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Un masque jeté, une amende dressée
Luxembourg 3 min. 01.07.2020

Un masque jeté, une amende dressée

Ce geste n'est ni bon pour la nature, ni bon pour la santé: alors pourquoi le faire?

Un masque jeté, une amende dressée

Ce geste n'est ni bon pour la nature, ni bon pour la santé: alors pourquoi le faire?
Photo : Shutterstock
Luxembourg 3 min. 01.07.2020

Un masque jeté, une amende dressée

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Abandonnée dans les rues ou dans la nature, la protection buccale constitue une pollution bien délicate à éliminer. Face au nombre croissant de masques chirurgicaux trainant au sol, le ministère de l'Environnement envisage de sanctionner les fautifs.

Le "monde d'après" ne s'annoncerait-il pas plus respectueux de la nature qu'avant la crise du covid-19? En témoignent ces nouvelles traces bleu-vert qui viennent colorer les rues et les campagnes. Ainsi, le masque chirurgical ou FFP2 sitôt sa mission achevée est-il jeté n'importe où par certains. Une indélicatesse qui, d'ici peu, pourrait bien valoir à son auteur un procès-verbal. La ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg (Déi Gréng) l'a annoncé, mardi à la Chambre.

Trop de masques, dont le port reste obligatoire notamment dans les transports en commun ou les commerces, finissent en effet leur vie par terre plutôt que dans une poubelle. D'où la réaction de la ministre écolo qui a confirmé que le gouvernement luxembourgeois étudie la piste de l'avertissement taxé pour sanctionner les citoyens pollueurs. 

Déjà, au Grand-Duché, jeter ou abandonner un déchet (mégots, chewing-gum, emballages vides...) dans la nature peut donner lieu à un avertissement taxé de 49€ par exemple pour un mégot de cigarette jeté sur le trottoir. La sanction pouvant monter jusqu'à 250€


Le sale coût des détritus du long des routes
L'Etat luxembourgeois dépense chaque année 1,2 million d'euros pour retirer les déchets jetés par les conducteurs ou déposés au fil des axes de circulation.

Car ces masques, s'ils abritent efficacement de toute transmission virale, ont comme grand défaut de n'être ni biodégradables, ni compostables. Constituées de polypropylène, ces protections ne vont se dégrader naturellement que sous l'effet des UV et de l'oxydation à l'air et à l'humidité. Mais ce processus peut prendre plusieurs décennies avant disparition complète du masque de la surface de la Terre... D'où la nécessité de sanctionner au plus vite celles et ceux qui ne prendraient pas la peine de jeter ces masques à la poubelle.

La sanction pourrait aussi permettre de voir moins de masques négligemment abandonnés finir par obstruer les canalisations d'eaux pluviales ou perturber le bon fonctionnement des stations d'épuration du pays. Déjà, certains opérateurs chargés de l'assainissement avaient tiré la sonnette d'alarme durant le confinement au sujet des lingettes désinfectantes dont certains particuliers se débarrassaient depuis leurs WC et qui avaient fini par engorger certains bassins de stations... 

A noter que les hôpitaux luxembourgeois, eux, ont obligation de réserver un sort bien particulier aux masques usagés de leurs personnels ou utilisés par les malades. Ces détritus partent directement à l'incinération. Les protections usagées étant considérées, hygiène oblige, comme déchets à risques infectieux. 


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