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Un tiers des 18-24 ans fument au Luxembourg
Luxembourg 3 min. 02.06.2021

Un tiers des 18-24 ans fument au Luxembourg

Selon l'enquête annuelle réalisée par TNS Ilres, 35% des 25-34 ans ont déclaré fumer en 2020.

Un tiers des 18-24 ans fument au Luxembourg

Selon l'enquête annuelle réalisée par TNS Ilres, 35% des 25-34 ans ont déclaré fumer en 2020.
Photo: AFP
Luxembourg 3 min. 02.06.2021

Un tiers des 18-24 ans fument au Luxembourg

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
Si le nombre de fumeurs tend à augmenter au Luxembourg, la Fondation cancer s'inquiète surtout de la forte consommation de tabac chez les jeunes. En cause selon elle: la démocratisation de la chicha, et le faible coût des paquets de cigarettes.

Si elle espérait que l'année 2019 soit une exception en termes de consommation de tabac, la Fondation cancer a vite été déçue. En 2020, 26% des résidents ont fumé au moins une fois, un chiffre «relativement équivalent à ceux de 2019», souligne Lucienne Thommes. La directrice de la Fondation s'inquiète notamment pour les jeunes, «de plus en plus nombreux à fumer».

Ainsi, un tiers des 18-24 ans et des 25-34 ans ont déclaré consommer régulièrement du tabac, selon l'enquête annuelle réalisée par TNS Ilres. «Les jeunes ne se rendent pas compte des effets immédiats que peut avoir le tabac sur leur corps», explique la représentante de la Fondation. Bronchite chronique, infarctus, cancers... la prise de conscience se fait avec l'âge. «L'entrée dans la vie active, le stress du travail, le refus de prendre du poids», favorisent ce tabagisme précoce à en croire Lucienne Thommes.

D'autant que le développement des bars à chicha encourage plutôt la pratique. La convivialité, les différentes saveurs et le mélange avec l'eau font paraître le produit comme moins dangereux, d'après la directrice de la Fondation. «Les parents eux-mêmes jettent les paquets de cigarettes, mais se montrent beaucoup plus souples avec le narguilé», analyse-t-elle. Pourtant, inspirer une bouffée de chicha reviendrait «à fumer dix cigarettes à la fois».

Hormis cette pratique relativement récente, la Fondation cancer pointe également du doigt le prix des cigarettes. S'il coûte 6,7 euros en Belgique, 6,4 euros en Allemagne, et 10 euros en France, le paquet de 20 unités se vend à 5 euros au Grand-Duché. Un prix défiant toute concurrence qui permettrait «à n'importe quel jeune de s'en acheter avec son argent de poche», déplore Lucienne Thommes. A ses yeux, ce montant doit être largement revu à la hausse «et pas seulement de quelques centimes». 

«Le gouvernement doit également limiter davantage la publicité pour les marques de tabac.» Autrement dit, imposer les paquets neutres, supprimer les écrans publicitaires dans les stations-service ou encore bannir les produits liés au tabac de l'entrée des supermarchés. «Ce sont des mesures simples et rapides à mettre en place», estime la représentante de la Fondation cancer.

Mais si le plan national de lutte contre le tabagisme a poussé le gouvernement à instaurer une nouvelle législation en 2017, celle-ci ne concerne pas l'aspect des paquets et encore moins les prix. Il est vrai que la cigarette constitue une jolie manne pour les finances publiques. Grâce aux droits d'accises, le tabac a rapporté 610,3 millions d'euros à l'Etat en 2020, selon le ministère des Finances. De son côté, la CNS a dépensé 13.170 euros en 2020 pour son programme d'aide à l'arrêt du tabac.

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