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Un projet de ciment plus écologique se concrétise
Luxembourg 3 min. 24.03.2022
Une innovation luxembourgeoise

Un projet de ciment plus écologique se concrétise

Cette découverte pourrait bien être majeure dans le domaine de la construction, surtout lorsque l'on connaît les efforts déployés par le Luxembourg pour réduire ses émissions de CO2.
Une innovation luxembourgeoise

Un projet de ciment plus écologique se concrétise

Cette découverte pourrait bien être majeure dans le domaine de la construction, surtout lorsque l'on connaît les efforts déployés par le Luxembourg pour réduire ses émissions de CO2.
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 3 min. 24.03.2022
Une innovation luxembourgeoise

Un projet de ciment plus écologique se concrétise

Simon MARTIN
Simon MARTIN
Le projet CO2REDRES touchera à sa fin en décembre 2022. L'occasion de faire le point avec Danièle Waldmann, à la tête du projet.

Réduire les émissions de CO2 dans l'industrie de la construction via le traitement de ressources secondaires, tel est le point de départ du projet CO2REDRES, mené par l'Université du Luxembourg, en collaboration avec les universités de Lorraine, Trèves et Liège.


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Initié il y a bientôt deux ans, le projet se terminera en décembre 2022, non sans résultats puisque les expérimentations réalisées au sein du groupe de travail ont débouché sur des trouvailles que l'on pourrait qualifier de «révolutionnaires» ! 

Parmi les objectifs de CO2REDRES, il y a notamment celui de la production de nouveaux ciments et de bétons à faible impact environnemental. «Nous nous sommes concentrés sur les argiles calcinées au moment de l'extraction des graviers du sol. C'est un matériau qui était stocké depuis des années et on se demandait s'il n'était pas possible d'en faire quelque chose. C'est ainsi que nous nous sommes penchés sur le sujet», entame Danièle Waldmann, ancienne professeure en ingénierie à l'Université de Luxembourg, devenue professeure à l'Université de technologie de Darmstadt, en Allemagne.

De nombreuses expérimentations

Au fruit des expérimentations, la «project leader» et son équipe se rendront compte que ces matières réactives peuvent être additionnées au ciment ou au béton, pour remplacer les laitiers de hauts fourneaux ou encore les cendres volantes des centrales à charbon. «Concrètement, ces argiles sont cuites à 750°C environ, ce qui est une température nettement inférieure aux 1450°C nécessaires pour obtenir le clinker, qui est le constituant de base du ciment. En d'autres termes, en utilisant les liants intégrant des argiles calcinées, on obtient un degré de substitution d’environ 20 à 30% du ciment avec une réduction conséquente d’émissions en CO2», poursuit la professeure. 

Outre une réduction du CO2, Danièle Waldmann et son équipe ont même pu constater la conservation voire même l'amélioration des propriétés du ciment frais et durci avec ces nouveaux liants.


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Une découverte qui pourrait bien être majeure dans le domaine de la construction, surtout lorsque l'on connaît les efforts déployés par le Luxembourg pour réduire au maximum ses émissions de CO2. «Au cours de ces derniers mois, les travaux se sont davantage penchés sur la détection de nouveaux matériaux de substitution. Nous en avons détecté une dizaine, dont un particulièrement intéressant. On a ensuite fait de nombreuses recherches sur les propriétés minéralogiques de ceux-ci afin de déboucher sur un processus de fabrication, en laboratoire toutefois. Nous sommes maintenant en train de programmer une application à un niveau semi-industriel.»

Un nouveau cap bientôt passé

Comprenez par là que le projet va passer un nouveau cap en étant utilisé de manière concrète, sur le terrain. «Nous travaillons avec différents producteurs de ciment: un cimentier belge, un Français et un Luxembourgeois. Ils s'affairent à rendre leurs équipements compatibles avec cette nouvelle technologie. On a de grandes firmes parmi nos partenaires et ils sont très intéressés par notre projet. Pour une raison écologique et financière d'une part mais d'autre part, les matériaux utilisés à grande échelle à l'heure actuelle se font de plus en plus rares, il est donc urgent pour ces compagnies d'investir dans des alternatives durables.» 


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On notera également que parmi les autres projets de recherche réalisés par Danièle Waldmann, il y a l'intégration des fibres végétales de miscanthus pour réaliser du béton ou encore des solutions pour réduire le stockage ou l’enfouissement de sous-produits industriels ou de déchets présentant un potentiel technique et économique intéressant.

Le regard résolument tourné vers l'avenir, Danièle Waldmann ne compte pas en rester là et souhaite développer de nouveaux projets une fois que CO2REDRES sera largement implanté dans la Grande Région et pourquoi pas, dans d’autres régions de l’Europe !

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