?

Qu'en est-il du développement des vaccins?

«La plateforme CEPI (Coalition for Epidemic Preparedness Innovations) a annoncé un vaccin dans les six mois. La question est de savoir dans quelle mesure les études cliniques sont déjà incluses. Si le vaccin peut être utilisé tôt, il pourrait suffire à contenir le virus, même si l'expérience clinique est encore limitée.


Pedestrians wear face masks in Hong Kong on February 3, 2020, as a preventative measure following a virus outbreak which began in the Chinese city of Wuhan. - Hundreds of Hong Kong medical workers walked off their jobs on February 3, demanding the city close its border with China to reduce the coronavirus spreading -- with frontline staff threatening to follow suit in the coming days. (Photo by Anthony WALLACE / AFP)
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Comment pouvons-nous nous protéger?

«Vous devez éviter les contacts avec des personnes qui viennent de la région affectée ou qui ont pu avoir des contacts "suspects". Je n'enverrais personne en Chine ni ne ferais venir de groupes de touristes chinois en Europe. Cela n'a rien à voir avec la stigmatisation, mais c'est une mesure simple et pragmatique. S'il y a des cas dans la région, le port du masque est approprié. Bien sûr, toutes les mesures d'hygiène habituelles, telles que le lavage fréquent des mains est recommandé.

Dans quelle mesure le Luxembourg est-il préparé à une telle situation?

«Nous avons un système de santé très bien développé. Il y a au total une vingtaine de tentes d'isolement disponibles. D'autre part, la capacité de mise en quarantaine, si elle devait être augmentée, serait aussi possible.»


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