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Un tiers de syndiqués en moins sur la dernière décennie
Luxembourg 4 min. 15.03.2022 Cet article est archivé
Selon une étude du Statec

Un tiers de syndiqués en moins sur la dernière décennie

L'OGBL concentre 45% des travailleurs syndiqués au Luxembourg.
Selon une étude du Statec

Un tiers de syndiqués en moins sur la dernière décennie

L'OGBL concentre 45% des travailleurs syndiqués au Luxembourg.
Photo d'archive : Luc Deflorenne
Luxembourg 4 min. 15.03.2022 Cet article est archivé
Selon une étude du Statec

Un tiers de syndiqués en moins sur la dernière décennie

Mélodie MOUZON
Mélodie MOUZON
La dernière publication périodique «Regards» du Statec s'est penchée sur l'évolution de la syndicalisation au Luxembourg. Les syndicats sont sur le déclin selon l'étude, qui est contestée par l'OGBL.

Le Luxembourg compte de moins en moins de salariés résidents syndiqués. C'est le constat que dresse le périodique «Regards» publié par le Statec. Se basant sur des chiffres de l'OCDE, l'Institut national de la statistique et des études économiques affirme que les syndicats sont en net déclin au Luxembourg et ce, dans un contexte de mutation professionnelle. La tendance s'observe également dans d'autres pays.


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Le Statec nuance toutefois: le Luxembourg conserve une densité syndicale plus élevée que les autres pays, même si celle-ci a rapidement diminué lors de la dernière décennie. Ainsi, malgré l'augmentation du nombre de salariés dans le pays, la part des syndiqués parmi les salariés résidents a baissé de plus d’un tiers au cours des dix dernières années pour s’établir à 25 % en 2019. Cette année-là, 154.000 personnes étaient membres d’une organisation syndicale luxembourgeoise.  Si en chiffres absolus, cela correspond à une hausse de 1,3% par rapport à 2010, la chute est de 5,4% entre 2017 et 2019.

45% de syndiqués à l'OGBL

En 2019, le paysage syndical était toujours dominé par l'OGBL, qui regroupait près de la moitié des syndiqués (y compris les frontaliers et les retraités) du pays (45,4%). Le LCGB pointait en deuxième place, avec 25,9% des syndiqués suivi par la CGFP avec 19%, l’ALEBA et les autres syndicats du secteur de la banque et de l’assurance (7%) et enfin le FEP/FITC (3%).

Toujours selon les chiffres de l'OCDE, qui incluent les frontaliers, la densité syndicale au Luxembourg est passée de 36% en 2010 à 28% en 2019. Ce phénomène de désyndicalisation se marque encore plus fortement chez les résidents du Grand-Duché, où le taux de syndicalisation est passé de 40% en 2010 à 25% neuf ans plus tard. «Cette baisse est plus forte que dans le reste de l'OCDE», souligne la publication.

De multiples facteurs

Plusieurs facteurs viennent expliquer ce déclin syndical, selon la publication. Notamment le désintérêt des travailleurs plus jeunes à se syndiquer. Les mutations de l'environnement de travail, comme les restructurations économiques ou les changements technologiques, ont également diversifié les emplois et créé une main-d'oeuvre plus hétérogène. Autre facteur qui accentuerait aussi le phénomène: le fait de disposer d'une convention négociée au niveau national ou sectoriel encouragerait moins les salariés à se syndiquer puisqu'ils sont de toute manière couverts.

Le degré de syndicalisation fluctue par ailleurs selon la nationalité. Les syndicats sont ainsi beaucoup mieux représentés parmi les Luxembourgeois (39%) que parmi les employés avec une autre nationalité. Cette forte syndicalisation parmi les travailleurs luxembourgeois pourrait partiellement s’expliquer par le fait que ces travailleurs ont été au centre de l’approche plus protectionniste des syndicats luxembourgeois dans le passé. 

Peu d'évolution dans les profils

Une véritable chute de la syndicalisation s'observe par contre pour les salariés résidents d'autres nationalités, âgés de moins de 35 ans, avec un contrat temporaire et ayant un travail posté. Dans ces groupes, la densité syndicale s'est réduite de moitié.


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Le profil des adhésions dans les différents syndicats n'a que peu évolué durant la dernière décennie. La part des non-Luxembourgeois parmi les salariés syndiqués n’augmente pas, tandis qu’une progression pourrait être attendue en raison de l’afflux de migrants au cours des dernières années. Par contre, les syndicats enregistrent une augmentation de membres en possession d’un diplôme universitaire. Les syndicats comptent aussi un peu plus de femmes qu’auparavant mais moins de jeunes travailleurs. 

Pour le Statec, tous ces éléments indiquent que la désyndicalisation au Luxembourg semble donc résulter surtout «d’un effet de composition (une distribution changeante des caractéristiques de la main-d’œuvre) plutôt que d’un rejet du rôle des syndicats». Le déclin syndical risque cependant de s'accentuer encore dans les années à venir, conclut la publication. 

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