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Un retour inégal de la vie en terrasse
Luxembourg 6 3 min. 12.04.2021

Un retour inégal de la vie en terrasse

Bien que peu éloignés du centre-ville, le Grund et le Rives de Clausen profitent peu de l'ouverture des terrasses entre 6 heures et 18 heures.

Un retour inégal de la vie en terrasse

Bien que peu éloignés du centre-ville, le Grund et le Rives de Clausen profitent peu de l'ouverture des terrasses entre 6 heures et 18 heures.
Photo: Luc Deflorenne
Luxembourg 6 3 min. 12.04.2021

Un retour inégal de la vie en terrasse

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
Si les restaurants du Grand-Duché peuvent rouvrir en extérieur depuis mercredi dernier, des disparités sont visibles au centre-ville. Témoignages de quelques commerçants du Grund et des Rives de Clausen.

Depuis mercredi dernier 6 heures, un retour à la vie normale se dessine avec la réouverture des restaurants et des bars du Grand-Duché en extérieur. Si la mesure profite notamment aux acteurs de l'Horeca de la capitale, tous ne sont pas logés à la même enseigne. Alors que les enseignes du Knuedler et de la place d'Armes voient revenir les clients, ce n'est pas le cas de leurs voisins pourtant situés à quelques dizaines de mètres plus bas.


Tout à gagner dans la réouverture des terrasses
Les cafés et restaurants qui, depuis ce mercredi, accueillent à nouveau des clients au-dehors de leur établissement ne seront pas perdants. Les recettes venant s'ajouter aux aides d'Etat, en attendant des jours meilleurs.

Dans le Grund, nombreux sont ceux à avoir attendu le vendredi, voire le weekend pour rouvrir. C'est notamment le cas du Scott's. «Notre clientèle vient plutôt le soir ou le weekend», note Diogo Leal. Référence au fait que le quartier attire majoritairement des touristes ou des employés pour un afterwork. Des profils peu en adéquation avec les contraintes sanitaires, et qui contredit un peu les habitudes du pub irlandais. «Historiquement on n'a jamais tourné avant 17 heures», relève Diogo Leal. Mais s'il a consacré le jeudi et vendredi au ménage, la météo du weekend a mis à mal ses prévisions. «Faute de pouvoir abriter les clients, beaucoup ont préféré annuler à cause de la pluie», se désole Diogo Leal. En tout «une trentaine de personnes» ont bravé les gouttes pour boire un verre au pub.

A quelques mètres de là, le patron des Vins fins ne s'est pas risqué à ouvrir. «Quand j'ai vu le ciel en me levant, je me suis dit que ça n'en valait pas la peine». Pourtant, François Dickes ne se laisse pas abattre. Pour lui, l'ouverture des terrasses pousse à l'innovation, surtout après quatre mois de fermeture. Cherchant à être «créatif», le patron des Vins fins propose à présent un plat du jour le midi en semaine, et a investi le trottoir d'en face pour accueillir davantage de clients. Sourire aux lèvres, il a profité des derniers rayons de soleil pour retrouver ses repères. Reprendre le rythme, enchaîner les commandes, faire fonctionner la caisse enregistreuse, de quoi se roder en attendant le retour des beaux jours.

Une option qu'Ilario Mosconi a laissée de côté. En bordure de l'Alzette, les portes du restaurant étoilé sont restées closes. Et le resteront. Là où ses confrères proposent des plats simples à manger sur le pouce, le chef du Mosconi  trouve que le dispositif sanitaire n'est pas adapté à sa vision de la cuisine. «Si je servais des plats simples j'ouvrirais», assure-t-il en sortant les poubelles presque vides. Une phrase prononcée alors même que le téléphone sonne dans le vide.

A quelques pâtés de maisons dans les Rives de Clausen, les questions sont les mêmes mais l'approche différente. Pour Manu Volbercht «il fallait bien se lancer», malgré la météo et le manque visible de clients. Le patron du Star's Bar a donc décidé de rouvrir en attendant de «voir ce qu'il se passe». 

A ses yeux, la mesure destinée à accorder une «bouffée d'air» n'est pas réellement synonyme de relance de l'activité. «Les aides ne servent qu'à boucher les trous pour éviter de couler», déplore-t-il. Dans la Mousel's cantine voisine, lancée en pleine pandémie, Emeline Niot relativise. «Les gens ne nous connaissent pas encore, et puis ce sont les vacances», nuance-t-elle en espérant tout de même voir le nombre de réservations s'étoffer à la rentrée.

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