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Treize terroristes présumés jugés à Bruxelles
Luxembourg 3 min. 16.08.2019

Treize terroristes présumés jugés à Bruxelles

Salah Abdeslam ne sera pas le seul à devoir répondre de ses actes. Douze autres complices ou acteurs présumés des attentats de 2016 comparaîtront avec lui.

Treize terroristes présumés jugés à Bruxelles

Salah Abdeslam ne sera pas le seul à devoir répondre de ses actes. Douze autres complices ou acteurs présumés des attentats de 2016 comparaîtront avec lui.
Photo: AFP
Luxembourg 3 min. 16.08.2019

Treize terroristes présumés jugés à Bruxelles

Mohamed Atar et Salah Abdeslam comptent parmi les inculpés qui auront à rendre des comptes lors du procès des attentats du 22 mars 2016.

Max HELLEFF (Bruxelles) - Le procès des attentats du 22 mars 2016 aura lieu en 2020 sur l’ancien site de l’Otan, à l’est de Bruxelles. Dans un premier temps, la piste du palais de Justice «Poelaert» avait été évoquée avant d’être abandonnée, pour des raisons pratiques et opérationnelles.

L’ancien site de l’Otan devrait offrir davantage de sécurité, et accessoirement faciliter l’accueil des centaines de journalistes qui rendront compte de ce qui fait déjà figure de répétition du procès des attentats parisiens - dont la date reste à fixer.


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L’enquête sur les attentats de Bruxelles a duré trois ans et trois mois.

Le 22 mars 2016, Ibrahim El Bakraoui et Najim Laachraoui s’étaient fait exploser avec leurs bombes dans le hall de Brussels Airport. Un troisième homme, Mohamed Abrini, avait renoncé in extremis à ce projet, avant de prendre la fuite et d’être pris deux semaines plus tard par la police.

Une heure après l’opération-suicide menée à l’aéroport, Khalid El Bakraoui, le frère d’Ibrahim, avait déclenché un autre engin explosif dans une rame de métro de la capitale, entrant dans la station Maelbeek, aux abords du Quartier européen.

Vaste réflexion

Les attentats de Bruxelles ont fait 32 morts (dont les trois terroristes) et quelque 200 blessés. Nombre d’entre eux conservent d’importantes séquelles. La gestion des attentats a laissé en outre de lourdes traces parmi les pompiers et les policiers, beaucoup souffrant désormais de burn-out et de dépression.

Les victimes survivantes et leurs familles attendent impatiemment ce procès. Plus largement, les débats devraient renvoyer la société belge à une vaste réflexion sur les causes de ce marasme.

De Bruxelles à Paris

Parmi les personnes qui seront dans le box des accusés, on retrouve deux «cadors» du terrorisme djihadiste. Le premier est Salah Abdeslam, dont on a longtemps pensé qu’il serait uniquement jugé en France dans le cadre des attentats du 13 novembre 2015. 


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Abdeslam avait déposé les trois kamikazes du Stade de France avant d'abandonner une ceinture explosive et de rentrer en Belgique, laissant penser qu'il devait lui aussi mener une attaque-suicide. Il avait été arrêté à Molenbeek le 15 mars 2016, une semaine après une fusillade avec la police. Celle-ci lui a déjà valu d’être condamné à 20 ans de prison en avril 2018.

Le second est Oussama Atar, un Belge inculpé depuis le 30 décembre 2016. Les enquêteurs le soupçonnent d’être le véritable cerveau du commando terroriste de Bruxelles. Il n’est toutefois pas certain qu’il soit toujours en vie. Le parquet fédéral refuse pour l’heure de confirmer sa mort.

Aides aux terroristes

Aux côtés de ces deux hommes seront également jugés Mohamed Abrini, le «troisième homme» de Brussels Airport, et Osama Krayem. Ce Suédois avait été filmé par les caméras de surveillance du métro Pétillon, le 22 mars 2016, en compagnie de Khalid El Bakraoui, peu avant que ce dernier ne fasse exploser sa bombe à Maelbeek. 


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Sofian Ayari, qui fut arrêté en même temps que Salah Abdeslam à  Molenbeek, est également accusé de «participation» aux activités de la cellule terroriste bruxelloise.

Les autres accusés sont essentiellement poursuivis pour avoir aidé les terroristes à de déplacer, à se loger ou à se fournir en matériel. Fayçal Cheffou, qui fut un moment soupçonné d’être le troisième homme de Zaventem («l’homme au chapeau»), a été innocenté par l’enquête. Mais il demeure toujours matériellement inculpé.

Une date plus précise pour la tenue du procès sera communiquée dès l’automne, a promis le ministre de la Justice Koen Geens.


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