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Un jour dans la vie de deux infirmières
Luxembourg 1 3 min. 12.05.2020

Un jour dans la vie de deux infirmières

Le Grand-Duché compte près de 11 infirmiers pour 1.000 habitants.

Un jour dans la vie de deux infirmières

Le Grand-Duché compte près de 11 infirmiers pour 1.000 habitants.
Photo: Sibila Lind
Luxembourg 1 3 min. 12.05.2020

Un jour dans la vie de deux infirmières

Sibila LIND
Sibila LIND
Pour la Journée internationale des infirmières, une sage-femme et une infirmière témoignent de leur travail quotidien. Suivez une journée de sourires, soins et obligations administratives dans la vie de Tanja et Marie.

(pj avec Sarah Cames) Chaque jour, les infirmières sont confrontées à l'imprévisible. Une situation qui s'est encore aggravée ces derniers mois, avec la crise du covid-19. Le port du masque facial devenu obligatoire pendant les prises de poste, les visites des proches interdites (ou fortement restreintes) et la crainte d'une reprise de l'épidémie à chaque poussée de fièvre d'un patient ont bouleversé le climat dans tous les services hospitaliers. Pour Tanja Dondelinger, infirmière au service d'hémato-oncologie du Centre hospitalier de Luxembourg (CHL), la journée de travail commence à 14h. Un collègue lui dresse la liste des événements des dernières heures, et l'informe de l'état de chaque patient.

Ensuite, le service de Tanja va relever autant de la routine que de l'inattendu. Avec toujours une grande responsabilité sur l'épaule des "blouses blanches". Les infirmières préparent les médicaments et les administrent aux bonnes doses à chacun, mais elles doivent aussi connaître tous les effets secondaires possibles et être capables de réagir rapidement en cas d'urgence. Et cela sans parler de la partie administrative dont Tanja veille à ce qu'elle ne rogne pas trop sur le temps dédié aux malades...

Car toute infirmière le sait, au-delà des actes de soins, l'attention et la bienveillance sont capitales pour que le patient ait le moral et combatte sa pathologie au mieux. Alors, lorsqu'elle entre dans une chambre, l'infirmière du service de cancérologie parle à ses patients de la nouvelle perruque, écoute leurs anecdotes, leurs souvenirs, répond à leurs angoisses. Mais Tanja sait qu'elle ne peut pas rester longtemps; une autre chambre, un autre cas l'attendent aussi.

Pour les infirmières, le temps est une denrée précieuse. Cela dans chaque service, comme cette fois dans la partie maternité du CHL. Là, Marie Lahiré, sage-femme a débuté son service à 7h. Comme Tanja, elle a été informée des événements de la nuit, a reçu les informations sur les différentes mamans, futures mamans et bébés et bien noté ce qu'il était prévu dans la journée. Marie commence à examiner un nouveau-né qui a poussé ses premiers cris voilà quelques heures à peine.

Marie prend la température de la petite fille, lui donne des vitamines, met une grenouillère rose et, une fois tous les examens terminés, emmène la mère et l'enfant dans une autre pièce. Application dans les gestes, tendresse dans la voix. Pendant son quart de travail, Marie consigne toutes ses actions et interventions par écrit. Protocole oblige. Elle saute aussi de chambre en chambre, de femme en femme, de sourires en larmes, de grandes joies en petites larmes. Une femme qui vit sa première grossesse s'inquiète ici du poids de son enfant. Marie la rassure et lui assure que le bébé se porte à merveille.

Pendant cette pandémie, les infirmières ont été célébrées dans le monde entier. Avec des pancartes affichées en façade des maisons, des messages d'encouragement sur les réseaux sociaux, des félicitations des politiques. Mais Marie et Tanja se reconnaissent surtout dans les petits gestes et les déclarations de leurs patients, qui ne peuvent pas voir leur famille même si petit à petit le confinement s'allège au-dehors. Alors avant de se sentir héroïnes, les infirmières continuent à jouer modestement leur rôle de soutien. Et cela mérite bien des salves d'applaudissements chaque soir, et des remerciements aujourd'hui, mais aussi demain.

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