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Un pas de plus pour la médecine numérique personnalisée
Luxembourg 5 min. 02.03.2020 Cet article est archivé

Un pas de plus pour la médecine numérique personnalisée

L'agence e-Santé est officiellement opérationnelle dès 2012.

Un pas de plus pour la médecine numérique personnalisée

L'agence e-Santé est officiellement opérationnelle dès 2012.
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 5 min. 02.03.2020 Cet article est archivé

Un pas de plus pour la médecine numérique personnalisée

Olivier TASCH
Olivier TASCH
Le dossier de soins partagé est enfin arrivé à maturité avec son lancement officiel en début d'année. Plus de 90.000 patients disposent désormais d'une version électronique de leur historique médical et d'ici 2021, tous les affilés de la CNS profiteront de ce dispositif.

La révolution numérique est en marche, et le secteur de la santé n'y échappe évidemment pas. Avec le dossier de soins partagé (DSP) qui existe officiellement depuis le début de l'année, des tonnes de papier vont être économisées. L'instrument concerne quelque 850.000 inscrits auprès de la CNS, dont 300.000 non-résidents. Plus de 90.000 personnes profitent d'ores et déjà de ce fameux dossier électronique qui regroupe les informations de santé d'un patient.  

Le DSP apparaît comme un élément clé de la stratégie de recherche du pays qui s'axe notamment sur la médecine numérique personnalisée basée sur les données. L'enjeu est énorme puisque le gouvernement aspire à faire du Luxembourg un précurseur au niveau mondial en la matière.  

 Au cours des dix-huit mois à venir, un courrier contenant les modalités d'inscription sera envoyé à tous les assurés de la CNS. L'agence e-Santé qui gère le projet, tire régulièrement au hasard le nom des personnes qui recevront cette lettre. «La méthode employée permet de gérer au mieux l'augmentation par vagues successives du volume de dossiers à traiter», précise Hervé Barge directeur de l'organisme.

Tous les assurés entreront obligatoirement dans le système mais pourront, s'ils le souhaitent, fermer leur dossier.  L'objectif annoncé est d'atteindre 480.000 dossiers ouverts avant la fin de l'année. Globalement le DSP sera constitué à partir de zéro, l'historique en version papier de chaque assuré n'y sera donc pas intégré. En revanche, le système vise une interopérabilité avec tous les acteurs du secteur de la santé. Hôpitaux, médecins, pharmacies ou encore laboratoires doivent tous se mettre à la page en collaboration avec l'agence e-Santé. 


Le dossier de soins partagés (DSP) est un dossier électronique qui regroupe toutes les données de santé d'un patient. Il doit devenir une réalité au Luxembourg courant 2019.
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 Les plus impatients ne doivent pas forcément ronger leur frein avant d'être tirés au sort. L'inscription peut en effet se faire volontairement via le site de l'agence e-Santé. Elle est même automatique pour ceux qui choisissent le dispositif du médecin référent. Dans ce cas particulier, il s'agit toutefois de patients touchés par une maladie de longue durée. 

Si la confiance dans le corps médical reste de mise pour assurer une bonne relation thérapeutique, la procédure d'inscription de données dans le DSP semble très stricte. Seul le patient décide qui peut accéder à son dossier. «Notre système a la capacité de répondre aux décisions personnelles de chacun», souligne Hervé Barge. En cas d'urgence néanmoins, il existe une option dite du «bris de glace». Un médecin peut ainsi dans certaines conditions consulter un dossier sans le consentement formel du propriétaire.


8.2.IPO / ITV AMMD / Association des Medecins et Medecins-Dentistes / Alain Schmit Foto:Guy Jallay
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Dans un cas critique par exemple, grâce au bris de glace, un médecin peut constater qu’une personne présente une allergie à un médicament anesthésique. Mais le patient peut tout aussi bien choisir de désactiver ce bris de glace. «Dans les faits, c'est extrêmement rare, car ce n'est vraiment pas dans l'intérêt du patient», explique Hervé Barge.   

Evoqué depuis plus de 15 ans, l'outil a connu une longue phase pilote de plus de quatre années au cours de laquelle près de 60.000 volontaires l'ont testé. «Plus de 314.000 documents ont été injectés dans le système», se félicite le directeur de l'agence Hervé Barge. «L'expérience nous démontre la fiabilité de l'ensemble et aujourd'hui, grâce notamment à un helpdesk doté d'une expérience de cinq ans, nous sommes en capacité de répondre à toutes les interrogations des utilisateurs.»

Avant son lancement officiel prévu initialement en 2019, de nombreuses interrogations se sont focalisées sur la protection des données. La Chambre des salariés, l'Association des Médecins et Médecins-Dentistes (AMMD), ou encore le syndicat des pharmaciens. Les inquiétudes semblent avoir été levées, juridiquement en tout cas alors que Hervé Barge assure que l'agence qu'il dirige «garantit la sécurité du système». 

La mise en commun de tout le système, compatible par exemple avec la «Gesondheets-App» que l'AMMD entend lancer dans les prochains mois laisse imaginer des possibilités infinies. Outre l'aspect pratique, la masse de données  collectées ouvre un boulevard en termes de prévention, de diagnostic ou de traitement. «En aucun cas il n'est question de remplacer le médecin mais plutôt de l'aider», prévient Hervé Barge.


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